1. Je suis heureux de vous
souhaiter la bienvenue dans la Salle du Synode, devenue pour la circonstance le
siège des travaux de la XLIIème session ordinaire de l’Assemblée générale de l’Union
européenne de Radiodiffusion. Et je voudrais d’abord remercier Monsieur Albert
Scharf, qui se consacre depuis des années avec dévouement votre Organisation,
pour les paroles aimables qu’il m’a adressées en votre nom à tous.
Je salue les membres du Conseil d’Administration, les Présidents
des différentes commissions, le Secrétaire général et les responsables des
services permanents de l’Union. J’adresse aussi mes salutations aux
représentants des Unions sœurs qui font entendre dans votre Assemblée la voix
des autres continents du globe. Cette rencontre n’est pas la première qu’il
m’ait été donné d’avoir avec l’Union européenne de Radiodiffusion; en 1981, la
Commission des programmes radiophoniques a été l’hôte de Radio Vatican et, en
1984, ce fut le cas de la Commission technique.
Mais cette année, pour le LXème anniversaire de la fondation de
la «Radio du Pape», l’Union européenne de Radiodiffusion a voulu donner cette
commémoration tout son relief par sa présence au plus haut niveau en la Cité du
Vatican.
2. L’Église, conformément à sa mission, est particulièrement
attentive au destin et à la dignité de la personne humaine. «L’homme ― ai-je écrit
dans ma première encyclique ― est la route de l’Église». Cette m me conviction a
inspiré la rédaction de l’encyclique récente «Centesimus Annus», dans laquelle
j’ai renouvelé la présentation de la doctrine sociale de l’Église la lumière de
l’évolution qu’a connue la situation du monde contemporain. De ce point de vue,
il est facile de comprendre la sollicitude et l’intérêt avec lesquels l’Église considère l’ensemble des médias qui se sont désormais imposés dans la vie
quotidienne, exerçant une influence croissante sur la pensée et le comportement
des citoyens.
En s’exprimant sur ce phénomène typiquement moderne, l’Église ne
peut taire les questions de nature morale qu’il suscite. Mais on présente
parfois dans une perspective unilatérale et incomplète ces rappels des règles
morales que, dans ce domaine comme en d’autres, l’Église adresse aux
responsables car il s’agit pour elle d’un devoir auquel elle ne peut renoncer.
Il arrive ainsi que l’on ne comprenne pas l’esprit dans lequel elle exerce son
rôle d’enseignement: en effet, elle agit dans le bien intégral de l’homme. Dans
d’autres cas, son avertissement est bien respecté dans l’abstrait, mais il est
ensuite relativisé ou vidé de son sens concret parce qu’il ne tiendrait pas
compte de la situation des médias et des lois qui régissent leur action.
La vérité est différente: non seulement l’Église n’ignore pas
le «pouvoir» qui est entre vos mains, non seulement elle tient compte des
responsabilités spécifiques de ceux qui travaillent dans votre secteur, mais
elle a conscience aussi des difficultés, des limites, des conditions auxquelles
vous êtes soumis. L’Église sait et reconnaît que, dans le domaine des médias, il
y a des milieux où les exigences morales ne sont pas prises en considération ou même sont tournées en ridicule, ce qui rend parfois très difficile d’agir en toute
fidélité sa conscience.
3. En un temps de grandes transformations culturelles, sociales
et politiques, de nouveaux problèmes sont apparus pour les opérateurs du service
public de radiodiffusion. Jusqu’à ces dernières années, ce service a été
respecté, et en un sens protégé, en raison de la mission qui lui était assignée;
à présent, il doit entrer en compétition, sur un terrain qui se transforme
rapidement en marché. Mais si, dans le cadre de la compétition économique,
l’assouplissement peut être profitable, cela peut devenir dangereux pour une
activité comme la communication, si liée à des facteurs éthiques qu’elle ne peut
être réduite purement et simplement à la logique du marché.
Dans la situation difficile que connaissent des degrés divers
certains de vos pays, les pouvoirs publics sont appelés faire preuve d’une
lucidité et d’une énergie exceptionnelles pour conduire la délicate période de
transition actuelle. Heureusement, malgré les défauts qui demeurent, il semble
que l’on s’oriente aujourd’hui vers la réalisation de systèmes mixtes plus
équilibrés où coexistent harmonieusement le service public et les organismes
privés, avec une répartition équitable des charges et des ressources, en
cherchant avant tout l’intérêt de la communauté.
Cela paraît d’autant plus nécessaire en cette période où, libérés des systèmes totalitaires, les pays d’Europe centrale et orientale, qui
s’efforcent de construire une société nouvelle, se tournent vers l’Occident dans
l’espoir de trouver non pas des exemples de compétition sauvage, mais des modèles de communication dignes de démocraties avancées.
4. In such a context Vatican Radio continues to operate today,
with its own characteristics and specific finality. Built by Guglielmo Marconi
and inaugurated by my predecessor Pius XI in 1931, this station operates in the
service of the faith, of the unity of the Church, and of peace in the world. Its
resources are limited and never sufficient for the mission it is called upon to
fulfil. But its very existence and its longstanding presence in the field of
international broadcasting bears witness to the Church’s concern to have the
means to proclaim, in complete independence, the Gospel, the Good News of
salvation.
In spite of its special nature, Vatican Radio belongs to your
Union as an active and founding member. It endeavours to collaborate in a
professional way with the various member agencies, the various bodies into which
the Union is divided, and in particular with the Radio Committee and the
Technical Committee. At the same time, I gladly acknowledge that it also
receives a great deal from you, in exchanges, assistance and experience in all
its fields of activity.
Specifically, I wish to thank all the broadcasting agencies
which, in the course of my apostolic journeys, have been helpful to Vatican
Radio and have provided technical and professional assistance. I am also
grateful to the radio and television stations of so many countries which have
carried the message of my pilgrimages to different parts of the world in
Christ’s name and in the service of the human family.
5. I wish to encourage you in your daily work. I realize that it
is difficult and complex. But I also realize the enormous good that you can do.
By upholding a lofty ideal of the human person, you can be extremely effective
in building a civilization truly worthy of man.
I express the hope that your Union will go away from this
General Assembly with a renewed sense of unity and commitment. Associations such
as yours must always be careful not to allow particular interests to overshadow
the common good. As a service to truthful information and genuine cultural
development, the world of communications should be free from the conditioning of
partisan and commercial interests.
Last year, on the fortieth anniversary of the foundation of the
European Broadcasting Union, you reaffirmed in the Marino Charter your
intention to defend the ethical character of broadcasting’s public service and
to commit the European Broadcasting Union to the task of maintaining a spirit of
effective solidarity among its member bodies. These goals call for great harmony
within your own organization, especially as you are now engaging in a closer
cooperation with the organisms active in the field of television. You can
imagine with what satisfaction I see the realization in your sector of activity
of the cultural unity which responds to Europe’s common roots but which for
decades was hindered by artificial barriers.
I also hope that as your organization grows and increases in
solidarity you will continue to give your attention to the developing regions
outside of Europe as well, where your help can be extremely important.
May the Lord bless your efforts and your aspirations. May he
sustain your daily work, protect you and your families, and enable you to build
a world that is more just and more worthy of man.