MESSAGE DU PAPE JEAN-PAUL II POUR LA XIIIe
JOURNÉE MONDIALE DE LA JEUNESSE
"L'Esprit Saint vous enseignera tout" (cf. Jn 14, 26).
Chers jeunes amis!
1. "Je rends grâce à mon Dieu chaque fois que je fais mémoire
de vous, en tout temps dans toutes mes prières pour vous tous, prières
que je fais avec joie; car je me rappelle la part que vous avez prise à
l'Evangile depuis le premier jour jusqu'à maintenant; j'en suis bien sûr
d'ailleurs, Celui qui a commencé en vous cette uvre excellente en
poursuivra l'accomplissement jusqu'au jour du Christ Jésus" (Phil 1,
3-6).
Je vous salue avec les paroles de l'Apôtre Paul, "car je vous
porte en mon cur" (ibid., 7). Oui - comme je vous l'ai assuré
lors de la récente et inoubliable Journée mondiale célébrée
à Paris - le Pape pense à vous et vous aime, il va vers vous
chaque jour avec une pensée pleine d'affection et il vous accompagne de
sa prière, il a confiance en vous et il compte sur vous, sur votre
engagement chrétien et sur votre collaboration à la cause de
l'Evangile.
2. Comme vous le savez, la deuxième année de la phase préparatoire
au grand Jubilé a commencé le premier dimanche de l'Avent et elle
est consacrée "de façon particulière à l'Esprit
Saint et à sa présence sanctificatrice à l'intérieur
de la communauté des disciples du Christ" (Tertio millennio
adveniente, n. 44). En vue de la prochaine Journée mondiale de la
Jeunesse, je vous invite à vous tourner, en communion avec toute
l'Eglise, vers l'Esprit du Seigneur, qui renouvelle la face de la terre (cf. Ps
103/104, 30).
"L'Eglise ne peut - en effet - se préparer à l'échéance
bimillénaire autrement que dans l'Esprit Saint. Ce qui, "dans la plénitude
du temps", s'est accompli par l'Esprit Saint, ne peut maintenant ressortir
dans la mémoire de l'Eglise que par lui. L'Esprit, en effet, actualise
dans l'Eglise de tous les temps et de tous les lieux la Révélation
unique apportée par le Christ aux hommes, la rendant vivante et efficace
dans l'âme de chacun" (Tertio millennio adveniente, n. 44).
Pour la prochaine Journée mondiale, je considère opportun de
soumettre à votre réflexion et à votre prière ces
paroles de Jésus: "L'Esprit Saint vous enseignera tout" (cf. Jn
14, 26). Notre époque semble désorientée et confuse;
parfois, il semble même qu'elle ne reconnaisse plus la limite entre le
bien et le mal; Dieu est apparemment refusé, car il est inconnu ou méconnu.
Dans cette situation, il est important de se rendre en esprit au Cénacle
pour revivre le mystère de la Pentecôte (cf. Ac 2, 1-11) et de "se
laisser enseigner" par l'Esprit de Dieu, en se mettant humblement et
docilement à son école, pour apprendre cette "sagesse de cur"
(Ps 90/89, 12) qui soutient et alimente notre vie.
Croire signifie voir les choses comme Dieu les voit, participer à la
vision que Dieu a du monde et de l'homme, selon la parole du Psaume: "Par
ta lumière nous voyons la lumière" (Ps 36/35, 10). Cette "lumière
de la foi" en nous est un rayon de la lumière de l'Esprit Saint. Au
cours de la Pentecôte, nous prions ainsi: "O lumière
bienheureuse, envahis au plus profond le cur de tes fidèles".
Jésus a tenu à souligner profondément la caractère
mystérieux de l'Esprit Saint: "Le vent souffle où il veut et
tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va.
Ainsi en est-il de quiconque est né de l'Esprit" (Jn 3, 8). Faut-il
alors renoncer à comprendre? Jésus pensait exactement le
contraire, puisqu'il nous assure que l'Esprit Saint luimême est en mesure
de nous guider "dans la vérité tout entière" (Jn
16, 13).
3. Une lumière extraordinaire sur la troisième Personne de la
Très Sainte Trinité apparaît à ceux qui veulent méditer
dans l'Eglise et avec elle le mystère de Pâques et de la Pentecôte.
Jésus a été "établi Fils de Dieu avec
puissance selon l'Esprit de sainteté, par sa résurrection des
morts" (Rm 1, 4).
Après la résurrection, la présence du Maître réchauffe
le cur des disciples. "Notre cur n'était-il pas tout brûlant
au dedans de nous?" (Lc 24, 32), disent les deux voyageurs sur le chemin
d'Emmaüs. Sa parole les illumine: ils n'avaient jamais dit avec autant de
force et de plénitude: "Mon Seigneur et mon Dieu!" (Jn 20, 28).
