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MESSAGE DU PAPE BENOÎT XVI «Va, et toi aussi, fais de même»
(Lc 10, 37)
Chers frères et sœurs ! 1. Le 11 février 2013, mémoire liturgique de Notre-Dame de Lourdes, on célébrera
de façon solennelle au Sanctuaire marial d’Altötting 2. Pour vous accompagner dans le pèlerinage spirituel qui de Lourdes, lieu et
symbole d’espérance et de grâce, nous conduit au Sanctuaire d’Altötting, je
voudrais proposer à votre réflexion la figure emblématique du Bon Samaritain
(cf. Lc 10,25-37). La parabole évangélique narrée par saint Luc s’insère
dans une série d’images et de récits sur la vie quotidienne, avec lesquels Jésus
veut faire comprendre l’amour profond de Dieu envers chaque être humain,
spécialement lorsqu’il se trouve dans la maladie et la souffrance. Mais, en même
temps, avec les paroles qui concluent la parabole du Bon Samaritain, «Va, et
toi aussi fais de même » (Lc 10, 37), le Seigneur indique quelle est
l’attitude que doit avoir chacun de ses disciples envers les autres,
particulièrement s’ils ont besoin de soins. Il s’agit donc de puiser dans
l’amour infini de Dieu, à travers une relation intense avec lui dans la prière,
la force de vivre quotidiennement une attention concrète, comme le Bon
Samaritain, envers celui qui est blessé dans son corps et dans son esprit, celui
qui demande de l’aide, même s’il est inconnu et privé de ressources. Cela vaut
non seulement pour les agents de la pastorale et de la santé, mais pour tous,
également pour le malade lui-même, qui peut vivre la condition qui est la sienne
dans une perspective de foi : « Ce n’est pas le fait d’esquiver la souffrance,
de fuir devant la douleur, qui guérit l’homme, mais la capacité d’accepter les
tribulations et de mûrir par elles, d’y trouver un sens par l’union au Christ,
qui a souffert avec un amour infini » (Enc. Spe salvi, 37). 3. Plusieurs Pères de l’Église ont vu dans la figure du Bon Samaritain Jésus
lui-même, et dans l’homme tombé aux mains des brigands Adam, l’Humanité égarée
et blessée par son péché (cf. Origène, Homélie sur l’évangile de Luc XXXIV,
1-9 ; Ambroise, Commentaire sur l’évangile de saint Luc, 71-84 ; Augustin,
Discours 171). Jésus est le Fils de Dieu, Celui qui rend présent l’amour
du Père, amour fidèle, éternel, sans barrières ni limites. Mais Jésus est aussi
Celui qui “se dépouille” de son “habit divin”, qui s’abaisse de sa “condition”
divine, pour prendre la forme humaine (Ph 2, 6-8), et s’approcher de la
douleur de l’homme, jusqu’à descendre aux enfers, comme nous le récitons dans le
Credo, et porter espérance et lumière. Il ne retient pas jalousement le
fait d’être égal à Dieu, d’être Dieu (cf. Ph 2, 6), mais il se penche,
plein de miséricorde, sur l’abîme de la souffrance humaine, pour verser l’huile
de la consolation et le vin de l’espérance. 4. L’Année de la foi que nous sommes en train de vivre constitue une
occasion propice pour intensifier la diaconie de la charité dans nos communautés
ecclésiales, pour être chacun un bon samaritain pour l’autre, pour celui qui se
tient à côté de nous. Dans ce but, je voudrais rappeler quelques figures, parmi
les innombrables dans l’histoire de l’Église, qui ont aidé les personnes malades
à valoriser la souffrance sur le plan humain et spirituel, afin qu’elles soient
un exemple et un stimulant. Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de 5. Je voudrais enfin adresser ma vive reconnaissance et mon encouragement aux
institutions sanitaires catholiques et à la société civile elle-même, aux
diocèses, aux communautés chrétiennes, aux familles religieuses engagées dans la
pastorale de la santé, aux associations des personnels de santé et du
volontariat. Puisse en tous grandir la conscience que « en accueillant avec
amour et générosité toute vie humaine, surtout si elle est faible et malade,
l’Église vit aujourd’hui un moment capital de sa mission » (Jean-Paul II, Exh.
ap. postsynodale
Christifideles laici, n. 38). Je confie cette XXIe
Journée mondiale du Malade à l’intercession de Du Vatican, le 2 janvier 2013. © Copyright 2013 - Libreria Editrice Vaticana
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