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Lettre
du pape paul VI
SIGNÉE PAR LE CARDINAL VILLOT
À L'OCCASION DU CONGRÈS DE
STRASBOURG
Il Santo Padre, tramite una lettera in francese del
Segretario di Stato, Cardinale Giovanni Villot, fa pervenire al signor Yves
O'Mahony, presidente dell'Unione Nazionale dei Genitori delle Scuole del
Libero Insegnamento (UNAPEL), che ha tenuto, nei giorni 17 e 18 maggio, un
interessante Congresso a Strasburgo, il proprio apprezzamento per la preziosa
opera di approfondimento sulle prospettive dell'educazione libera cattolica
discussa in seno all'Unione.
Monsieur le Président,
les frèquents encouragements de Sa Sainteté Paul
VI à l'Enseignement catholique sont l'écho fidèle et persévérant des
positions du Concile Vatican II (Cfr. Gravissimum Educationis, 8 et 9).
Appreciant cette fermeté et ce soutien du Premier Responsable de l'Eglise, vous
avez récemment confié à son attention et à sa prière les travaux du
Congrès de Strasbourg. Vous avez également souhaité qu'il fortifie encore de
sa parole les nombreux participants et tous ceux qu'ils représentent. Sensible
à votre démarche courtoise et à votre profonde confiance, le Saint-Père m'a
chargé de vous remercier et de vous exprimer ainsi qu'aux chers Congressistes,
son chaleureux appui.
Au siècle dernier, et plus récemment encore, les
catholiques de France durent militer pour la liberté de l'Enseignement. Les
tensions ont mis du temps à s'apaiser. Depuis une vingtaine d'années surtout,
le pluralisme scolaire a fait son chemin dans les esprits. Chacun soit qu'il est
fondé non point sur la supériorité de l'enseignement public sur l'enseignement
privé, ou vice-versa, mais sur la reconnaissance et le respect de différences
légitimes et bienfaisantes, et donc sur le droit des parents à choisir l'éducation
conforme à leur conscience. D'ailleurs, cette liberté de l'Enseignement
catholique, obtenant peu à peu les moyens de s'exercer, comme il est normal
dans une véritable démocratie, n'est-elle pas, pour sa part, un remède aux
dangers des monopoles, tout en servant le bien commun? Ceci étant, les Ecoles
et les Collèges catholiques ont utilisé leur espace vital reconnu, pour
progresser dans l'approfondissement et l'usage de leurs libertés. C'est
pourquoi après des impulsions données par les Congrès de Lyon et d'Angers,
les journées de Strasbourg ont raison de faire le point sur la qualité de vie
des «institutions libres». Les films relatant des expériences de communauté
éducative, de renouveau pédagogique, d'activités para-scolaires et d'animation
spirituelle, pourront ouvrir des chemins de réflexion et de dialogue.
Depuis quelques années, Professeurs et Elèves,
Parents et Aumôniers ont multiplié les rencontres d'amitié et de réflexion.
Que de soirées et même de journées entières sont généreusement données
par les uns et les autres pour se connaître et collaborer toujours davantage!
C'est même leur devoir, le cas échéant, de favoriser loyalement la mise en
commun des forces et des moyens éducatifs entre les institutions d'une même
cité. Le Saint-Père est informé de tout cela et vous encourage vivement à
poursuivre cette route exigeante et féconde. Les tensions qui découlent
naturellement de la diversité des âges, des caractères, des méthodes
pédagogiques, des convictions sociales et politiques, ne sauraient vous
impressionner outre mesure et vous faire perdre de vue le pourquoi de la
liberté de l'enseignement.
Ensemble vous voulez rendre les Institutions
catholiques toujours plus formatrices de l'homme, d'un homme libre et
responsable, capable de vivre au dedans de lui-même jusqu'au dialogue intime
avec Dieu, capable d'exister au milieu du monde jusqu'à s'engager pour les
valeurs qui construisent toujours et partout la personne, la famille, la cité,
la communauté internationale, dans la justice et la paix. Cette vision de l'homme,
sans cesse inspirée de l'Evangile, n'est-elle pas le fond du projet éducatif
que vous vous efforcez de vivre ensemble? A bon droit, vous tenez à des
structures autonomes de formation pour les maîtres chrétiens, appelés à s'imprégner
de cette vision et à la proposer fidèlement aux jeunes, et aux jeunes de tous
les milieux. Dans une société éprise d'efficacité et tentée de privilégier
une élite, 1'Eglise encourage très vivement les Etablissements catholiques à
ouvrir leurs portes aux enfants de condition modeste, aux enfants retardés dans
leurs études, aux handicapés physiques et mentaux, aux enfants de migrants. En
vérité, les écoles privées peuvent heureusement témoigner qu'elles assurent
elles aussi un service public!