Il les guérit du doute, de la tristesse, du découragement, de la
peur, du péché; une nouvelle fraternité leur est donnée,
une communion surprenante avec le Seigneur et avec leurs frères remplace
l'isolement et la solitude: "Va trouver mes frères!" (Jn 20,
17).
Au cours de sa vie publique, les paroles et les gestes de Jésus
n'avaient pu atteindre que peu de milliers de personnes, dans un espace et un
lieu définis. A présent, les mêmes paroles et les mêmes
gestes ne connaissent plus de limite de lieu ni de culture. "Ceci est mon
corps, donné pour vous. Ceci est mon sang versé pour vous"
(cf. Lc 22, 19-20): il suffit que ses Apôtres fassent cela "en mémoire
de Lui", selon sa demande explicite, pour qu'Il soit réellement présent
dans l'Eucharistie, à travers son corps et son sang, dans chaque partie
du monde. Il est suffisant qu'ils répètent le geste du pardon et
de la guérison, pour qu'Il pardonne: "Ceux à qui vous
remettrez les péchés, ils leur seront remis" (cf. Jn 20, 23).
Lorsqu'il était avec les siens, Jésus était pressé,
il était préoccupé par les échéances: "Mon
temps n'est pas encore venu" (Jn 7, 6); "Pour peu de temps encore la
lumière est parmi vous" (Jn 12, 35). Après la résurrection,
sa relation avec le temps n'est plus la même, sa présence continue:
"Je suis avec vous pour toujours jusqu'à la fin du monde" (Mt
28, 20).
Cette transformation en profondeur, en extension et en durée, de la
présence de notre Seigneur et Sauveur est l'uvre de l'Esprit.
4. Lorsque le Christ ressuscité devient présent dans la vie
des personnes et qu'il leur donne son Esprit (cf. Jn 20, 22), elles changent
complètement, tout en restant, ou plutôt en devenant pleinement
elles-mêmes. L'exemple de Paul est particulièrement significatif:
la lumière fulgurante sur la route de Damas a fait de lui un homme plus
libre qu'il ne l'avait jamais été; libre de la véritable
liberté; celle du Vivant face auquel il s'était effondré
par terre (cf. Ac 9, 1-30)! L'expérience vécue lui permettra d'écrire
aux chrétiens de Rome: "Libérés du péché
et asservis à Dieu, vous fructifiez pour la sainteté, et
l'aboutissement, c'est la vie éternelle" (Rm 6, 22).
Ce que Jésus avait commencé à accomplir au cours de ses
trois années de vie communautaire, est porté à terme par le
don de l'Esprit. La foi des Apôtres était auparavant imparfaite et
vacillante, mais par la suite, elle devient solide et fructueuse: elle fait
marcher les paralytiques (cf. Ac 3, 1-10), elle met en fuite les esprits
immondes (cf. Ac 5, 16). Les Apôtres, qui autrefois tremblaient de peur
face au peuple et aux autorités, affrontent la foule rassemblée
dans le temple et défient le Sanhédrin (cf. Ac 4, 1-14). Pierre,
que la crainte des accusations d'une femme avait conduit au triple reniement
(cf. Mc 14, 66-72), se comporte désormais comme le "roc" que Jésus
avait souhaité (cf. Mt 16, 18). Les autres également, jusque là
enclins aux disputes dues à l'ambition (cf. Mc 9, 33), sont à présent
capables d'être "un seul cur et une seule âme" et de
tout mettre en commun (cf. Ac 4, 32). Ces derniers, qui avaient appris de Jésus
de façon imparfaite et avec tant de difficultés à prier, à
aimer, à aller en mission, à présent, prient vraiment,
aiment vraiment, sont vraiment des missionnaires, vraiment des apôtres.
Telle est l'uvre accomplie par l'Esprit de Jésus dans ses Apôtres!
5. Ce qui eut lieu hier continue à se produire dans la communauté
chrétienne d'aujourd'hui. Grâce à l'action de Celui qui est,
dans le cur de l'Eglise, la "mémoire vivante" du Christ
(cf. Jn 14, 26), le mystère pascal de Jésus nous atteint et nous
transforme. C'est l'Esprit Saint qui, à travers les signes visibles,
audibles et tangibles des Sacrements, nous permet de voir, d'écouter et
de toucher, l'humanité glorifiée du Ressuscité.
Le mystère de la Pentecôte, en tant que don de l'Esprit à
chacun, se réalise de façon privilégiée à
travers la Confirmation, qui est le sacrement de la croissance chrétienne
et de la maturité spirituelle. En elle, chaque fidèle reçoit
un approfondissement de la grâce baptismale et est pleinement inséré
dans la communauté messianique et apostolique, tandis qu'il est "confirmé"
dans cette intimité avec le Père et le Christ, qui le rend témoin
et acteur de l'uvre du salut.
