Aujourd'hui, je vous demande, d'une façon tout à fait spéciale, à vous
qui êtes ici réunis pour réciter avec moi 1'Angélus, de vous arrêter un moment
pour réfléchir sur le mystère de la liturgie du jour.
L'Eglise vit dans une grande prospective. Celle-ci l'accompagne
toujours, la façonne sans cesse et l'oriente vers l'éternité. La liturgie du
jour met en évidence la réalité eschatologique, réalité qui jaillit de tout le
plan du salut en même temps que de l'histoire de l'homme, réalité qui donne le
sens ultime à l'existence même de l'Eglise et à sa mission.
C'est pour ces raisons que nous vivons avec une si grande intensité la
fête de la Toussaint, de même que la journée de demain : la Commémoration de
tous les défunts. Ces deux jours portent en eux, d'une manière spéciale, la foi
en "la vie éternelle", (les dernières paroles du Credo apostolique).
Bien que ces deux journées placent devant les yeux de notre âme la mort
inéluctable, elles donnent en même temps un témoignage de la vie.
L'homme qui selon les lois de la nature est "condamné à mort", l'homme
qui vit dans la perspective de l'anéantissement de son corps, cet homme vit en
même temps, dans l'attente de la vie future, et il est appelé à la gloire.
La solennité de la Toussaint place devant les yeux de notre foi tous
ceux qui déjà ont rejoint la plénitude de leur appel à l'union avec Dieu. Le
jour qui commémore les défunts fait converger nos pensées vers ceux qui, ayant
laissé ce monde, attendent dans l'expiation de rejoindre cette plénitude d'amour
que requiert l'union avec Dieu.
Il s'agit de deux grands jours pour l'Eglise qui, dans un certain sens,
"prolonge sa vie" dans ses saints et en tous ceux qui, par leur service à la
vérité et à l'amour, se sont préparés a cette vie.
C'est pour cela que dans les premiers jours de novembre l'Eglise s'unit
d'une façon spéciale à son Rédempteur qui, par sa mort et sa résurrection, nous
a introduits dans la réalité même de cette vie. Et en même temps elle fait de
nous "un règne de prêtres" pour son Père.
C'est exactement aujourd'hui que moi aussi, dans le recueillement, je
remercie le Seigneur pour les trente-deux ans de sacerdoce qui ont leur
anniversaire le jour solennel de la Toussaint.
Pour ces motifs, à notre commune prière j'ajouterai une intention
spéciale pour les vocations sacerdotales dans l'Eglise du monde entier. Je m'adresse
au Christ afin qu'il appelle beaucoup de jeunes en leur disant : "Viens et
suis-moi". Et je demande aux jeunes de ne pas s'opposer, de ne pas répondre :
"non". A tous je demande de prier et de collaborer pour les vocations. La
moisson est grande.
La festivité de la Toussaint nous dit justement combien la moisson est
abondante.
Pas la moisson de la mort, mais du salut. Non la moisson du monde,
image passagère, mais la moisson du Christ qui dure pour les siècles.
Récitons ensemble 1"'Angelus Domini"...
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