Mesdames, Messieurs,
Au cours du voyage d’études de l’Association des Maires des Pyrénées-Atlantiques,
vous avez souhaité venir me rencontrer, accompagnés de votre compatriote,
Monsieur le Cardinal Roger Etchegaray. Je vous accueille avec plaisir et je vous
salue très cordialement.
Vous êtes venus en Italie pour confronter votre expérience d’élus locaux avec
celle de vos collègues. Cette démarche s’inscrit dans le courant d’échanges qui
se développe entre les pays d’Europe et qui concerne les autorités civiles aussi
bien que les universitaires, les dirigeants économiques ou les simples citoyens.
Chargés de responsabilités dans votre département des Pyrénées-Atlantiques, vous
connaissez déjà, en raison de votre voisinage avec un autre grand pays, la
richesse que peuvent apporter des contacts au-delà des frontières.
Particulièrement en votre région, vous partagez des traditions et des valeurs
communes avec des voisins très proches. Vous devez aussi faire face parfois à
des problèmes qui nécessitent de votre part un sens élevé du service public et
des efforts patients de conciliation, afin de faire prévaloir le bien commun et
de répondre à la confiance de vos concitoyens. Ainsi se construit peu à peu l’entente
des peuples, que tous souhaitent de plus en plus étroite et féconde.
Maires, proches de ceux qui vous ont chargés d’administrer les communes du Pays
Basque ou du Béarn, vos responsabilités sont multiples. En un temps de
changements notables, vous êtes les premiers concernés par les difficultés
économiques qui éprouvent notamment les milieux ruraux ou les pêcheurs; vous
devez veiller aussi à préserver les ressources naturelles et le patrimoine
traditionnel de votre région. Avant tout, votre mission porte sur maints aspects
de la vie de toute une population, avec son évolution démographique, avec son
besoin de sécurité, avec ses soucis pour la formation et l’avenir professionnel
des jeunes, avec la préoccupation des conditions réservées aux plus anciens. Si
je mentionne ces préoccupations, c’est simplement pour vous dire mon estime pour
le dévouement des magistrats municipaux dont je sais combien la tâche est lourde.
Évêque de Rome, il me plaît d’évoquer le diocèse de Bayonne dont vos villes, vos
bourgs et vos villages font partie. L’Église a chez vous un riche passé, avec un
rayonnement qui dépasse de loin son territoire. Basques et Béarnais sont partis
à travers le monde, en restant fidèles à leur foi. Parmi eux, de nombreux
missionnaires ont contribué à l’annonce de l’Évangile sur tous les continents.
Vos concitoyens peuvent être fiers du dynamisme de la foi que leur ont léguée
leurs pères: la tradition ecclésiale bien enracinée dans votre terre a été
transplantée généreusement au loin par ses fils. Il est vrai qu’aujourd’hui on
peut s’inquiéter de voir s’exercer sur les chrétiens des influences contraires à
la vitalité de leurs communautés, et le renouvellement du clergé et des
religieux paraît compromis. Le visage de l’Église, dans vos communes, s’en
trouve modifié. Mais l’espérance ne s’éteint pas. La participation plus
responsable des laïcs à la mission et à la vie de leurs paroisses ne manquera
pas de relancer l’appel à l’indispensable service sacerdotal, appel d’autant
plus crédible qu’il sera porté aux jeunes par des communautés vivantes.
Mesdames, Messieurs, en vous remerciant de votre visite, je voudrais vous
encourager à poursuivre généreusement vos missions au service de vos
concitoyens, mettant en œuvre, au jour le jour, le respect de la dignité de
toute personne humaine dans lequel l’Église voit un principe fondamental de son
enseignement social.
Je vous offre mes meilleurs vœux et, invoquant sur vous-mêmes, sur vos familles
et vos compatriotes le soutien de la grâce divine, je vous accorde de grand cœur
ma Bénédiction Apostolique.
© Copyright 1993 - Libreria Editrice Vaticana