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VOYAGE
APOSTOLIQUE EN ALLEMAGNE VEILLÉE DE PRIÈRE AVEC LES JEUNES DISCOURS DU PAPE
BENOÎT XVI (Vidéo)
Chers jeunes amis, Durant toute cette journée,
j’ai pensé avec joie à cette soirée où j’allais pouvoir être ici avec vous et
m’unir à vous dans la prière. Certains étaient peut-être déjà présents à Dans toutes les églises, dans
les cathédrales et dans les couvents, partout où des fidèles se rassemblent pour
la célébration de Autour de nous, il peut y avoir
l’obscurité et les ténèbres, et nous voyons toutefois une lumière : une petite
flamme minuscule, qui est plus forte que l’obscurité apparemment si puissante et
invincible. Le Christ, qui est ressuscité des morts, brille dans ce monde, et le
fait d’une manière plus lumineuse justement là où, selon le jugement humain,
tout semble être lugubre et privé d’espérance. Il a vaincu la mort -Il vit- et
la foi en Lui, comme une petite lumière, pénètre tout ce qui est ténébreux et
menaçant. Celui qui croit en Jésus, ne voit certainement pas toujours la clarté
du soleil dans sa vie -comme si souffrances et difficultés pouvaient lui être
épargnées- mais il y a toujours une lumière limpide qui lui indique une voie qui
conduit à la vie en abondance (cf. Jn 10, 10). Les yeux de celui qui
croit au Christ contemplent aussi dans la nuit la plus obscure une lumière et
voient déjà l’aurore d’un nouveau jour. La lumière ne reste pas seule.
Tout autour d’elle s’allument d’autres lumières. Sous l’effet de leur clarté,
les contours de l’espace sont bien marqués si bien qu’il est possible de
s’orienter. Nous ne vivons pas en solitaires dans le monde. Dans les choses
importantes de la vie, nous avons justement besoin des autres. Ainsi de façon
particulière, nous ne sommes pas seuls dans la foi, nous sommes des anneaux de
la grande chaîne des croyants. Personne n’arrive à croire s’il n’est pas soutenu
par la foi des autres, et d’autre part, par ma foi, je contribue à conforter les
autres dans leur foi. Nous nous aidons réciproquement à être des exemples les
uns pour les autres, nous partageons avec les autres ce qui est nôtre, nos
pensées, nos actions et notre affection. Et nous nous aidons réciproquement à
nous orienter, à identifier notre place dans la société. Chers amis, « Je suis la
lumière du monde – Vous êtes la lumière du monde », dit le Seigneur. C’est une
chose mystérieuse et grandiose que Jésus dise de lui-même et de nous tous
ensemble la même chose, c’est-à-dire : d’« être lumière ». Si nous croyons qu’il
est le Fils de Dieu qui a guéri les malades et a ressuscité les morts, ou mieux,
que Lui-même est sorti vivant du tombeau et qu’il vit vraiment, alors nous
comprenons qu’il est la lumière, la source de toutes les lumières de ce monde.
Nous, au contraire, nous expérimentons toujours de nouveau l’échec de nos
efforts et l’erreur personnelle malgré nos meilleures intentions. Le monde où
nous vivons, ne devient pas, apparemment et en dernière analyse, meilleur malgré
le progrès technique. Guerres, terreur, faim et maladie, pauvreté extrême et
répression sans pitié existent encore. Et même ceux qui, dans l’histoire, ont
pensé être « des porteurs de lumière », sans pourtant avoir été illuminés par le
Christ, l’unique vraie lumière, n’ont pas exactement créé quelque paradis
terrestre, ils ont au contraire instauré des dictatures et des systèmes
totalitaires, dans lesquels même la plus petite étincelle d’humanité vraie a
été étouffée. À ce point, nous ne pouvons pas
taire le fait que le mal existe. Nous le voyons en tant de lieux de ce monde ;
mais nous le voyons aussi –et cela nous fait peur- dans notre vie elle-même.
