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RENCONTRE AVEC LES ÉTUDIANTS DU
COLLÈGE BELGE À ROME
HOMÉLIE DU PAPE JEAN
PAUL II
31 mars 1979
Chers amis,
L’EUCHARISTIE
QUE NOUS CÉLÉBRONS ensemble aujourd’hui est le signe d’une unité
particulière avec le Christ, Prêtre unique et éternel, qui “ a pénétré
une fois pour toutes dans le sanctuaire... avec son propre sang ”. Le même
Christ est toujours présent dans l’Eglise “ jusqu’à la fin du monde ”, Il
demeure en elle, rassemblant le peuple de Dieu autour de la table de la Parole
et de l’Eucharistie. Il demeure en elle par notre service sacerdotal.
Lorsque
nous trouvons ainsi aujourd’hui autour de l’autel, dans ceste communion que
nous avons formée autrefois au Collège belge à Rome, nos cœurs sont alors
remplis de gratitude pour le don de la vocation sacerdotale, parce qu’Il nous
a choisis pour que nous al lions et que nous portions du fruit, parce que,
en nous confiant ses mystères, il nous a confié des hommes qui ont “ la rédemption
par son sang”. En regardant tout cela avec les yeux de la foi, nous
ressentons notre indignité et nous sommes toujours prêts à répéter: “
Nous sommes des serviteurs inutiles ”. Nous ressentons toujours aussi la
grandeur du Don et remercions Dieu de ce Don. “ Rendons grâces au Seigneur,
car il est bon ”,
Aujourd’hui, nous désirons nous adresser les uns aux autres ceste gratitude. Le Seigneur
veut que nous sachions être reconnaissants envers les hommes, que nous
regardions notre vie sous l’aspect des dons reçus par l’intermédiaire des
hommes, de nos frères. C’est ainsi que je voudrais, aujourd’hui, avec vous,
tourner le regard vers ces années qui nous ont réunis entre les murs du vieux
Collège belge situé au 26 de la Via del Quirinale, au voisinage de l’église
de saint André où mourut et repose saint Stanislas Kostka, Patron de la
jeunesse.
Une
trentaine d’années nous séparent de ce temps-là. On pourrait céder aux
lois du temps qui nous portent entre autres à l’oubli. Mais la voix du cœur
est plus forte qui nous demande de garder les choses à la mémoire et d’y
repenser avec gratitude. Nous remercions aujourd’hui le Christ qui nous a fait
la grâce d’être ensemble, en ceste période importante de notre vie, lorsque
nous étions encore dans les premières années de notre sacerdoce ou que nous
nous y préparions. “Ecce quam bonum et quam incundum habitare fratres in
unum” : “qu’il est bon et doux pour des frères d’habiter ensemble”.
Nous
remercions Dieu de nous avoir permis d’être frères des uns des autres, et
notre gratitude est aussi réciproque entre nous. Il nous a permis de vivre
ceste fraternité qui unit les hommes provenant de diverses familles, de
diverses nations, de divers continents, car c’est bien ainsi qu’il nous réunissait
alors. Nous disons: merci de ce que chacun de nous a été pour les autres en ce
temps là et de ce que tous ont été pour tous. Merci de la façon dont nous
avons partagé avec les autres les qualités de l’intelligence, du caractère,
du cœur. Merci de la place qu’ont tenue, dans cet échange réciproque, les
études alors en cours, comme aussi les expériences apostoliques et pastorale
auxquelles se livrait déjà chacun d’entre nous. Merci de ce qu’était pour nous la Rome sacrée que nous apprenions à connaître
de façon systématique comme capitale de l’antiquité et capitale de la chrétienté.
Merci de ce qu’était l’expérience de l’Europe, du monde, de chacune de
nos Patries qui se relevaient alors des souffrances de la seconde guerre
mondiale.
Pensons enfin à ce qu’étaient pour nous nos Supérieurs: notre vénéré
Recteur, le Cardinal de Furstenberg, qui est aujourd’hui présent au milieu de
nous; et aussi nos Evêques qui venaient nous trouver, qui nous rendaient visite
au Collège, de même que d’autres hommes d’Eglise, les apôtres de leur
temps comme l’Abbé Cardijn, sans compter les doctes professeurs, les prédicateurs
des retraites, les directeurs de conscience: qu’ont-ils été pour nous ?
De tout cela, nous voulons d’abord parler au Christ lui-même, en commençant par
ceste concélébration, par ceste liturgie. Et ceste concélébration nous
permet aussi de nous exprimer les uns aux autres. Nous désirons également
renouveler cet esprit que nous avons reçu par l’“ imposition des mains”, et
ceste union des cœurs dont le Seigneur lui-même connaît le secret.
Amen !
© Copyright 1979 - Libreria Editrice
Vaticana
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