Chers jeunes, garçons et filles,
Je vous trouve nombreux et exubérants
comme toujours. Je suis heureux de me trouver
avec vous aujourd'hui, tant pour ressentir votre
chaleureuse communion avec le Pape, qui est le
Successeur de Saint-Pierre, que pour vous dire
qu'à votre égard je nourris une affection toute
particulière, parce que je vois en vous les
prometteuses espérances de l'Eglise et du monde
de demain. Rappelez-vous toujours que vous ne pourrez édifier quelque
chose de vraiment grand et durable que si vous vous appuyez
comme le dit Saint Paul, sur le seul fondement qu'est
Jésus-Christ (1 Co 3, 11).
Préparez-vous à la vie avec sérieux, avec cœur. En ce moment de la
jeunesse, si importante pour mûrir votre personnalité, sachez donner toujours sa
juste place à l'élément religieux de votre formation, celle qui permet à l'homme
d'atteindre sa pleine dignité, celle d'être fils de Dieu.
Comme vous le savez bien, les chrétiens
vivent ces jours-ci la période liturgique de l'Avent qui est la préparation
immédiate à Noël. Déjà mercredi dernier j'ai parlé à de nombreux autres jeunes
comme vous, leur expliquant que l'Avent signifie "venue", c'est-à-dire la venue
de Dieu parmi les hommes pour partager leurs souffrances et promouvoir la joie
dans leur vie. Aujourd'hui je voudrais vous dire de manière générale qui est
l'homme, celui qui est appelé à la rencontre et à l'amitié du Seigneur.
Les premières pages de la Bible, que vous avez déjà lues,
je pense, nous disent que "Dieu créa l'homme à son image" (Gn 1,27). Ce qui veut
dire que l'homme, que tout être humain et donc également chacun de vous, a une
parenté particulière avec Dieu. Tout en appartenant à la création visible, à la
nature et au monde animal, chacun de nous diffère d'une certaine manière de
toutes les autres créatures. Vous savez que quelques savants affirment la
dépendance de l'homme de l'évolution de la nature et l'insèrent dans le devenir
changeant, dans la mutation des espèces diverses. Dans la mesure où elles sont
véritablement prouvées ces affirmations sont très importantes parce qu'elles
nous disent que nous devons respecter le monde naturel dont nous faisons partie.
Mais, si nous pénétrons au plus intime de l'homme, nous constatons qu'il se
différencie de la nature plus qu'il n'y ressemble. L'homme possède l'esprit,
l'intelligence, la liberté, la conscience ; aussi ressemble-t-il plus à Dieu
qu'au monde créé. C'est encore le premier livre de la Bible, la Genèse, qui nous
dit qu'Adam donna un nom à toutes les bêtes du ciel et de la terre, démontrant
ainsi sa propre supériorité sur elles ; mais parmi tous ces êtres "l'homme ne trouva jamais un aide qui lui fût
semblable" (Gn 2, 20). Il se rendit compte d'être différent de
toute créature vivante, même si celles-ci étaient dotées comme
lui de vie végétative et sensitive. On pourrait dire que ce
premier homme fait ce que fait tout homme de n'importe quelle
époque, c'est-à-dire réfléchir sur sa propre identité et se
demander qui il est, lui. Il résulte de cette attitude la
constatation d'une différence fondamentale : je suis différent de
tout le reste, je suis plus différent que semblable.
Tout ceci nous aide à mieux comprendre le mystère de l'Avent que nous
sommes en train de vivre. Si, comme nous l'avons dit. Dieu "vient" à l'homme, Il
le fait parce que dans l'être humain il y a une faculté d'attente et une faculté
d'accueil qui n'existent telles, en aucune autre créature. Dieu vient pour
l'homme, mieux il vient dans l'homme et il établit avec lui une communion très
particulière.
C'est pourquoi je vous invite, vous aussi, très chers jeunes, à Lui
faire place en vue de la Noël, à vous préparer à la rencontre avec Lui, pour
qu'en chacun il retrouve son image vraie, pure et fidèle.
Avec ces vœux, je vous bénis de tout cœur et, avec vous je bénis vos
parents, vos professeurs et tous ceux qui vous ont accompagnés ici.
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