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VOYAGE APOSTOLIQUE AU SÉNÉGAL, EN GAMBIE ET EN GUINÉE

DISCOURS DU SAINT-PÈRE JEAN-PAUL II
AVEC LES REPRÉSENTANTS D'AUTRES RELIGIONS

Cathédrale de Ziguinchor (Sénégal)
Jeudi, 20 février 1992

 

Chers amis,

Je suis heureux d’avoir cette occasion de vous rencontrer presque au début de mon bref séjour dans votre pays. J’ai déjà senti au Sénégal combien sa diversité peut être un stimulant à travailler pour l’unité du peuple. La société sénégalaise, en effet, est caractérisée par cette harmonie traditionnelle, la teranga, faite d’accueil et de respect mutuels, de tolérance et de volonté de coopération.

Quelle est la source de cette harmonie? Pour nous, croyants, l’origine de l’unique famille humaine se trouve en Dieu. Nous pouvons attribuer à Dieu bien des noms, sans jamais cerner complètement sa réalité, car elle nous dépasse. Mais nous pouvons reconnaître en Lui le Créateur, Vivificateur, Providence et Destin suprême de l’homme. Suivant les paroles de l’Apôtre Paul, «Dieu qui a fait le monde..., a fait tout le genre humain pour qu’il habite sur toute la face de la terre... afin que (les hommes) cherchent la divinité...; aussi n’est–elle pas loin de chacun de nous»[1]. C’est dire que les êtres humains sont tous appelés à entrer dans la plénitude de la vie, auprès de Dieu, en communion avec ceux qui nous ont précédés sur le chemin de la rectitude.

L’origine et la destinée divine de l’homme sont les fondements de sa dignité. Personne n’a le droit de mépriser un autre être humain, surtout le plus faible. Il n’y a aucune justification pour la discrimination, sur la base de la race, de la religion, du sexe ou de la situation sociale: chaque personne est à respecter.

Certes, l’homme est faible, porté au mal, et des disputes surgissent. Dans ce cher continent africain, mais aussi dans bien d’autres régions du monde, des luttes sanglantes ont entraîné des souffrances immenses. Ne faut–il pas prendre exemple sur la sagesse africaine, qui enseigne que les parties en cause doivent se rencontrer, se parler, résoudre leurs différends et se réconcilier? Et cela s’applique à la famille, mais aussi à la nation et même aux relations internationales. Les chefs religieux, n’ont-ils pas le devoir d’aider les croyants à s’unir pour construire la paix? Je veux vous assurer que l’Église catholique dans votre pays continuera à œuvrer pour cette croissance dans l’harmonie.

En terminant, je voudrais vous assurer de ma prière pour vous, pour vos familles, et pour votre pays. Que Dieu vous accorde ses plus abondantes bénédictions!


[1] Act. 17, 24-27.

 

© Copyright 1992 - Libreria Editrice Vaticana

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