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VOYAGE
APOSTOLIQUE EN ALLEMAGNE RENCONTRE AVEC LES REPRÉSENTANTS DE LA COMMUNAUTÉ JUIVE DISCOURS DU PAPE
BENOÎT XVI (Vidéo)
Mesdames et Messieurs, chers amis ! Je suis heureux de cette
rencontre avec vous ici à Berlin. Je remercie de tout cœur Monsieur le
Président, Dr Dieter Graumann, pour ses aimables paroles qui font aussi
réfléchir. Elles me montrent combien a grandi la confiance entre le Peuple juif
et l’Église catholique, qui ont en commun une partie non négligeable de leurs
traditions fondamentales, comme vous l’avez souligné. En même temps, nous savons
bien, tous, qu’une communion affectueuse et compréhensive entre Israël et
l’Église, dans le respect réciproque de l’être de chacun, doit toujours encore
continuer à croître, et qu’elle est à inclure profondément dans l’annonce de la
foi. Durant ma visite à la synagogue
de Cologne, il y a six ans, le Rabbin Teitelbaum a parlé de la mémoire comme
l’une des colonnes dont on a besoin pour fonder sur elle un avenir pacifique. Et
aujourd’hui, je me trouve dans un lieu central de la mémoire, d’une mémoire
effroyable : d’ici fut projetée et organisée En ce lieu, il faut aussi
rappeler le pogrom de la « nuit de cristal » du 9 au 10 novembre 1938. Seulement
peu de personnes percevront toute la portée de cet acte de mépris comme le
perçut le prévôt du Chapitre berlinois, Bernhard Lichtenberg qui, de la chaire
de la cathédrale de Sainte-Hedwige, cria : « Le Temple est en flammes dehors –
et il est aussi une maison de Dieu ». Le régime de terreur du
national-socialisme se fondait sur un mythe raciste, dont faisait partie le
refus du Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, du Dieu de Jésus Christ et des
personnes croyantes en lui. Le « tout-puissant » dont parlait Adolf Hitler,
était une idole païenne qui voulait se mettre à la place du Dieu biblique,
Créateur et Père de tous les hommes. Avec le refus du respect pour ce Dieu
unique se perd toujours aussi le respect pour la dignité de l’homme. Ce dont est
capable l’homme qui refuse Dieu et quel visage peut prendre un peuple dans le
« non » à ce Dieu, les horribles images provenant des camps de concentration à
la fin de la guerre l’ont révélé. Face à cette mémoire, il faut
constater, avec gratitude, que depuis quelques décennies se manifeste un nouveau
développement à propos duquel on peut même parler d’une nouvelle floraison de la
vie juive en Allemagne. Il faut souligner qu’à cette même époque la communauté
juive a eu, de façon particulière, un grand mérite pour son œuvre d’intégration
des immigrés est-européens. Avec reconnaissance, je
voudrais aussi évoquer le dialogue entre l’Église catholique et le Judaïsme, un
dialogue qui s’approfondit. L’Église ressent une grande proximité avec le peuple
juif. Avec Du côté catholique il y a en outre des rencontres annuelles entre Évêques et Rabbins, comme aussi des colloques structurés avec le Conseil central des Juifs. Déjà dans les années soixante-dix, le Comité Central des Catholiques allemands (ZdK) s’est distingué par la fondation d’un forum « Juifs et Chrétiens », qui au cours des années a produit, avec compétence, de nombreux documents utiles. Je ne voudrai pas oublier de mentionner la rencontre historique pour le dialogue judéo-chrétien de mars 2006, avec la participation du Cardinal Walter Kasper. Ce travail en commun porte des fruits. A côté de ces initiatives
importantes il me semble que nous chrétiens nous devons nous rendre toujours
plus compte de notre affinité intérieure avec le judaïsme, vous en avez parlé.
Pour les chrétiens il ne peut y avoir une rupture dans l’événement du salut. Le
salut vient justement des Juifs (cf. Jn 4, 22). Là où le conflit
de Jésus avec le Judaïsme de son temps est vu de manière superficielle comme un
détachement de l’Ancienne Alliance, il finit par être réduit à une idée de
libération qui mésinterprète Le message d’espérance que les
livres de Tout compte fait, nous pouvons
constater que l’échange entre l’Église catholique et le Judaïsme en Allemagne a
déjà porté des fruits prometteurs. Des relations durables et confiantes ont
grandi. Juifs et Chrétiens ont certainement une responsabilité commune pour le
développement de la société, laquelle possède toujours aussi une dimension
religieuse. Puissent tous les intéressés continuer ensemble ce chemin. Pour cela
que l’Unique et le Tout-Puissant – Ha Kadosch Baruch Hu – donne sa
Bénédiction. Je vous remercie.
© Copyright 2011 - Libreria Editrice Vaticana
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