Monsieur l’Ambassadeur,
C’est avec joie que j’accueille Votre Excellence et que
je Lui souhaite la bienvenue en cette demeure à l’occasion de la présentation
des Lettres qui L’accréditent comme Ambassadeur extraordinaire et
plénipotentiaire de la République Tunisienne.
Je vous remercie des paroles
courtoises que vous avez eues à mon égard et auxquelles j’ai été très sensible.
En cette circonstance solennelle, ma pensée va en premier lieu vers Son
Excellence le Président Zine El Abidine Ben Ali: je vous prie de bien vouloir
lui présenter mes salutations déférentes et lui exprimer ma gratitude pour l’aimable
message qu’il m’adresse par votre entremise. Je forme les meilleurs vœux pour sa
personne ainsi que pour ceux qui collaborent avec lui au service de la nation
tunisienne. Enfin, je salue de grand cœur les hommes et les femmes de votre pays
engagés, sous l’impulsion du chef de l’État, dans l’exaltante construction d’une
société moderne et ouverte, qui réponde à leurs aspirations vers un
développement intégral et harmonieux. Bien volontiers, je prie Dieu de bénir les
efforts de tous dans l’édification d’une Tunisie toujours plus digne et
prospère, qui apporte, selon sa vocation, une juste contribution à l’équilibre
et à la paix dans le continent africain comme entre les nations méditerranéennes
en quête de concorde et de coopération.
Il m’est agréable de constater, suivant
vos propos Monsieur l’Ambassadeur, le désir de vos concitoyens de promouvoir l’homme
dans un Etat de droit, où la souveraineté appartient à la loi et n’est pas le
fait de l’arbitraire de quelques-uns. En effet, une authentique démocratie n’est
possible que dans un Etat de droit et sur la base d’une conception correcte de
la personne humaine. L’Eglise apprécie le système démocratique en ce qu’il
assure la participation des citoyens aux choix politiques et garantit aux
gouvernés la possibilité de choisir leurs gouvernants. Elle observe que l’action
politique doit être fondée, en dernier ressort, sur la vérité de l’homme, afin
que les idées et les convictions ne soient pas détournées au profit d’un petit
nombre de personnes.
Vous avez bien voulu relever, Monsieur l’Ambassadeur, les
efforts qu’avec mes collaborateurs je poursuis afin de venir en aide aux peuples
qui souffrent encore de la guerre. C’est mon souhait ardent, en effet, que la
paix devienne une réalité dans la famille des nations. En raison de notre foi,
nous sommes plus particulièrement appelés, chrétiens et musulmans, à être des
artisans de paix. Pour les Livres sacrés des différentes religions, l’aspiration
à la paix et sa réalisation occupent une place considérable dans la vie de l’homme
et dans ses rapports avec Dieu. On peut même dire qu’une vie religieuse
authentiquement vécue produit des fruits de fraternité et de paix, car il est
dans la nature de la religion de favoriser des relations toujours plus
solidaires entre les hommes, précisément par des liens toujours plus étroits
avec la divinité.
Vous me permettrez de saisir l’occasion de cette rencontre
pour saluer, par votre entremise, la communauté catholique de votre pays, qui,
en famille unie dans la joie et dans la peine autour de son pasteur, Monseigneur
Fouad Twal, s’efforce de promouvoir la charité, la justice et la compréhension
au service de tous les Tunisiens. Les efforts que les catholiques déploient
notamment dans la formation des jeunes et dans des œuvres d’assistance, les
contacts amicaux qu’ils cherchent à entretenir avec leurs compatriotes d’autres
croyances, sont une contribution qu’ils ont la joie d’apporter à la vie de leur
pays.
Votre présence ici, Monsieur l’Ambassadeur, raffermira, j’en suis sûr, les
liens qui existent déjà entre la Tunisie et le Saint-Siège, et je m’en réjouis.
Au moment où commence votre mission, je vous adresse mes souhaits sincères.
Soyez assuré que vous trouverez au Vatican un accueil attentif et une
compréhension cordiale auprès de mes collaborateurs.
Sur Votre Excellence, sur
Monsieur le Président de la République, le gouvernement et le peuple tunisiens,
j’invoque de grand cœur l’assistance du Très-haut et l’abondance des
Bénédictions divines.
*Insegnamenti di Giovanni Paolo II, vol. XVII, 2 p. 810-812.
L'Attività della Santa Sede 1994 p. 863-864.
L’Osservatore Romano 20.11.1994 p.5.
L'Osservatore Romano. Edition hebdomadaire en langue française n.51 p.8.
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