L'Esprit Saint donne au chrétien - dont la vie risquerait autrement
de n'être assujettie qu'à l'effort, à la règle, voire
même au conformisme extérieur - la docilité, la liberté
et la fidélité: en effet, Il est "esprit de sagesse et
d'intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de
crainte de Yahvé" (Is 11, 2). Sans Lui, comment pourrait-on
comprendre que le joug du Christ est doux et son poids léger (cf. Mt 11,
30)?
L'Esprit Saint rend audacieux, il incite à contempler la gloire de
Dieu dans l'existence et dans le travail quotidien. Il pousse à faire
l'expérience du mystère du Christ dans la Liturgie, à faire
retentir sa Parole dans toute la vie, en ayant la certitude qu'elle aura
toujours quelque chose de nouveau à dire; il aide à s'engager pour
toujours, malgré la crainte d'échouer, à affronter les
dangers et à franchir les barrières qui séparent les
cultures pour annoncer l'Evangile; à travailler inlassablement pour le
renouveau permanent de l'Eglise, sans s'ériger en juge de ses frères.
6. En écrivant aux chrétiens de Corinthe, Paul insiste sur
l'unité fondamentale de l'Eglise de Dieu, comparable à l'unité
organique du corps humain dans la diversité de ses membres.
Chers jeunes, vous vivez une précieuse expérience de l'unité
de l'Eglise, dans la richesse de sa diversité, chaque fois que vous vous
rassemblez, en particulier pour la célébration eucharistique.
C'est l'Esprit qui conduit les hommes à se comprendre et à
s'accueillir réciproquement, à se reconnaître fils de Dieu
et frères en marche vers le même but, la vie éternelle, à
parler le même langage au-delà des divisions culturelles et
raciales.
En participant activement et avec générosité à
la vie des paroisses, des mouvements et des associations, vous ressentirez la façon
dont les charismes de l'Esprit vous aident à rencontrer le Christ, à
approfondir l'intimité avec Lui, à réaliser et à goûter
la communion ecclésiale.
Parler de l'unité conduit à évoquer avec douleur la
condition actuelle de la division des chrétiens. Voilà pourquoi l'cuménisme
constitue l'une des tâches prioritaires les plus urgentes de la communauté
chrétienne: "En cette dernière partie du millénaire,
l'Eglise doit s'adresser avec plus de ferveur à l'Esprit Saint pour lui
demander la grâce de l'unité des chrétiens [...] Mais nous
savons tous que la réalisation de cet objectif ne peut être le
fruit des seuls efforts humains, tout indispensables qu'ils soient. En définitive,
l'unité est un don de l'Esprit Saint [...] L'approche de la fin du deuxième
millénaire nous invite tous à un examen de conscience et à
d'utiles initiatives cuméniques" (Tertio millennio
adveniente, n. 34). Chers jeunes, je vous confie également cette préoccupation
et cette espérance comme un engagement et comme un devoir.
C'est encore l'Esprit qui encourage la mission évangélisatrice
de l'Eglise. Avant l'Ascension, Jésus avait dit aux Apôtres: "Vous
allez recevoir une force, celle de l'Esprit Saint, qui descendra sur vous. Vous
serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée
et la Samarie et jusqu'aux extrémités de la terre" (Ac 1, 8).
Depuis, sous l'impulsion de l'Esprit, les disciples continuent à être
présents sur les routes du monde pour annoncer à tous les hommes
la parole qui sauve. A travers les succès et les échecs, la
grandeur et la misère, grâce à la puissance de l'Esprit qui
agit dans la faiblesse humaine, l'Eglise découvre toute l'ampleur et la
responsabilité de sa mission universelle.
Pour pouvoir l'accomplir, elle fait également appel à vous, à
votre générosité et à votre docilité à
l'Esprit de Dieu.
7. Le don de l'Esprit rend actuel et accessible à tous l'antique
commandement de Dieu à son peuple: "Soyez saints, car moi, Yahvé
votre Dieu, je suis saint" (Lv 19, 2). Devenir saint semble un objectif
difficile, réservé à des personnes tout à fait
exceptionnelles, ou adapté à celui qui veut rester étranger
à la vie et à la culture de son époque. Devenir saint est
en revanche un don et un devoir enraciné dans le Baptême et dans la
Confirmation, confié à tous dans l'Eglise, à chaque époque.
C'est le don et la tâche des laïcs ainsi que des religieux et des
saints ministres, dans le domaine privé comme dans la vie publique, dans
la vie des particuliers comme dans celle des familles et des communautés.
Mais à l'intérieur de cette vocation commune, qui appelle
chacun à ne pas se conformer au monde mais à la volonté de
Dieu (cf. Rm 12, 2), les états de vie sont différents et les
vocations et les missions multiples.
