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DISCOURS DU PAPE JEAN-PAUL II
AUX PARTICIPANTS À LA VI
ème RENCONTRE
INTERNATIONALE POUR LA PASTORALE DES
«GENS DU CIRQUE», DES FORAINS ET
DU PERSONNEL DES LUNA-PARKS

Jeudi 16 décembre 1993

Chers frères dans l’épiscopat,
Chers amis,

1. Alors que vous achevez la VIème rencontre internationale pour la pastorale des « gens du cirque », des forains et des personnels des luna-parks, je suis heureux de vous saluer très cordialement, vous qui représentez différentes associations européennes et italiennes, accompagnés de vos évêques et de vos aumôniers. Et je remercie vivement Monseigneur Cheli des paroles qu’il vient de m’adresser en votre nom à tous.

Je voudrais dire mon estime et ma sympathie à tous ceux qui installent leurs « métiers » dans les villes et les villages, ouvrant à leurs visiteurs un espace de fête et d’amitié. Faire naître un sourire d’enfant, illuminer un instant le regard désespéré d’un solitaire, et rendre, par le spectacle et la fête, les hommes plus proches les uns des autres, c’est la grandeur de ces métiers. Et je n’oublie pas le travail discret de ceux et celles qui montent et démontent les installations et qui veillent à la sécurité des spectateurs avec un grand sens de la responsabilité personnelle et collective.

2. Les inquiétudes des « gens du voyage » me sont connues: l’évolution des installations devenues industrielles, de même que les modifications de la structure des villes et des modes de vie, entraînent des incertitudes préoccupantes.

Vos vies itinérantes ne facilitent pas la formation scolaire, professionnelle et religieuse des enfants, alors que les parents savent bien que les nouvelles générations ont besoin de plus de compétences pour assurer leur avenir. La tâche éducative est certes difficile, mais je tiens à vous encourager: sachez inventer ensemble, adultes et jeunes, votre manière de vivre en Eglise avec vos aumôniers. Vous pouvez être assurés que, lorsque les hommes ont pour métier d’offrir un peu de bonheur, Dieu ne saurait être en dehors de la fête.

3. Cette réunion près de la tombe de Pierre a eu pour objet principal de réfléchir à l’éducation des jeunes chez les gens du cirque et les forains, et particulièrement à la façon dont l’Evangile peut leur être transmis.

Parents, éducateurs et aumôniers, soyez partout des témoins de l’espoir, déjà sur le plan humain. Dans votre vie professionnelle, mettez en valeur les qualités de patience, de courage, de sens du risque mesuré, de jeu collectif: ces qualités vous méritent l’estime que vous attendez des spectateurs. Ces derniers viennent d’un monde marqué par l’individualisme et la compétition: ils savent apprécier votre témoignage de partenaires attentifs, réconciliés avec leur corps et même avec les animaux. Sous la forme du jeu, vous montrez de vraies vertus humaines.

Soyez en même temps des témoins de l’espérance fondée sur Jésus-Christ, connu, aimé, prié et servi. La vie itinérante ne facilite pas la continuité de la formation religieuse ni la célébration des sacrements de la foi. Mais n’oubliez pas que la famille – et je sais que les vôtres sont unies – est la première « église » où l’on prie ensemble, où l’on apprend à connaître le Seigneur Jésus, à l’aimer, à l’annoncer.

Renforcez vos relais d’aumôneries, déjà bien constitués, pour en faire un vrai réseau d’Eglise. Donnez-vous les moyens d’une sérieuse catéchèse des jeunes, où l’on tienne bien compte du contexte de leur vie et de votre genre de travail. Avant tout, faites découvrir à vos enfants que le Christ est la source du vrai bonheur, selon sa propre parole: « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite »[1].

Je forme des vœux chaleureux pour vous, ainsi que pour les membres des différentes associations que vous représentez. Je demande au Sauveur qui vient parmi nous de vous combler de ses grâces de joie et de lumière. De grand cœur, je vous donne ma Bénédiction Apostolique.


[1] Io. 15, 11.

© Copyright 1993 - Libreria Editrice Vaticana

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