Chers frères et sœurs,
J’ai vivement désiré cette rencontre, habitants du quartier de
Santa Cecilia, parce que je me sens solidaire avec vous et parce que, du fait
que vous êtes pauvres, vous avez droit a une attention particulière de ma part.
Et je vous dis tout de suite pourquoi : le Pape vous aime parce
que vous êtes ceux que Dieu préfère. Lorsqu’il a fondé sa famille qui est
l’Église, il pensait à l’humanité pauvre, celle qui est dans le besoin. Pour la
racheter, il a envoyé précisément son Fils, qui est né pauvre et a vécu parmi
les pauvres pour nous enrichir de sa pauvreté (cf. 2 Co 8, 9).
La conséquence de cette rédemption, accomplie en celui qui s’est
fait l’un de nous, c’est que nous ne sommes plus de pauvres serviteurs, nous
sommes des fils qui pouvons appeler Dieu « Père » (cf. Ga 4, 4-6). Nous
ne sommes plus abandonnés parce que étant fils de Dieu, nous sommes aussi
héritiers des biens qu’il offre avec largesse a ceux qui l’aiment (Mt 11,
28). Pouvons-nous manquer de confiance envers un Père qui donne de bonnes choses
à ses fils ? (cf. Mt 7, 7 et s.). Jésus, notre Sauveur, nous demande de
venir à lui qui soulage nos peines (cf. Mt 11, 28). Et il fait aussi
appel à notre collaboration personnelle pour que nous fassions grandir toujours
davantage notre dignité, car nous sommes les artisans de notre propre élévation
humaine et morale.
En même temps, devant votre situation d’oppression, j’invite de
toutes mes forces tous ceux qui en ont les moyens et se sentent chrétiens à un
renouveau dans leur esprit et dans leur cœur pour que, en promouvant une plus
grande justice et même en donnant de leur bien, personne ne manque de la
nourriture, du vêtement, du logement, de la culture et du travail convenables,
c’est-à-dire de tout ce qui donne sa dignité à la personne humaine. L’image du
Christ sur la croix, prix de la rédemption de l’humanité, est un appel pressant
à mettre sa vie au service de ceux qui sont dans le besoin, au rythme d’une
charité généreuse qui sympathise non pas avec l’injustice, mais avec la vérité
(cf. 1 Co 13, 2 et s.).
Je vous bénis tout en demandant au Seigneur qu’il éclaire
toujours vos cœurs et vos actes.