Dans le domaine du renouveau pédagogique, des
maîtres chrétiens ne sauraient oublier l'incomparable sagesse éducative de
Jésus ni la riche tradition scolaire de 1'Eglise. Il est légitime et
profitable de penser à tous ceux qui ont su inventer une méthode d'enseignement
et un style d'éducation, répondant aux besoins de leur temps, tels saint
Jean-Baptiste de la Salle et Saint Jean Bosco. Il faut souhaiter que Professeurs
et Elèves utilisent à fond les libertés de leurs Maisons d'Education pour
imaginer et conduire à terme des expériences positives de travail scolaire et
d'activités para-scolaires.
Par là il faut entendre des expériences
susceptibles de promouvoir la personnalité des différents partenaires, en leur
communiquant peu à peu le secret de 1'adaptation à un monde sans cesse mouvant,
dans une rigoureuse fidélité aux valeurs essentielles. Adultes et jeunes y
trouveront leur compte. Les enseignants, sans démissionner de leurs graves
responsabilités, deviendront des conseillers, des orienteurs, et pourquoi pas
des amis? Les élèves, sans rejeter systématiquement l'ordre et l'organisation
absolument nécessaires à leur formation, deviendront des coresponsables, des
coopérateurs et en un certain sens des co-éducateurs. L'enjeu de ces nouvelles
relations de travail est considérable: construire un monde où les jeunes
auraient envie de devenir adultes en regardant ce que les adultes acceptent d'être
près d'eux, et peut-être par eux: des hommes qui cherchent à servir au mieux
leur milieu et leur époque. En d'autres termes, une telle éducation consiste
à aider les jeunes à épanouir leur jeunesse d'esprit et de cœur et les
adultes à la conserver sans cesse.
Enfin le Saint-Père demande instamment aux
Professeurs et aux Parents d'intensifier leur collaboration au ministère
catéchétique et à l'animation spirituelle dont les aumôniers demeurent les
premiers responsables. Insister uniquement sur les difficultés actuelles et
réelles de l'éducation de la foi, que demeure le spécifique des institutions
catholiques, finit par décourager tout le monde. Certes les mutations
culturelles engendrent chez certains une crise profonde: c'est non seulement le
langage, c'est le contenu de la Foi qui est mis en question. Mais pourquoi
douter des Jeunes? Sans pouvoir ou sans vouloir l'exprimer toujours, ils
cherchent quelque chose d'autre que le relatif et le contingent. N'est-ce pas le
signe qu'ils ont faim et soif de Dieu? Par exemple, les Jeunes qui viennent à
Rome à l'occasion de l'Année Sainte se montrent enthousiastes de leur
expérience concrète de 1'Eglise universelle et aussi de leur rencontre avec le
Pape.
Il demeure que beaucoup d'adolescents, même dans
les Institutions catholiques devenues en ce sens missionnaires, ressemblent
davant,age aux catéchumènes des premiers siècles qu'aux chrétiens d'il y a
cinquante ans. Et c'est pourquoi de nombreux éducateurs de la Foi se soucient
de donner une tournure catéchuménale aux rencontres de réflexion qu'ils ont
avec les jeunes. Ils font très attention au langage, aux méthodes, à l'apport
des sciences humaines et aux étapes d'une adhésion libre. Le Saint-Père
souhaite que ces moyens, importants assurément, ne submergent jamais la
finalité même de la catéchèse qui est conversion personnelle à
Jésus-Christ, en Eglise. Le renouveau catéchétique, alimenté à la
théologie contemporaine et marqué par les sciences psycho-sociologiques, a
besoin plus que jamais d'être complété par un retour aux sources d'e vie
spirituelle: expériences de prière, partage de la Parole de Dieu, digne
célébration des sacrements, week-end spirituels, sejours près des
contemplatifs, etc. . . . D'ailleurs, les jeunes eux mêmes reprennent les
chemins du contact avec Dieu. Pour 1'Eglise de demain, c'est un signe d'espérance.
Tels sont les sentiments, les encouragements et les
souhaits que le Saint-Père avait à cœur d'exprimer aux Congressistes de
Strasbourg et à tous ceux qui animent ou reçoivent l'a formation humaine et
chrétienne, dispensée dans les Ecoles catholiques de France. Sa Sainteté
redit à tous son estime, sa confiance, et les bénit au nom du S'eigneur.
Formant moi-même des vœux cordiaux pour la pleine
réussite du présent Congrès, je suis heureux, cher .Monsieur le Président,
de vous renouveler l'assurance de mon fidèle dévouement.
GIOVANNI Card. VILLOT
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