Le don de l'Esprit se trouve à la base de la vocation de chacun. Il
est à la racine des ministères consacrés de l'évêque,
du prêtre et du diacre, qui sont au service de la vie ecclésiale.
C'est encore Lui qui forme et qui modèle l'âme de ceux qui sont
appelés à une vie de consécration spéciale, les
configurant au Christ chaste, pauvre et obéissant. C'est à ce même
Esprit, qui à travers le sacrement du mariage entoure et consacre l'union
des époux, que la mission des parents, appelés à faire de
la famille la première uvre fondamentale de l'Eglise puise sa force
et son soutien. Enfin, de nombreux autres services - l'éducation chrétienne
et la catéchèse, l'assistance aux malades et aux pauvres, la
promotion humaine et l'exercice de la charité - orientés vers l'édification
et l'animation de la communauté, s'alimentent au don de l'Esprit. En
effet, "à chacun la manifestation de l'Esprit est donnée en
vue du bien commun" (1 Co 12, 7).
8. C'est pourquoi le devoir incontournable de chacun est de chercher et de
reconnaître jour après jour la route sur laquelle le Seigneur vient
personnellement à sa rencontre. Chers amis, posez-vous sérieusement
la question au sujet de votre vocation, et soyez prêts à répondre
au Seigneur qui vous appelle à occuper la place qu'il vous a préparée
depuis toujours.
L'expérience enseigne que la figure du directeur spirituel est d'une
grande aide dans cette uvre de discernement: choisissez une personne compétente
et recommandée par l'Eglise, qui vous écoute et vous accompagne le
long du chemin de la vie, qui soit proche de vous dans les choix difficiles,
ainsi que dans les moments de joie. Le directeur spirituel vous aidera à
discerner les inspirations de l'Esprit Saint et à progresser le long d'un
chemin de liberté: une liberté à conquérir à
travers un combat spirituel (cf. Ep 6, 13-17), qui doit être vécu
avec constance et persévérance.
L'éducation à la vie chrétienne ne se limite pas à
favoriser le développement spirituel de l'individu, même si
l'initiation à une vie de prière solide et régulière
reste le principe et le fondement de l'édifice. L'intimité avec le
Seigneur, lorsqu'elle est authentique, conduit nécessairement à
penser, à choisir et à agir comme le Christ a pensé, choisi
et agi, en vous mettant à sa disposition pour poursuivre son uvre
salvifique.
Une "vie spirituelle", qui met au contact de l'amour de Dieu et
qui définit chez le chrétien l'image de Jésus, peut porter
remède à une maladie de notre siècle, sur-développé
en ce qui concerne la rationalité technique et sous-développé
en ce qui concerne l'attention à l'homme, à ses attentes, à
son mystère. Il est urgent de reconstituer un univers intérieur,
inspiré et soutenu par l'Esprit, nourri de prière et prédisposé
à l'action, de sorte qu'il soit suffisamment fort pour résister
aux multiples situations où il faut sauvegarder la fidélité
à un projet plutôt que suivre ou se conformer à la mentalité
courante.
9. Marie, à la différence des disciples, n'a pas attendu la Résurrection
pour vivre, prier et agir dans la plénitude de l'Esprit. Le Magnificat
exprime toute la prière, toute l'ardeur missionnaire, toute la joie de
l'Eglise de Pâques et de la Pentecôte (cf. Lc 1, 46-55).
Lorsque, allant jusqu'au bout de la logique de son amour, Dieu a élevé
corps et âme Marie dans la gloire du ciel, le dernier mystère s'est
accompli: la Vierge, que Jésus crucifié avait donné comme mère
au disciple qu'il aimait (cf. Jn 19, 26-27), vit désormais sa présence
maternelle au cur de l'Eglise, aux côtés de chacun des
disciples de son Fils, et elle participe de manière unique à
l'intercession éternelle du Christ pour le salut du monde.
C'est à Elle, Epouse de l'Esprit, que je confie la préparation
de la célébration de la XIII Journée mondiale de la
Jeunesse, que vous vivrez cette année dans vos Eglises locales, autour de
vos pasteurs.
C'est à Elle, Mère de l'Eglise, que je m'adresse avec vous,en
utilisant les paroles de saint Ildefonse de Tolède:
"Je t'en prie, je t'en prie, ô Vierge sainte, que Jésus
vienne à moi de cet Esprit dont tu as toi-même engendré
Jésus. Que Jésus reçoive mon âme par l'uvre
de cet Esprit, grâce à qui Jésus a été conçu
de ta chair. Puissé-je aimer Jésus dans ce même Esprit dans
lequel tu l'adores comme Seigneur et le contemples comme Fils"
(Devirginitate perpetua Sanctae Mariae,XII:PL96,106).
Je vous bénis tous de tous cur.
Du Vatican, le 30 novembre 1997, premier dimanche de l'Avent 1997
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