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DISCOURS DU
PAPE PAUL VI AU CONSEIL CENTRAL DE L'OFFICE INTERNATIONAL DE
L'ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE
Mercredi
12 février 1964
Chers Fils, Membres du Conseil Central de l’Office
International de l’ Enseignement Catholique,
Vous n'avez pas voulu laisser s’achever vos brèves journées
d’études sur les problèmes de votre Organisation sans venir Nous présenter
votre hommage filial: soyez les bienvenus! En Notre personne, c’est l’Eglise
qui vous accueille ici, cette Eglise pour laquelle vous travaillez, lorsque vous
vous dévouez, comme vous le faites, sur le plan international, à la grande
cause de l’enseignement catholique.
Votre «Office» - l’O.I.E.C., comme vous l’appelez - ne
Nous est pas inconnu. Nous étions Substitut de la Secrétairerie d’État
lorsqu’il se constitua à La Haye en 1952, grâce surtout à l’activité
déployée par le méritant Monseigneur Op de Coul, ce bon serviteur de l’Eglise,
dont Nous sommes heureux d’évoquer devant vous la pieuse mémoire. Depuis,
votre Organisation s’est magnifiquement développée. Elle représente aujourd’hui
plus de quatre-vingts nations et elle a l’audience de plusieurs des plus
hautes instances internationales. Nous Nous en réjouissons profondément et
Nous vous en félicitons.
Mais cette position même, acquise par l’activité de vos
devanciers et par la vôtre - et que se plaisait à reconnaître Notre
Prédécesseur Pie XII dans un des derniers discours de son glorieux pontificat
(Allocution à la 3ème Assemblée Générale de l’ O.I.E.C., 14
septembre 1958, A.A.S., L, 1958, p. 696) - augmente vos devoirs et vos
responsabilités. Il Nous semble entendre arriver jusqu’à Nous, en vos
personnes, la voix des trente millions d’enfants éduqués dans les écoles
catholiques du monde entier: ceux qui seront un ferment dans la société de
demain, et contribueront à lui donner sa physionomie et son orientation.
Vous sentez comme Nous combien de réflexions suggère une
pareille perspective! Quelle sera la part du facteur spirituel, en général,
dans ce monde qui se transforme sous Nos yeux? quelle y sera, en particulier, la
place de l’ école catholique? Comment celle-ci devra-t-elle évoluer, s’
adapter, s’insérer dans les structures, si diverses suivant les Pays, tantôt
terres d’ ancienne chrétienté, tantôt jeunes Etats arrivés de nos jours à
l’ indépendance politique? Comment former, recruter, répartir les maîtres
auxquels l’ Eglise confie cette jeunesse pleine d’ entrain et toute tendue
vers un avenir riche de promesses? Toutes questions - entre bien d’ autres -
auxquelles votre Office est directement intéressé, et à la solution
desquelles il doit pouvoir apporter une contribution de premier ordre.
Votre position au plan international, le retentissement que
peuvent avoir des orientations prises par votre Conseil - ou, prochainement, à
Léopoldville, par votre Assemblée Générale - Nous font ressouvenir d’ une
maxime qui était chère à cet incomparable éducateur que fut S. Ignace de
Loyola: Quo universalius, disait-il, eo divinius: plus large, plus
universel est le rayonnement d’ une activité humaine, plus elle ressemble au
gouvernement divin. Vous pouvez donc dire comme Saint Paul, avec une humble
fierté, et peut-être à plus juste titre que d’ autres: Dei adiutores
sumus, nous sommes les coopérateurs de Dieu (1 Cor. 3, 9).
Coopérateurs dans l’ oeuvre incomparable qu’ est l’ éducation
chrétienne de la jeunesse, et coopérateurs à un titre spécial en vertu du
niveau élevé auquel se situent vos interventions.
Aussi Nous ne pouvons vous laisser comme consigne de meilleur
souhait et de meilleur encouragement que celui-ci: poursuivez votre action,
intensifiez-la, élargissez-la encore dans toute la mesure du possible, en
collaboration avec les autres Organisations internationales Catholiques
intéressées à vos problèmes, et toujours avec l’ accord et sous le
contrôle, comme vous le faites, des hiérarchies locales. Et Dieu veuille
bénir et faire fructifier au centuple vos bienfaisantes activités; Nous le lui
demandons de tout coeur, tandis que Nous vous accordons à tous en Son Nom, en
particulier à votre zélé Secrétaire Général Monsieur Lindemans, à vos
familles et à tous ceux que vous représentez ici, une très paternelle
Bénédiction Apostolique.
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