Monsieur l'Ambassadeur,
Soyez le bienvenu au Vatican; c'est pour moi un plaisir d'accueillir
Votre Excellence à l'occasion de la présentation des Lettres
qui L'accréditent comme Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire
de l'État du Koweit auprès du Saint-Siège.
Je vous remercie des salutations que vous m'avez transmises de la part
de Son Altesse l'Émir Sheikh Jaber Al-Ahmad Al-Sabah. En retour,
vous voudrez bien lui faire part, ainsi qu'au peuple koweitien tout
entier, de mes sentiments d'estime et de mes vux cordiaux de bonheur
et de prospérité; je prie le Très-Haut d'accorder à
tous de vivre dans la fraternité et la solidarité.
Je me réjouis de savoir que dans votre pays la communauté
catholique jouit de la faculté de professer librement sa foi. En
effet, comme j'ai souvent eu l'occasion de le déclarer, la liberté
religieuse constitue le cur même des droits humains. Dans la
profession de sa religion, la personne exprime ses aspirations les plus
profondes et développe ce qui lui est le plus intime : son intériorité,
le sanctuaire de l'être qu'aucune personne ne peut fracturer. Aussi
est-il indispensable que chacun puisse suivre sa conscience en toute
circonstance et que personne ne le contraigne à agir contre elle.
D'autre part, le droit à la liberté religieuse, aujourd'hui
reconnu par la plupart des États, "inclut celui de manifester
sa croyance, seul ou avec d'autres, en public ou en privé" (Message
pour la Journée mondiale de la Paix 1999, n. 5).
La paix au Moyen-Orient, et particulièrement dans la région
du Golfe, est une préoccupation constante du Saint-Siège. En
effet, le recours à la guerre ne peut régler les problèmes
entre les nations. Seule la voie de la paix est digne de l'homme ! Il est
urgent que disparaissent tous les germes d'antagonisme qui demeurent
encore. Les suites néfastes des guerres qui ont meurtri les peuples
de votre région entretiennent des divisions et des tensions. Pour
les dépasser, il est donc à espérer que les problèmes
humains liés aux derniers conflits, en particulier le retour des
prisonniers de guerre dans leurs familles, trouveront une solution rapide,
afin de permettre la consolidation du nécessaire processus de réconciliation
entre les peuples de la région. Je souhaite vivement que chaque
nation puisse voir respecté son droit à l'existence et à
la paix et vivre dans des dispositions pacifiques et solidaires à
l'égard des autres.
J'ai accueilli avec intérêt, Monsieur l'Ambassadeur, ce que
vous m'avez dit de l'appui apporté par votre pays au dialogue entre
les musulmans et les chrétiens. L'Église catholique pour sa
part s'est engagée résolument sur la voie d'une rencontre
fraternelle entre les hommes afin de favoriser la paix et la solidarité
entre les peuples. En progressant toujours plus dans la connaissance
mutuelle et en s'engageant généreusement à promouvoir
les valeurs essentielles de l'homme, comme le droit à la vie et au
développement matériel et spirituel, les croyants
contribuent à manifester pleinement la dimension trancendante de l'être
humain et à répondre aux aspirations légitimes des
personnes et des peuples pour le bien de l'humanité entière.
La convivialité pacifique entre les croyants est une forme de
respect du dessein de Dieu qui a voulu que les hommes constituent une
seule famille et entretiennent des relations fraternelles. Chrétiens
et musulmans sont appelés à unir leurs efforts pour
participer à une lutte digne de l'homme, celle qui s'oppose aux désordres
de ses passions, à toutes les formes d'égoïsme, aux
tentatives d'asservissement du prochain et à toutes sortes de haine
et de violence, c'est-à-dire à tout ce qui est à
l'opposé de la paix et de la réconciliation (cf. Message
pour la Journée mondiale de la Paix 1999, n. 7).
Vous me permettrez, Monsieur l'Ambassadeur, de saluer chaleureusement,
par votre intermédiaire, la communauté catholique du Koweit.
Unie à son Évêque, elle rend à Dieu le témoignage
d'adoration qui lui est dû et ses membres participent, selon leurs
compétences, au développement du pays. J'invite tous les
catholiques à vivre avec une ardeur renouvelée, entre eux et
avec tous, le commandement nouveau que nous a laissé le Seigneur Jésus.
En cette année du grand Jubilé, je les encourage à
demeurer fermes dans la foi et à la vivre dans la confiance, en
mettant leur espérance en Celui qui ne cesse de guider l'humanité
vers sa véritable destinée.
Au moment où vous commencez votre mission, je vous présente
mes vux les meilleurs pour la noble tâche qui vous attend. Je
vous assure que vous trouverez toujours auprès de mes
collaborateurs un accueil attentif et une compréhension cordiale.
Sur Votre Excellence, sur Son Altesse l'Émir de l'État du
Koweit, et sur tous les Koweitiens, j'invoque de grand cur
l'abondance des Bénédictions du Tout-Puissant.
*Insegnamenti di Giovanni Paolo II, vol. XXIII, 1 p.951-953.
L'Osservatore Romano
26.5.2000 p.9.
L'Osservatore Romano. Edition hebdomadaire en langue
française n.23 p. 8, 9.
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