Monsieur le Maire,
Je regrette de ne
pouvoir donner une réponse adéquate aux problèmes que vous avez
exposés. Ma brève expérience à Rome ne me permet pas de le faire.
Je vous remercie de tout
cœur pour les salutations et les vœux qu'à l'occasion de la
prochaine fête de Noël vous êtes venu me présenter
personnellement, accompagné des dirigeants du Conseil Municipal:
un geste de courtoisie que j'apprécie hautement. Et je suis
vraiment heureux d'échanger avec vous ces nobles souhaits de
prospérité, de paix et de progrès, non seulement pour vous-même
et pour vos collaborateurs, mais aussi et surtout pour toute la
chère population de cette extraordinaire ville de Rome.
C'est précisément cette
population citadine que votre présence, Monsieur le Maire, me
rappelle parce que je sens, de manière très vive, que j'en
partage la responsabilité avec vous: non pas la responsabilité
civile qui revient de droit à votre administration communale,
mais la responsabilité religieuse et chrétienne qui, par la
grâce de Dieu, lorsque j'ai été élu Evêque de Rome par Messieurs
les Cardinaux qui, bien que répandus dans le monde entier,
forment cependant, par droit canonique une partie éminente du
Clergé de ce diocèse.
Lorsque vers le milieu
du premier siècle Pierre de Galilée arriva dans cette ville, il
y trouva une capitale impériale où, comme l'historien Tacite n'hésitait
pas à le reconnaître "se rencontraient toutes les atrocités et
turpitudes" (Ann. 15, 44). Mais ce n'est plus cette ville-là qui
se présente à mes yeux aujourd'hui. Grâce à la bonté divine et
le zèle de nombreuses générations d'hommes illustres, Rome est
devenue toujours plus civile et laborieuse: un point de
confluence et de rayonnement de multiples valeurs chrétiennes et
humaines.
Toutefois, je ne cache
pas les problèmes réels et les besoins urgents qui planent sur
la ville, tant au niveau de l'urbanisme que sur les plans social
et assistantiel. Il faut surtout souhaiter, avec l'affirmation
de la justice - et plus encore - que s'améliore la qualité de la
vie morale et spirituelle des citadins pour que s'instaure ainsi
un climat de réciproques rapports de compréhension mutuelle,
éloignés de toute forme de haine et de violence. Le
christianisme est fermement persuadé que les valeurs humaines
peuvent triompher seulement lorsque s'instaure un climat d'amour;
en sont nécessairement l'expression le respect des droits de
tous (tant des citadins individuellement que des différentes
catégories sociales), la tolérance, la concorde, et la justice
même.
C'est à cela surtout que
l'Eglise entend contribuer par l'œuvre d'apostolat, d'éducation
et de charité accomplie par les paroisses, les communautés
religieuses et les libres institutions nées de la généreuse
initiative des catholiques au service du prochain. Et je suis
heureux que cette œuvre a toujours
été et est de plus en plus appréciée, requise et soutenue par la
population.
Il est pour moi très
encourageant de savoir qu'il sera toujours dûment tenu compte de
la caractéristique toute particulière de cette ville qui ne
représente pas seulement une commune coexistence humaine et qui
n'est pas seulement la capitale de la chère nation italienne,
mais qui se présente également comme centre visible de l'Eglise
Catholique et point de référence pour toute la chrétienté tant
parce qu'il s'y trouve le siège épiscopal de Pierre que parce
que son sol est trempé du sang des nombreux martyrs des
premières générations chrétiennes.
A ceci je désire ajouter
que durant mes vingt années de ministère épiscopal je me suis
toujours prodigué, avec zèle et sollicitude, pour que soit
reconnu et garanti le droit de toute famille, à une maison.
Cette question, je l'ai toujours eue à cœur
et même la brièveté de mon expérience d'Evêque de Rome ne m'empêche
pas de ressentir tout ce que ce problème à d'important pour la
dignité de la vie humaine.
Ce sont toutes ces
raisons qui donnent signification et substance à notre présente
rencontre. C'est pourquoi je renouvelle ici mes vœux
les plus sincères. Je vous renouvelle, à vous Monsieur le Maire
et aux membres du Conseil Municipal mes meilleurs vœux pour un
travail fécond et désintéressé se proposant vraiment comme
objectif le bien-être de l'homme et de tout l'homme. En outre
mes vœux de
tout bien s'adressent également à ceux que vous représentez, c'est-à-dire
à vos familles et, mieux, à tous les Romains sans distinction.
Ils occupent la première place dans mon cœur
de Pasteur universel et pour eux j'invoque du Seigneur les plus
abondantes et fécondes bénédictions.