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LETTRE DU PAPE PAUL VI
À S.E. U THANT, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DES NATIONS UNIES*

 

A Son Excellence U Thant
Secrétaire général des Nations Unies

Nous avons appris que le Conseil d’administration du Programme des Nations Unies pour le Développement se réunirait prochainement à Milan pour y tenir sa seconde session. A cette occasion, Nous sommes heureux de lui adresser ce message de respectueuse sympathie et d’encouragement.

Poursuivant les travaux précédemment financés et administrés par le Programme élargi d’assistance technique et le Fonds spécial des Nations Unies, le Programme des Nations Unies pour le développement met en œuvre ses initiatives en vue d’accélérer l’évolution économique et sociale des pays retardés. Comment ne Nous réjouirions-Nous pas de voir des hommes compétents et responsables se réunir pour mettre en commun les moyens que leur donne la communauté internationale des nations en vue de favoriser le progrès physique, intellectuel et spirituel, des plus défavorisés de ses membres?

C’est l’homme en effet dans son intégralité que le développement veut promouvoir harmonieusement, et c’est donc une triple faim qu’il s’agit de combler, alors que les nécessites et les inquiétudes se font chaque jour plus pressantes. De cette misère physique, intellectuelle et spirituelle, le Programme des Nations Unies pour le développement a une vue toujours plus nette, avec la volonté d’y remédier. Mais il faut pour cela que le monde entier prenne conscience que la misère n’est pas seulement un mal insupportable pour celui qui en est la victime, mais qu’elle doit l’être aussi pour tout homme digne de ce nom. Permettre à l’homme de survivre, certes, mais lui fournir aussi les moyens de vivre pleinement, comme une personne apte à fonder une famille et à donner une éducation satisfaisante à ses enfants: telles sont les tâches qui appellent le concours désintéressé de tous les hommes de bien, par-delà toutes les différences de nation, de race, de culture et de religion. Aussi bien, l’homme d’aujourd’hui doit s’en convaincre chaque jour davantage: c’est de sa propre existence qu’il s’agit, et non d’une aide facultative et de secours d’urgence. Ce sont toutes les ressources humaines qu’il importe de mobiliser, et il ne suffit pas de donner de son avoir, il faut encore y apporter le meilleur de son être. La paix à laquelle le monde aspire ne se construira qu’à ce prix, car, comme on l’a dit très justement, «le développement est le nouveau nom de la paix».

Telles sont les pensées que Nous inspire la prochaine réunion de Milan et que Nous avons estimé utile de vous communiquer, dans notre désir de ne rien épargner pour assurer, avec la féconde collaboration de tous les hommes de bonne volonté, la paix dans la vérité, la justice, la charité, et la liberté.

C’est dans ces sentiments que Nous appelons de grand coeur sur Votre Excellence, sur Monsieur Paul G. Hoffman, Directeur du Programme des Nations Unies pour le développement, et sur tous ceux qui participent à cette session, l’abondance des divines Bénédictions.

Du Vatican, le 26 mai 1966.

PAULUS PP. VI


*AAS 58 (1966), p.479-480;

Insegnamenti di Paolo VI, vol. IV, p.331-332,

L’Osservatore Romano, 8.6.1966, p.1;

ORf n.24 p.1;

La Documentation catholique, n.1474 col.1174-1175.

 

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