A notre Vénérable Frère Agostino Cardinal CASAROLI
Vénérable Frère,
La valeur de votre personnalité que nous connaissons depuis
plusieurs années à travers vos vertus sacerdotales et votre zèle apostolique
et qui se manifeste dans votre conduite et par la maturité de votre
jugement, ainsi que le souvenir de votre mérite, vous qui pendant presque
quarante ans avez été attaché à la diligente et prudente administration des
affaires publiques de l'Eglise, dans les services du Saint-Siège et auprès
des dirigeants des Etats et des Conseils nationaux, ces deux considérations
ont fait que spontanément non seulement nous avons pensé que vous seriez
notre collaborateur dans l'avenir, mais que nous avons désiré que vous le
soyez dans le présent quand, à la fin du mois de mars de cette année Jean,
Cardinal Villot, a été enlevé à notre vie lui en qui nous avions un
compagnon fidèle et compétent dans la charge de Secrétaire d'Etat.
C'est surtout en vertu de ces motifs très valables et pour d'autres
raisons qu'au mois d'avril nous vous avons accordé notre confiance et que
nous vous avons demandé de prendre la très haute charge des affaires qui
incombent à la Secrétairerie d'Etat et au Conseil pour les affaires
publiques de l'Eglise.
A une si grande et opportune harmonie des esprits et des projets, il ne manquait
qu'une sorte de couronnement que vous a enfin heureusement
apporté ces jours-ci la collation de la dignité de père
cardinal.
Ayant tout ceci présent à l'esprit, nous vous
adressons cette lettre par laquelle, avec une joie légitime
et par notre pouvoir apostolique nous vous créons Secrétaire
d'Etat et nous vous nommons également Préfet du Conseil pour
les Affaires publiques de l'Eglise et président de la
Commission pontificale pour l'Etat de la Cité du Vatican.
Nous avons toute confiance que, grâce aux dons
excellents qui vous distinguent et que nous avons rappelé
plus haut, vous nous apporterez un service éminent, assidu,
efficace à Nous-même et au Siège apostolique pour
l'expédition des affaires qui ont souvent une importance
universelle. Et ceci se présente en des temps qui sont les
nôtres où l'Eglise et le monde sont pressés par de
nombreuses questions et difficultés, en des temps cependant
où ne manquent pas non plus les motifs qui inspirent
confiance et nourrissent une bonne espérance.
Pour qu'enfin aucun secours humain ne vous fasse
défaut — pour porter quotidiennement de si nombreuses
charges et remplir de si grandes tâches — nous vous
promettons de tout cœur toute la bienveillance possible,
vénérable frère. Par de nombreuses prières, nous sollicitons
pour vous de la providence de Dieu la lumière qui vient du
ciel, une réussite durable et solide dans vos initiatives et
ceci dans la joie et la consolation de l'esprit.
Du Vatican le 1er juillet 1979, première année de
notre pontificat.
IOANNES PAULUS II