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VISITE PASTORALE EN SUISSE
(11-17 JUIN 1984)

DISCOURS DU PAPE JEAN-PAUL II
AUX REPRÉSENTANTS DE LA FÉDÉRATION
SUISSE DES COMMUNAUTÉS ISRAÉLITES

Fribourg
Mercredi, 13 juin 1984

 

Chers Messieurs et Frères bien-aimés,

c'est assurément une joie pour moi de rencontrer les représentants de la Fédération suisse des communautés israélites. Il en est toujours ainsi au cours de mes voyages apostoliques à travers le monde, du moins chaque fois que la chose est possible.

Il n’est pas nécessaire de m’étendre longtemps sur l’importance de ces rencontres. En permettant un certain approfondissement de notre foi et une mise en œuvre de notre commun patrimoine biblique, elles contribuent à réduire les préjugés et même les barrières existant encore entre les chrétiens et les juifs. Comment, de leur côté, les chrétiens pourraient-ils demeurer indifférents aux problèmes et aux dangers qui vous préoccupent, sinon en Suisse du moins dans de nombreuses régions du monde? D’autre part, l’enseignement des Eglises chrétiennes doit tenir compte du résultat des recherches effectuées sur cet héritage qui nous est commun et sur l’enracinement du christianisme dans la tradition biblique. Il y a là un chemin d’affermissement de notre dialogue. A cet égard, je suis reconnaissant à Monsieur le Représentant de la Fédération israélite d’avoir tenu à se référer de façon positive à l’Institut pour les recherches judéo-chrétiennes de la Faculté de théologie catholique de Lucerne.

J’aurais aimé également, chers Messieurs et chers Frères, m’entretenir avec vous d’un problème fondamental: celui de la paix. Le shalom biblique avec lequel on a coutume de se saluer dans les pays d’Orient ne comporte-t-il pas un appel à notre responsabilité? En fait, nous sommes tous invités à œuvrer ardemment pour le bien de la paix. Pour sa part, le Siège Apostolique s’efforce continuellement de promouvoir une paix qui soit fondée sur la justice, le respect des droits de tous, la suppression des causes d’inimitié, à commencer par celles qui sont cachées dans le cœur de l’homme. Il recommande sans cesse les voies du dialogue et de la négociation. Il n’a ni préjugés ni réserves de principe à l’égard d’aucun peuple. Il voudrait pouvoir manifester à tous sa sollicitude, aider du développement des uns et des autres, au niveau de la liberté entendu dans son sens le plus authentique comme sur le plan de la concorde intérieure et extérieure, et des vrais biens capables de promouvoir toute personne et toute société.

C’est là un idéal auquel le dialogue persévérant et la collaboration active et fructueuse entre juifs et chrétiens peuvent beaucoup apporter. Permettez-moi d’achever cette brève rencontre fraternelle par le souhait que vous aimez tant: “Shalom aléijem”. Il jaillit de mon cœur pour vous qui êtes venus à ma rencontre, mais aussi pour vos familles, pour les communautés juives en Suisse, pour toutes celles qui sont dispersées à travers le monde, pour tous les hommes de bonne volonté.

 

© Copyright 1984 -  Libreria Editrice Vaticana

 

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