Louange à Jésus-Christ !
Je veux spécialement consacrer la journée de ce dimanche aux
saints patrons d’Italie. J’ai conscience qu’en montant sur le siège de saint
Pierre, à Rome, je me suis trouvé au centre de l’histoire de ce pays et de cette
nation. L’Italie ! Qui ne connaît son passé lié à la puissance de la Rome
ancienne — la ville de Rome et l’empire romain ! C’est précisément au
cœur de
cet empire qu’était venu Pierre, à qui le Christ avait dit : « Confirme tes
frères » (Lc 22, 32). Pierre avait été envoyé à Rome par la main
toute-puissante du Seigneur lorsqu’il l’avait délivré de la prison de Jérusalem,
des chaînes d’Hérode.
Au Conclave, après mon élection, je pensais : « que vais-je dire
aux Romains lorsque je me présenterai devant eux comme leur évêque, moi qui
viens d’un « pays lointain », de Pologne ? » Je me suis alors souvenu de saint
Pierre et j’ai pensé : « Il y a bientôt deux mille ans, vos ancêtres avaient
accepté un nouveau venu, alors vous aussi vous m’accueillerez. » Peut-être ne
convient-il pas de revenir sur ce sujet alors que les circonstances qui ont
suivi ont confirmé avec quelle cordialité vous avez accueilli, après tant de
siècles, un Pape non italien. Je veux donc remercier d’abord Dieu et ensuite
vous de la magnanimité que vous m’avez manifestée dès le début et par la suite.
Et aujourd’hui, voulant répondre d’une façon toute particulière à votre accueil,
j’irai auprès de vos saints patrons, à Assise, la ville de saint François, et
sur le tombeau de sainte Catherine de Sienne qui, comme vous le savez, se trouve
à la basilique Santa Maria sopra Minerva, à Rome (malheureusement les jours
étant trop courts au mois de novembre, je ne pourrai pas aller aussi à Sienne
aujourd’hui, comme je l’aurais tant désiré). C’est ainsi que Jean-Paul II veut
s’insérer dans l’histoire du salut, gravée d’une façon si éloquente et abondante
dans l’histoire de l’Italie et dans les divers lieux de ce pays.
L’Italie, Rome, ces noms m’ont toujours été familiers et chers.
L’histoire de la Pologne, l’histoire de l’Église dans mon pays, sont remplies d’événements
évoquant Rome et l’Italie et qui me les rendaient chères, miennes pour ainsi
dire. Cracovie, la ville dont je viens, est souvent appelée « la Rome polonaise
». J’espère qu’en venant de la « Rome polonaise » à la Rome éternelle je pourrai,
en tant qu’évêque de Rome, servir tous les hommes, sous la protection de la Mère
de l’Église et de vos saints patrons, mais en particulier votre terre si chère
et les hommes qui m’ont accepté avec tant de bienveillance.
Récitons l’Angélus.
Prions pour Rome et pour l’Italie. Nous recommandons dans notre prière tous les
habitants de cette terre si bénie de Dieu. Nous recommandons aussi tous ses
morts, tous ceux qui sont dispersés, les victimes de la guerre.