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PÈLERINAGE APOSTOLIQUE EN FRANCE

DISCOURS DU SAINT-PÈRE AUX PRISONNIERS

Lyon (France)
Dimanche, 5 octobre 1986

Chers Frères et Sœurs prisonniers,

Par Radio-Fourvière, il est donné de vous adresser un mot d’amitié et d’espérance. Je l’adresse à vous, qui accomplissez une peine de prison à Lyon, et je pense aussi à tous les autres, hommes et femmes, incarcérés en France.

Ma mission n’est pas d’exercer la justice humaine, en me substituant aux instances légales qui vous ont jugés dans votre pays. J’ignore d’ailleurs les causes très diverses de votre détention, et il ne m’appartient pas non plus d’évaluer la responsabilité qui a été la vôtre ni les dommages que vous avez pu entraîner pour d’autres, et qui sont peut-être pour vous source d’un tourment secret.

Ma mission est évangélique, comme celle des aumôniers qui sont à votre service et de tous ceux qui vous accompagnent fidèlement dans votre épreuve, pour vous proposer leur soutien humain et spirituel. Je veux d’abord vous inviter à reprendre confiance en vous-mêmes. Il y a au fond de chacun d’entre vous, croyants ou incroyants, une dignité humaine qui n’est pas détruite, un besoin d’être aimé et un désir d’aimer, une conscience qui demeure capable du bien et du vrai. Ceux qui ont foi en Dieu, ceux qui croient en Jésus-Christ Sauveur – et l’épreuve de la prison peut être un moment salutaire pour se tourner vers Lui, pour une conversion – savent que Dieu, lui, est riche en miséricorde. Il n’a jamais cessé de vous regarder avec amour, comme l’enfant prodigue, et d’avoir confiance en vous. Et il nous demande, à nous les chrétiens, de vous visiter comme si nous visitions le Christ. Il nous jugera là-dessus: “J’étais en prison, et vous êtes venus me voir”.

Moi qui médite souvent sur l’Apôtre Pierre, le premier Pape, revenu au Seigneur après son reniement pour affermir ses frères, je dis à tous les prisonniers qui veulent librement entendre le mes sage de la foi: regardez le crucifié qui a été condamné pour notre salut alors qu’il n’avait commis aucun mal. Regardez son amour et sa patience qui ont été transfigurés dans sa résurrection. Remettez-lui votre épreuve, qui serait trop lourde pour vous seuls. Offrez-la pour vous et pour d’autres. La pire des prisons serait le cœur fermé et endurci, et le pire des maux, le désespoir. Je vous souhaite l’espérance. Je vous souhaite d’abord la joie de trouver dès maintenant la paix du cœur dans le repentir, le pardon de Dieu, l’accueil de sa grâce. Je vous souhaite la satisfaction de bénéficier de meilleures conditions de vie ici, à la mesure de la confiance que vous mériterez. Je vous souhaite de reprendre au plus vite votre place normale dans la société, dans votre famille. Et je vous souhaite de vivre dès maintenant dignement, dans la paix, en vous efforçant de mettre entre vous plus d’esprit fraternel et de soutien amical.

Sans pouvoir vous visiter un à un, comme je l’ai fait dans mon diocèse de Rome, je vous assure que je vous porte tous dans mon cœur et dans ma prière, et je pense également à vos familles. Avec votre Evêque et vos prêtres, au nom du Christ Sauveur, je vous bénis.

 

© Copyright 1986 - Libreria Editrice Vaticana

 

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