Que la Mère du Christ, mère de l’Église nous soit présente en cette rencontre
dominicale qui nous réunit autour des mystères de l’incarnation et du salut.
1. En nous unissant dans une prière commune à l’heure de l’Angélus, nos
pensées et nos cœurs se tournent souvent vers les différents problèmes de
l’homme, des nations et du monde entier, particulièrement lorsque ceux-ci
requièrent notre attention et notre sollicitude. Au cours de ces derniers mois,
nous avons éprouvé ensemble une profonde inquiétude lorsque, à la frontière
sino-vietnamienne, des hostilités se sont déclenchées qui non seulement ont mis
à mal les rapports entre ces deux nobles nations, mais ont aussi constitué une
menace pour la paix mondiale. Nous avons remercié Dieu dès que ce danger a été
écarté.
Nous prions constamment Dieu pour le grand peuple chinois, le plus nombreux
de toute la terre. Seule une partie limitée des fils et des filles de ce peuple
a pu accueillir l’enseignement du Christ dans le passé. En 1949, les catholiques
chinois étaient plus de trois millions et la hiérarchie comptait une centaine
d’évêques, dont une quarantaine étaient chinois de naissance. Il y avait 5 800
prêtres, dont 2 700 chinois. C’était une Église vivante, en parfaite union avec
le Siège apostolique. Trente ans après, nous n’avons de nos frères que des
nouvelles rares et incertaines. Nous ne cessons pas, cependant, de nourrir
l’espérance que nous pourrons reprendre avec eux ce contact direct qui,
spirituellement n’a jamais été interrompu. Ceux qui pouvaient nous sembler
absents parce que nous ne pouvions pas avoir de rapports visibles avec eux n’ont
en effet jamais cessé d’être présents d’une façon particulière dans notre
prière.
Nous désirons faire tout ce qui est possible pour que le souvenir et la
sollicitude à leur égard de la communauté catholique dans le monde d’aujourd’hui
puissent conduire à un rapprochement et donc à une rencontre. Il est difficile
d’en dire plus sur cette question. Cependant certaines informations concernant
des faits récents qui peuvent faire penser à un nouveau respect à l’égard de la
religion nous permettent d’exprimer une certaine confiance, nouvelle elle aussi.
Je formule de tout cœur le vœu que puissent se produire des développements
positifs qui ouvriront à nos frères et nos sœurs du continent chinois la
possibilité de bénéficier de la pleine liberté religieuse.
2. Qu’il me soit permis de manifester ma joie de ce que Mgr Raymond Marie
Tchidimbo archevêque de Conakry, en Guinée, est en liberté depuis plus d’une
semaine. Avec toute l’Église et en particulier avec l’Église du continent
africain, je remercie le Seigneur de ce réconfortant événement. En même temps
que je dis ma reconnaissance à tous ceux qui l’ont rendu possible je vous invite
à prier avec moi pour la paix et la prospérité de tous les peuples de cette
Afrique qui est toujours si chère à moi-même et à nous tous.
À la Mère du Christ, Mère de l’Église, nous recommandons ces deux intentions
qui constituent le thème principal de notre rencontre et de notre prière de
l’Angélus.