Oui, dans notre cœur lui-même existe l’inclination au mal, l’égoïsme, l’envie et
l’agressivité. Grâce à une certaine autodiscipline, cela est peut être
contrôlable dans une certaine mesure. Par contre, cela devient plus difficile
quand c’est une manière d’être mauvaise plutôt cachée, qui peut nous envelopper
comme un brouillard asphyxiant, et ce sont l’indolence et la lourdeur de vouloir
et d’accomplir le bien. Sans cesse dans l’histoire, des personnes attentives ont
fait noter : le préjudice pour l’Église ne vient pas de ses adversaires, mais
des chrétiens attiédis. « Vous êtes la lumière du monde !». Seul le Christ peut
dire : « Je suis la lumière du monde ». Nous tous sommes lumière seulement si
nous demeurons dans ce « vous » qui depuis le Seigneur devient lumière toujours
de nouveau. Et comme au sujet du sel, et en signe d’avertissement, le Seigneur
affirme qu’il peut devenir insipide, de même dans ses paroles relatives à la
lumière, il a émis également un léger avertissement. Plutôt que de mettre la
lumière sur le lampadaire, on peut la couvrir avec un boisseau. Demandons-nous :
combien de fois couvrons-nous la lumière de Dieu par notre inertie, par notre
obstination, de sorte qu’elle ne puisse plus resplendir à travers nous dans le
monde ? Chers amis, l’Apôtre saint
Paul, dans plusieurs de ses lettres, ne craint pas d’appeler « saints » ses
contemporains, les membres des communautés locales. Il est évident, ici, que
chaque baptisé –avant même qu’il puisse accomplir de bonnes œuvres ou des
actions particulières- est sanctifié par Dieu. Dans le baptême, le Seigneur
allume, pour ainsi dire, une lumière dans notre vie, une lumière que le
catéchisme appelle la grâce sanctifiante. Celui qui conserve cette lumière,
celui qui vit dans la grâce, celui-là est effectivement saint. Chers amis, l’image des saints
a été continuellement l’objet de caricature et de représentation déformée, comme
si être saints signifiait être en-dehors de la réalité, ingénu et sans joie. On
pense souvent qu’un saint est seulement celui qui accomplit des actions
ascétiques et morales d’un niveau très élevé et que, pour cela, on peut
certainement le vénérer, mais jamais l’imiter dans la vie personnelle. Comme
cette opinion est erronée et décourageante ! Il n’y a aucun saint, sauf la
bienheureuse Vierge Marie, qui n’ait pas connu aussi le péché et qui ne soit
jamais tombé. Chers amis, le Christ ne s’intéresse pas tant au nombre de fois où
vous trébuchez dans la vie, mais bien au nombre de fois où vous vous relevez. Il
n’exige pas des actions extraordinaires, mais il veut que sa lumière
resplendisse en vous. Il ne vous appelle pas parce que vous êtes bons et
parfaits, mais parce qu’il est bon et il veut faire de vous ses amis. Oui, vous
êtes la lumière du monde, parce que Jésus est votre lumière. Vous êtes chrétiens
–non parce que vous faites des choses particulières et extraordinaires- mais
parce que Lui, le Christ, est votre vie. Vous êtes saints parce que sa grâce
opère en vous. Chers amis, en ce soir où nous
sommes réunis en prière autour de l’unique Seigneur, nous entrevoyons la vérité
de la parole du Christ selon laquelle la ville située sur une montagne ne peut
rester cachée. Cette assemblée brille dans les diverses significations de la
parole : dans la clarté d’innombrables lumières, dans la splendeur de tant de
jeunes qui croient en Christ. Une bougie peut donner de la lumière seulement si
elle se laisse consumer par la flamme. Elle demeurerait inutile si sa cire
n’alimentait pas le feu. Permettez que le Christ vous brûle, même si cela peut
parfois signifier sacrifice et renoncement. Ne craignez pas de pouvoir perdre
quelque chose et de rester à la fin, pour ainsi dire, les mains vides. Ayez le
courage de mettre vos talents et vos qualités au service du Règne de Dieu et de
vous donner vous-mêmes –comme la cire de la bougie- afin que par vous le
Seigneur illumine l’obscurité. Sachez oser devenir des saints ardents, dans les
yeux et dans les cœurs desquels brille l’amour du Christ, et qui, de cette
manière portent la lumière au monde. J’ai confiance que vous et beaucoup
d’autres jeunes ici en Allemagne soient des flambeaux d’espérance, qui ne
restent pas cachés. « Vous êtes la lumière du monde ». Amen.
© Copyright 2011 - Libreria Editrice Vaticana
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