 |
LETTRE DU PAPE PAUL VI AU CARDINAL PAUL
EMILE LÉGER, ARCHEVÊQUE DE MONTRÉAL
A Notre Vénérable Frère le Cardinal Paul Emile Léger, Archevêque de
Montréal Vénérable Frère et cher Fils,
Au moment où vous vous apprêtez à quitter votre ville épiscopale et votre terre
natale pour aller en Afrique vous consacrer au service des lépreux et des
missions, c’est pour Nous un besoin du cœur de vous dire par un message
personnel Notre émotion et Notre intime participation a la grave et noble
décision que vous venez de prendre.
Notre reconnaissance va d’abord au Père et Pasteur d’âmes de l’archidiocèse de
Montréal qui pendant plus de dix-sept ans s’est dévoué inlassablement avec
compétence et charité à la portion du Peuple de Dieu qui lui avait été confiée.
Elle va ensuite au membre de l’épiscopat du Canada qui, en collaboration avec
ses collèques, a su imprimer à son pays l’esprit d’accueil et d’ouverture qui
caractérise l’Eglise contemporaine. Elle va enfin au membre illustre du Sacré
Collège qui, aussi bien par son travail au sein des Congrégations romaines dont
il fait partie que par son activité lors du deuxième Concile Œcuménique du
Vatican et du premier Synode des évêques, a contribué avec tant de zèle à
l’«aggiornamento» de l’Eglise catholique. Et voici qu’après avoir tant prêché
avec éloquence l’Evangile, vous allez le vivre de manière émouvante, incessant
rappel pour chacun des exigences de son message et de la force de son amour.
Maintes fois déjà l’occasion Nous a été donnée de vous marquer Notre
bienveillance. Aujourd’hui, où vous commencez une nouvelle période de votre vie
sacerdotale et apostolique, Nous voudrions vous la renouveler et la confirmer.
Maintenant que répondant à un appel d’en haut, vous avez choisi, à la suite et à
l’exemple de notre Maître et Seigneur, de devenir, selon une vocation tout à
fait spéciale, pauvre avec les pauvres, infirme avec les infirmes et faible avec
les faibles, Nous Nous sentirons encore plus étroitement uni à votre personne et
à ceux qui demeureront les enfants préférés de notre Père des Cieux et des
membres privilégiés de la sainte Eglise: les souffrants, les déshérités, les
malheureux, c’est-à-dire tous ceux qui, dans la société humaine, ont
particulièrement besoin de compréhension, d’assistance et d’aide.
En témoignage de cette reconnaissance et de cette bienveillance, et comme gage
des grâces abondantes que Nous invoquons très volontiers sur votre personne, sur
le clergé et les fidèles de Montréal, sur la noble terre canadienne, ainsi que
sur les pauvres, les malades et les chrétiens que vous allez rejoindre sur le
continent africain, si cher à Notre propre cœur, Nous vous accordons, vénérable
Frère et cher Fils, une particulière et affectueuse Bénédiction Apostolique.
Du Vatican. le 1er Décembre 1967.
PAULUS PP. VI
|