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MESSAGE DU PAPE PAUL VI
POUR LA IVème JOURNÉE MONDIALE
DES COMMUNICATIONS SOCIALES
 

«Les communications sociales et la jeunesse»

1969
 

Chers Frères et Fils,
Vous tous, hommes de bonne volonté,
Vous surtout, jeunes du monde entier,

La journée mondiale des communications sociales rejoint cette année, Nous en sommes sûr, une de vos préoccupations essentielles: «Les communications sociales et la jeunesse». Qui en effet ne prend conscience de notre immense responsabilité à tous, devant l’histoire et devant Dieu, dans l’usage des possibilités extraordinaires que ces moyens nous donnent pour aider les jeunes à s’informer, à se former, à découvrir les vrais problèmes du monde, à rechercher les valeurs authentiques de la vie, à assumer leur vocation d’hommes et de chrétiens?

Oui, c’est vraiment une interpellation brûlante pour tous les hommes de bonne volonté, pour les organisations privées, nationales et internationales, pour l’Eglise aussi: hommes, quelle jeunesse surgira demain dans cet univers que vous lui construisez aujourd’hui? Jeunes, quelle société allez-vous réaliser lorsque vous prendrez en mains à votre tour les destins du monde?

Frères et Fils, à tous Nous voulons dire, dans la conscience aiguë de notre responsabilité pastorale: demain sera ce que nous l’aurons fait, avec la grâce de Dieu.

Or, est-il besoin de le rappeler encore, alors que le phénomène prend chaque jour une plus vaste ampleur, presse, radio, cinéma, télévision tendent à recouvrir, voire à supplanter ce que les contacts familiaux, scolaires et paroissiaux, ce que l’enseignement des maîtres et des éducateurs, bref, tout ce que les moyens traditionnels de la culture, permettaient aux générations d’hier de transmettre à leurs héritiers. Aujourd’hui ce sont de nouvelles sources de savoir et de culture qui jaillissent, avec leur puissant pouvoir d’imprégnation sur les sensibilités comme sur les intelligences, et tout ce cortège de résonances imaginaires et idéologiques qu’entraînent les images sonores et visuelles.

Merveilleux moyens en vérité, d’ouverture, de contact, de communications, de participation. Mais, qui ne le voit, à condition précisément de rester des moyens au service d’une fin, la seule qui soit digne de ce nom: le service de l’homme, de tout homme et de tout l’homme (Cfr. Populorum progressio, 14); et non pas au contraire ce que nous voyons trop souvent: l’utilisation, par une industrie qui se fait sa propre fin, des jeunes et des enfants, comme autant de consommateurs faciles à entraîner sur les pentes de l’érotisme et de la violence, ou sur les chemins périlleux de l’incertitude, de l’anxiété et de l’angoisse. Il n’est pas trop de la conspiration de tous les honnêtes gens pour pousser enfin un cri d’alarme, et mettre un terme à des entreprises qu’il faut bien appeler: corruptrices.

Qui ne saisit dès lors l’urgence d’utiliser les moyens de communication sociale et leur langage émotionnel, à travers le son, l’image, la couleur et le mouvement, pour en faire les modernes instruments des échanges humains capables de répondre à l’attente de la jeunesse? Chance inouïe que cette profusion de nourriture, si elle est saine, si l’organisme est préparé à la recevoir, s’il peut l’assimiler aussi et n’en pas être intoxiqué! Oui, sans aucun doute, merveilleuse possibilité pour tant de jeunes: trouver une détente de choix, acquérir une information étendue et pour certains une formation première à la lecture et à l’écriture - nous tenons à le rappeler en cette année mondiale de l’éducation, voulue par les Nations-Unies à l’aube de la deuxième décennie du développement -, accéder à une culture de qualité, éprouver le goût des valeurs authentiques de fraternité, de paix, de justice, de bien commun.

Tâche immense, exaltante en vérité, pour tous ceux qui mettent en œuvre ces moyens gigantesques au service des jeunes. Mais à quoi servirait tout cela si parents et éducateurs n’aidaient ces jeunes à choisir, à juger, à intégrer ce qui leur est proposé, pour devenir eux-mêmes hommes et chrétiens à part entière; et si les jeunes eux-mêmes demeuraient passifs, comme fascinés par ces puissantes sollicitations, englués dans le désir, et incapables de le dominer avec maîtrise?

Qui saura enfin apporter aux jeunes ce message de vie authentique, loyal et courageux que plus ou moins consciemment ils attendent? Des centaines de millions d’hommes ont communié dans le même enthousiasme devant les images étonnantes des premiers pas de l’homme sur la lune. Qui saura les unir dans la même ferveur autour du Dieu d’amour qui est venu marcher d’un pas d’homme sur notre terre, pour «nous appeler tous à participer en fils à la vie du Dieu vivant, Père de tous les hommes?» (Cfr. Populorum progressio, 21).

A tous les pasteurs, à tous ceux qui, nombreux, Nous le savons, prêtres, religieux, religieuses et laïcs, s’emploient avec ardeur à chercher à travers les mass-média ce nouveau langage qu’il faut trouver pour annoncer aux jeunes cette bonne nouvelle, qui demeure toujours une nouvelle étonnante, nous disons notre encouragement le plus vif. Qui douterait en effet que les jeunes d’aujourd’hui ne soient en attente de cette annonce, qu’ils n’aient soif de ce témoignage, et qu’ils ne sachent reconnaître eux aussi avec une joie profonde, celui qui est lui-même la réponse à leurs interrogations les plus radicales et les plus déconcertantes, lui qui est «devenu pour nous sagesse, justice et sanctification, rédemption?» (1 Cor. 1, 30.).

«Jeunes, cherchez le Christ pour rester jeunes» (S. AUG. Ad fratres in eremo, sermo XLIV): c’est notre vœu, c’est notre prière.

Avec le souhait que parents, éducateurs, producteurs, réalisateurs, utilisateurs des moyens de communication sociale, mettent à profit cette journée mondiale qui leur est consacrée, pour une utile réflexion et de fécondes résolutions pour le plus grand bien de la jeunesse, Nous adressons à tous Notre affectueuse et confiante Bénédiction Apostolique.

Du Vatican, le 6 Avril 1970. En la fête de l’Annonciation de Notre Seigneur.
 

PAULUS PP. VI

                       

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