MESSAGE DU SAINT-PÈRE
JEAN-PAUL II
AUX PATRIARCHES ET AUX ÉVÊQUES CATHOLIQUES DU LIBAN
Aux Patriarches,
aux Archevêques et aux Evêques
des Eglises catholiques du Liban.
Béatitudes et chers Frères dans l’Episcopat,
À l’occasion de la réunion annuelle de l’Assemblée des Patriarches et des
Evêques catholiques du Liban, je désire vous donner l’assurance que je suis
spirituellement présent au milieu de vous et que je prends part avec intensité à
vos préoccupations de pasteurs en ce moment décisif pour les communautés qui
vous sont confiées.
Les fidèles de vos Eglises ont été profondément éprouvés et beaucoup d’entre eux,
poussés par un sentiment d’insécurité, par la peur, et préoccupés pour le sort
de leurs familles, ont quitté le pays ou pensent le faire. D’autres se sentent
désorientés et, voyant que l’avenir est très incertain, peuvent être facilement
victimes du découragement ou, pire encore, de la tentation de s’en remettre une
nouvelle fois à la violence destructrice.
Ce sont là, je le sais, quelques-unes des graves préoccupations qui vous
assaillent, mais je suis certain que, fidèles à la responsabilité de votre
ministère, vous saurez, avec votre paternelle sollicitude, avec l’aide des
prêtres et celle des personnes consacrées, assurer l’animation spirituelle, les
priorités pastorales et la coordination des diverses activités, plus que jamais
nécessaires.
J’invoque avec vous le Seigneur afin qu’il vous donne la force et la grâce de
conforter vos fils spirituels dans la foi au Christ, source de la conversion des
cœurs, de la pacification des âmes et surtout, du sentiment d’appartenance à
«une seule Eglise», rassemblée autour de Lui. Ainsi, il sera non seulement plus
facile de surmonter les divisions imposées par la guerre et les divergences
crées par les choix politiques, mais l’on pourra également rendre plus vive l’espérance
dans le futur. Avec votre aide et votre témoignage, les fidèles de vos Eglises
sauront traduire le grand commandement de l’amour dans la vie si exigeante de
chaque jour: par la miséricorde et le pardon, ils sauront dominer les rancœurs
causées par la violence aveugle de la guerre, être ouverts à un dialogue
respectueux avec tous et, en particulier, avec ceux de leurs compatriotes qui
appartiennent à d’autres familles spirituelles, être compatissants et solidaires
à l’égard des personnes les plus éprouvées par les circonstances douloureuses
dans lesquelles elles se trouvent.
Je partage avec vous la conviction que seules cette force spirituelle et cette
bonne volonté permettront le retour progressif d’une situation normale dans le
pays et la renaissance en profondeur d’un Liban ouvert au pluralisme où tous les
habitants, chrétiens et non chrétiens, pourront se sentir citoyens à part
entière et responsables. Un immense champ d’action s’ouvre aujourd’hui aux
laïcs
catholiques du Liban, en vue de contribuer à la reconstruction morale du pays et
de préparer des jours meilleurs pour leur patrie. Votre Assemblée fera naître
sans doute des orientations très utiles pour guider les catholiques de votre
nation dans leur apostolat.
De mon côté, je confie vos travaux à la protection maternelle de Notre Dame de
Harissa et je l’invoque avec vous afin qu’elle obtienne à tous, pasteurs et
fidèles, la lumière et la force nécessaires pour répondre aux urgences
apostoliques de l’heure présente.
Avec ma Bénédiction Apostolique.
Du Vatican, le 24 novembre 1990.
IOANNES PAULUS PP. II
© Copyright 1990 - Libreria
Editrice Vaticana