1. Nous voilà de nouveau réunis pour l’Angelus Domini,
ici, à Castel Gandolfo. Profitant de l’hospitalité des habitants, nous sommes
ici pour prier et pour réfléchir en commun sur l’amour que Dieu a révélé à
l’homme en s’incarnant. Marie de Nazareth a été et demeurera toujours le premier
témoin de cet amour, le première témoin du mystère de l’Incarnation. C’est à
elle que nous nous adressons en particulier dans cette prière commune, et c’est
avec elle que nous voulons méditer le mystère de l’Incarnation du Fils de Dieu.
2. Dans ce mystère, nous voulons nous sentir particulièrement proches de
tous
les malades, de tous ceux qui souffrent. Il y en a certainement ici aussi, à
Castel Gandolfo. Je profite de cette circonstance pour les saluer d’une
façon spéciale. Partout, dans chaque village, dans chaque ville, grande ou petite,
dans chaque pays, dans chaque continent, nous le savons, il y a des gens qui
souffrent.
Il y a des infirmes, des malades graves, des incurables, des
invalides, des personnes qui sont condamnées à se déplacer avec une petite
voiture d’infirme, des hommes et des femmes qui sont enchaînés à leur lit de
douleur.
En ce moment de l’année ou les bien-portants se reposent à la montagne,
dans les bois, au bord de la mer et des lacs, nos frères qui souffrent
ressentent peut-être plus douloureusement leur état. Cette simple et honnête
joie de la vie qu’est le bonheur de l’été, du repos, du grand air est pour eux
limite, très limité, sinon inaccessible.
3. Lorsque nous réfléchissons sur
l’immensité de la souffrance humaine, de cette souffrance qui est au milieu de
nous, dans nos maisons, dans les hôpitaux, dans les cliniques, partout dans le
monde, le sens des paroles du Christ devient extrêmement réel : « Chaque fois
que vous avez fait cela à l’un de mes frères [qui souffrent], c’est à moi que
vous l’avez fait. » (Mt 25, 40.) Combien de fois le Christ se multiplie- t-il
par ces paroles ! Combien de fois est-il présent dans l’histoire de l’humanité !
Combien d’hommes dans le monde « font quelque chose pour lui », même s’ils ne
s’en rendent pas compte, même s’ils ne savent même pas qu’il existe…
4. Nous
aussi, par notre réflexion, nous voulons faire quelque chose pour nos frères et
nos sœurs qui souffrent. Le seul fait de penser à eux est déjà quelque chose.
Nous leur consacrons notre rencontre d’aujourd’hui, à l’occasion de l’Angelus
Domini. À la pensée nous joignons la prière, et à la prière la pensée. Dans
cette prière, en effet, s’exprime toujours l’amour de Dieu pour l’homme. Dieu a
révélé à l’homme son amour en s’incarnant : « Le Verbe s’est fait chair. » (Jn
1, 14.)
En embrassant par la pensée tous nos frères et nos sœurs qui
souffrent, nous souhaitons surtout qu’ils prennent conscience de l’amour de Dieu
pour l’homme ; que cet amour soit pour eux plus fort que la souffrance ; qu’il
éclaire les ténèbres de leur sort difficile.
Nous le demandons pour tous nos
frères qui souffrent par Marie, Mère du Verbe incarné. Cet amour, elle l’a
compris plus que quiconque et elle sait acheminer chacun vers lui.
Prions pour
qu’elle y achemine tous ceux qui souffrent.
5. Je ne puis, aujourd’hui, manquer d’exprimer ma vive inquiétude et ma
préoccupation pour le sort des personnes de la mission catholique de Marymount,
en Rhodésie- Zimbabwe, qui ont été enlevées il y a quelques jours. Parmi elles,
il y a un Frère jésuite et six religieuses d’une Congrégation locale.
Les
informations qui nous sont parvenues jusqu’à maintenant sont rares. Je suis
proche par la pensée de ces frères et de ces sœurs, en espérant pouvoir
recevoir des nouvelles consolantes à leur sujet.
Je souhaite de tout cœur que
tous puissent bien vite revenir reprendre leur bienfaisante activité humaine et
chrétienne qu’ils exercent pour le bien des populations locales, comme le font
généreusement beaucoup d’autres missionnaires, dont certains ont récemment
offert jusqu’à leur vie pour l’amour du Christ.
C’est pourquoi j’invite
chaleureusement à prier le Seigneur pour qu’il touche le cœur des responsables
de ce geste et qu’il exauce notre humble mais pressante prière pour le retour de
la paix et de la tranquillité parmi ces populations éprouvées.