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DISCOURS DU SAINT-PÈRE JEAN-PAUL II
À S. E. MONSIEUR SAMUÈL LAHADY,
NOUVEL AMBASSADEUR DE LA RÉPUBLIQUE
DE MADAGASCAR PRÈS LE SAINT-SIÈGE*

Samedi, 14 novembre 1992

 

Monsieur l’Ambassadeur,

C’est avec joie que j’accueille Votre Excellence au Vatican en qualité d’Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République de Madagascar près le Saint-Siège.

Je vous remercie vivement de m’avoir transmis les salutations de Son Excellence Monsieur Didier Ratsiraka, Président de la République de Madagascar, et, en retour, je vous prierai de bien vouloir lui exprimer, avec les vœux que je forme pour sa personne, mes vifs souhaits pour l’accomplissement de sa tâche en vue du bien de tout le peuple malgache. Je salue également les membres du gouvernement et j’invoque l’aide de Dieu sur tous les hauts responsables qui sont au service de la nation.

Dans votre allocution, vous avez bien voulu évoquer les efforts du Siège Apostolique en faveur de la paix, de la justice en Afrique et dans le monde: je vous sais gré de l’appréciation que vous m’avez manifestée en termes très aimables.

Votre présence en ces lieux, Monsieur l’Ambassadeur, témoigne d’une réelle estime pour les motivations d’ordre religieux et je vous en exprime ma satisfaction. En effet, si l’on veut maintenir et développer entre les peuples des relations justes et pacifiques, il importe, entre autres choses, de mettre à profit le dynamisme des valeurs spirituelles.

Vous me permettrez, Monsieur l’Ambassadeur, de saisir l’occasion de cette rencontre pour adresser, par votre intermédiaire, un salut cordial aux membres de l’Église catholique malgache, qui m’avaient réservé un accueil si chaleureux lors de ma visite pastorale de 1989. Des plus jeunes aux plus âgés, ils m’avaient manifesté la profondeur de leur foi et leur intention de vivre fraternellement, en travaillant pour le bien-être de tous leurs compatriotes. Je puis vous assurer que, sous la conduite de leurs Évêques, les fidèles de Madagascar sont désireux d’apporter leur concours à cette œuvre de longue haleine qu’est l’édification d’une nation prospère où chaque citoyen puisse mener une vie conforme à sa dignité d’être humain. Stimulés par leur foi chrétienne et leur amour de la patrie, ils continueront, dans la mesure de leurs propres moyens, à se prodiguer, entre autres, dans les domaines de l’éducation, de la santé et de l’entraide sociale, en collaborant avec leurs concitoyens d’autres traditions religieuses. Dans leur propos d’être eux-mêmes artisans de l’édification de leur propre patrie, ils contribueront au maintien des valeurs sociales de la Grande Ile, qu’exprime bien le célèbre «fihavanana» qui cherche à étendre entre tous les membres de la société l’harmonie existant au sein de la famille! Sans doute, de nouvelles solidarités sont à inventer aujourd’hui dans le monde scolaire et urbain, le monde du travail et de l’économie. Je souhaite que ces nouvelles solidarités s’enracinent profondément dans l’esprit des valeurs anciennes, si heureusement illustrées, entre autres, par Victoire Rasoamanarivo, que j’ai eu la joie de béatifier à Antananarivo.

Avant de conclure, j’exprime le vœu fervent que les populations de votre pays ne connaissent pas la hantise de la survie quotidienne mais puissent manger à leur faim, être en bonne santé, vivre de leur travail, jouir de la richesse de leur patrimoine ancestral et en faire bénéficier la famille des nations.
Alors que vous inaugurez votre mission, je vous offre mes vœux les meilleurs et je vous assure que vous trouverez toujours ici un accueil attentif et une compréhension cordiale auprès de mes collaborateurs.

Sur Votre Excellence, sur le peuple malgache et sur ses dirigeants, j’invoque de grand cœur l’abondance des Bénédictions divines.


*Insegnamenti di Giovanni Paolo II, vol. XV, 2 pp. 596-597.

L'Attività della Santa Sede 1992 pp. 736-737.

L’Osservatore Romano 15.11.1992 p.12.

L'Osservatore Romano. Edition hebdomadaire en langue française n. 47 p.8.

© Copyright 1992 - Libreria Editrice Vaticana

 

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