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LETTRE DU PAPE JEAN-PAUL II
AU CARDINAL JEAN WILLEBRANDS,
PRÉSIDENT DU SECRÉTARIAT POUR L'UNITÉ DES CHRÉTIENS

 

 

Eminence, Monsieur le Cardinal Willebrands,
Président du Secrétariat du Vatican pour l’unité des chrétiens,
et vous ses respectés compagnons,

Soyez salués dans le Seigneur!

La fête du saint apôtre André le premier appelé a guidé vos pas vers nous et voici que nos cœurs battent à un rythme identique pour cette commune célébration dans le Seigneur. Unis dans la joie en ce jour où nous célébrons la fête patronale de l’Eglise de Constantinople, nous glorifions le nom du Seigneur et, avec beaucoup de respect et de charité fraternelle, par notre esprit et notre cœur, nous nous tournons vers celui qui vous a envoyés, notre frère dans le Christ qui préside à l’Eglise catholique romaine, le très saint Pape Jean Paul II. Ce ne sera pas inutile répétition de dire cette année encore ce qui opportunément s’est dit jusqu’à ce jour dans les circonstances analogues des visites réciproques accomplies à l’occasion des fêtes patronales: au-delà de la politesse fraternelle et ecclésiale, ces visites témoignent de l’existence des liens plus profonds de la charité, de l’estime, d’une histoire et d’une tradition communes entre nos deux Eglises qui, honorées au moment même où elles honorent leurs fondateurs les Apôtres André et Pierre et Paul, rendent témoignage à l’unité qu’elles ont vécue durant une longue période de leur lointain passé et à leur unité qu’elles recherchent aujourd’hui dans l’unique personne de l’unique chef de l’Eglise notre Seigneur Jésus Christ.

Nous sommes convaincus qu’à Rome notre frère et nous ici, à l’occasion des fêtes patronales réciproques, nous sommes animés des mêmes sentiments de charité et de fraternité. En commun nous rendons grâce au Seigneur qui nous rapproche les uns des autres et qui montre que nos Eglises sont plus désireuses de ce rapprochement, de la compréhension mutuelle et plus généralement, mais aussi plus particulièrement, de ce dialogue dans la charité et la vérité que nous cultivons depuis des années et qui était destiné à se développer dans ce dialogue théologique qui se poursuit heureusement entre les Eglises orthodoxe et catholique romaine.

Eminence,

Cette année votre visite coïncide avec l’événement important qu’est la convocation de la troisième Conférence panorthodoxe préconciliaire qui a été consacrée, entre autres, au large domaine des dialogues et des conversations de l’orthodoxie avec le reste du monde chrétien et tout spécialement avec l’antique Eglise de Rome.

Si a été des plus utiles tant ce que la Conférence a dit dans le domaine, intérieur à l’orthodoxie, de la responsabilité pastorale de l’Eglise envers ses fidèles enfants, au sujet du jeûne comme institution divinement imposée et comme une prescription qui doit être mise en pratique avec économie et humaine compréhension dans la vie des membres orthodoxes de l’Eglise, comme tout ce qui a été exprimé et annoncé de très important au sujet des sublimes idéaux chrétiens de la paix, de la justice, de la fraternité, de la charité entre les peuples et de l’abolition des discriminations raciales et autres, n’a pas été et n’est pas moins digne d’attention et revêt une importance particulière tout ce qui dans la Conférence, a trait aux dialogues bilatéraux et multilatéraux. Ses décisions ont été prises en toute sincérité et objectivité en vue de promouvoir la suppression par le dialogue des obstacles et des situations, théologique et autres, qui gênent le développement de la vie des Eglises. C’est là une nécessité inévitable enracinée au cœur même des Eglises.

Les Eglises orthodoxes ont été et sont sincères lorsqu’elles proclament que le dialogue avec la vénérable Eglise de Rome est important et doit être promu de toute manière pour édifier l’unité qui était perdue entre nos deux mondes. Elles ont été et elles sont loyales et envers elles-mêmes et envers la vénérable Eglise de Rome – et nous nous limitons ici à ne considérer que le dialogue avec Rome – lorsqu’elles ont signalé les points qui, évidemment en accord avec vous, ont besoin d’être revus et améliorés et tout cela seulement dans le but concret et sublime de promouvoir de manière meilleure et plus efficiente l’œuvre de l’union des Eglises.

Eminence, et vous les autres pères et frères très aimés dans le Christ.

Nous signalons particulièrement en ce moment cette part des résultats positifs de la troisième Conférence panorthodoxe préconciliaire qui a marqué une étape importante dans la marche de l’Eglise orthodoxe vers son saint et grand Concile, parce que nous croyons qu’elle a ajouté une pierre de plus à cette sainte construction, édifiée avec tant de soucis et de soins, du rapprochement dans la vérité et l’amour de nos deux Eglises.

L’Eglise de Constantinople, dans son effort plus général de promouvoir cette cause sacrée, comme premier siège chargé de coordonner les efforts de l’Eglise orthodoxe, ne manquera pas de faire en ce qui dépend d’elle, comme elle l’a fait jusqu’à ce jour, tous les efforts possibles pour que l’œuvre entreprise ensemble soit amenée à un heureux achèvement et que nos deux mondes se rencontrent et s’identifient dans un “seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, Lui qui est au-dessus de tous et par tous et en nous tous”. 

Inspirés de ces pensées et brûlant de ces espoirs qui sont une attente sûre au plus profond de nos cœurs, nous saluons en toute joie et en profonde charité et honneur votre présence parmi nous, nous, nous réjouissons avec vous de cette commune célébration et nous vous prions de vous faire de interprètes de nos remerciements auprès de celui qui vous a envoyés, notre frère aîné et bien-aimé dans le Christ, le Pape Jean Paul II.

Le salut de l’Eglise de Constantinople et notre salut personnel à la vénérable Eglise de Rome et à Sa Sainteté qui y préside.

Que le Seigneur soit votre aide et la nôtre en tout.

Dal Vaticano, 30 novembre 1986.

JEAN-PAUL II

 

© Copyright 1986 - Libreria Editrice Vaticana

 

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