1. Je désire aujourd'hui réciter avec vous 1'Angelus
Domini : la prière de Nazareth, la prière de l'Annonciation.
Nous la récitons le jour de l'Assomption
de Marie au ciel.
L'annonciation résonne aujourd'hui dans cette prière
comme un accord final. C'est un accord de
glorification, qui s'ajoute à tous les mystères:
joyeux et douloureux de la vie terrestre de la Mère de Dieu. L'Assomption
elle-même de la Mère au ciel complète les mystères glorieux de
Son Fils : la résurrection et l'ascension au ciel. Suivant les
traces de Celui qui est ressuscité, et monté au ciel, Marie, sa
Mère, est élevée au ciel et a été couronnée
de cette gloire qui convient à la Mère de Dieu.
Je désire également, aujourd'hui, ici de Castel
Gandolfo tourner avec vous le regard, vers Celle que le grand
Paul VI indiquait comme "signe grandiose" et, par un esprit
prophétique nommait : "Aurore d'un monde meilleur".
Malgré la lourdeur du monde qui pèse sur nous, malgré
tout ce qu'il renferme en soi de mal. de péché, de souffrance, le regard de la foi,
fixé sur la Mère de Dieu, y découvre toujours
"L'Aurore d'un monde meilleur". C'est là le fruit spécial de la fête de l'Assomption
de Marie au ciel.
2. Comme vous le savez, dans les derniers jours de septembre et le
début d'octobre, je me rendrai en Irlande, et ensuite au siège de l'Organisation
des Nations Unies à New-York dans les Etats Unis d'Amérique. Ce sont de nouvelles étapes de mon programme apostolique que j'ai
entrepris comme suprême Pasteur de la Sainte Eglise.
Dès maintenant je désire recommander ce voyage à Marie élevée au ciel,
Mère de l'Eglise, afin que par sa maternelle protection, celui-ci puisse marquer
des pas heureux et consistants sur la voie de la charité, de la justice, de la
paix.
3. J'adresse mes vœux à tous ceux qui, par un repos mérité, jouissent
de la traditionnelle période de vacances de ces jours d'août, appelés justement
"ferragosto". Je souhaite de tout cœur que ce congé des lancinantes
préoccupations quotidiennes du travail soit pour tous une occasion très
favorable d'entrer en contact avec la nature, trésor des ineffables beautés de
Dieu créateur, et, à la mer ou à la montagne, généreuse dispensatrice, d'un
bien-être physique régénéré. Mais il m'est cher par-dessus tout de souhaiter
qu'aux forces renouvelées du corps soit étroitement lié l'enrichissement de
l'esprit, qui, par la contemplation de tant de merveilles, peut s'unir plus
facilement à Celui qui en est la source et le principe incréé.
***
Je ne puis oublier ceux auxquels l'absence de biens matériels ne permet
pas des vacances pourtant méritées, hors de leur propre maison, même s'ils ont
besoin, peut-être plus que d'autres, d'assistance et de soins.
A ces frères et sœurs s'adresse ma spéciale parole de réconfort et de
paternelle compréhension : que leur humble acceptation des désagréments se
transforme en progrès spirituel pour eux-mêmes et pour le bien de l'Eglise
entière.
Que la Vierge Marie elevée au ciel les assiste tous avec l'ineffable
générosité dont seule est capable la Mère de Dieu.
A vous ici présents, qui participez avec conscience aux
événements de l'Eglise universelle, je ne puis manquer de rappeler
la belle figure du Cardinal John Joseph Wright, Préfet de la Sacrée Congrégation
pour le Clergé, que le Seigneur a rappelé à Lui vendredi dernier 10 août. Il a couronné par une sainte mort une existence toute deployée au service du Christ
et de l'Eglise : comme prêtre, comme Evêque aux Etats-Unis, comme Cardinal
préposé à un important Dicastère, il s'est conservé fidèle à sa devise : resonare Christum corde Romano. Ceci dit tout
de sa vie. En effet, le Cardinal Wright a été une voix sûre qui a prêché avec
une fidélité et une droiture qui provenaient de son naturel sensus
Ecclesiae.
Le Cardinal Wright s'est toujours fait aimer de ceux qui l'ont connu
car il cachait sous la bonhommie de son caractère, des idées claires, une bonté
et une douceur singulières.
Nous avons tous la confiance aue le Seigneur lui a réservé le sort des
justes ; et pour cela nous prions en confiant son âme immortelle à la puissante
intercession de la Vierge Marie élévée au ciel.
© Copyright 1979 - Libreria Editrice Vaticana