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MESSAGE-RADIO DU PAPE PAUL VI
À LA NATION BELGE

Jeudi 12 décembre 1963

       

Chers Fils de Belgique,

Nous saisissons avec joie l’occasion qui Nous est offerte de Nous rendre présent au milieu de vous par le moyen de la télévision, et de vous exprimer directement les sentiments d’estime et d’affection qui Nous attachent depuis longtemps à votre Pays.

Dès le temps de Nos annges d’étude, Notre attention avait été attirée bien souvent par les pages glorieuses de votre histoire nationale, par le rayonnement de vos Universités, notamment celle de Louvain, par l’importance de la contribution de vos penseurs, des vos théologiens, de vos sociologues, de vos missionnaires, à l’enrichissement du patrimoine de l’Eglise. La plus respectueuse vénération Nous animait à l’égard de la noble figure de votre grand Cardinal Mercier, et les contacts que Nos fonctions Nous amenèrent à avoir par la suite avec bon nombre de représentants de votre vie culturelle, politique et religieuse Nous permirent d’apprécier toujours davantage les qualités qui valent au peuple belge l’estime générale: son sérieux, son amour du travail, sa générosité, sa vaillance dans la défense du sol natal. Deux fois, en moins d’un demisiècle, votre patrie a connu, dans des circonstances particulièrement douloureuses, les souffranc;s sans nom de la guerre moderne: deux fois aussi elle a su montrer au monde jusqu’à quels sommets d’héroïsme peuvent s’élever l’ardeur d’un patriotisme éclairé, d’une endurance invincible, d’une espérance dont la flamme refuse de se laisser étouffer.

Les vertus qui, sous le coup de l’épreuve, se manifestèrent avec tant d’éclat, vous avez su aussi les appliquer aux oeuvres de la paix. Et Nous avons encore présente à l’esprit l’étonnante réussite de cette Exposition Internationale de Bruxelles, dont vous avez été les principaux artisans, et où le pavillon du Saint-Siège attestait la présence de l’Eglise et son intérêt pour cette grandiose manifestation de la culture et de la technique moderne.

L’Eglise, vous le voyez, aime et estime votre Pays. Elle connaît les services rendus par vos monastères aux grandes causes de la Liturgie et de l’oecuménisme. Elle n’oublie pas que c’est au cceur d’un de vos fils qu’est né ce vaste et splendide Mouvement apostolique de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne, répandu aujourd’hui dans les cinq continents. Elle ne saurait davantage oublier, enfin, que jusqu’aux extrémités de la terre, la Belgique envoie l’élite de ses missionnaires et de ses religieuses.

Traditions de culture humaine et chrétienne, de générosité apostolique, de fidélité à la patrie et au Saint-Siège: voilà la part la plus choisie du riche patrimoine dont vous êtes les heureux dépositaires. Nous le disions à vos Evêques lors d’une récente audience: «que rien ne se perde de ce précieux capital, et que non seulement il ne soit pas compromis par de stériles querelles, mais qu’il soit de mieux en mieux exploitg et mis en valeur».

Nous avons confiance, chers Fils de Belgique, que vous accepterez de Nos lèvres cette même exhortation, inspirée - Nous le disons dans la sincérité de Notre âme - par le seul amour de votre Pays et par le seul souci de son véritable bien. Vous n’oublierez pas que c’est dans l’union de tous ses fils que la Belgique pourra continuer à répondre à sa vocation historique, apporter sa note bienfaisante dans le concert des nations et donner toute l’extension désirable à son rayonnement européen et mondial.

C’est la grâce que Nous demandons à Dieu pour votre cher Pays, tandis que Nous invoquons de grand coeur sur ses dignes Souverains - qui le représentaient, nous ne l’avons pas oublié, à la cérémonie de Notre couronnement - sur ses Gouvernants, sur sa Hiérarchie et sur tout son peuple laborieux et fidèle, les plus abondantes bénédictions divines.

Wij geven aan U allen, dierbare zonen en dochters, van ganser harte, onze vaderlijke zegen.

      

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