 |
DISCOURS
DU PAPE PAUL VI À L’UNION INTERNATIONALE DES PRODUCTEURS ET
DISTRIBUTEURS D’ENERGIE ELECTRIQUE
Mardi 27 avril 1965
Nous sommes heureux, Messieurs, d’accueillir ici un groupe de
personnalités aussi qualifiées que les vôtres. L’importance de l’Union
Internationale des Producteurs et Distributeurs d’Energie Electrique nous
apparaît à la fois au plan scientifique, par les données de base qu’elle
suppose; au plan technique, par la maîtrise et l’emploi de l’énergie électrique
qu’elle réalise; au plan de l’organisation, par les liaisons nationales et
internationales qu’elle assure, et qu’exige de plus en plus aujourd’hui
l’introduction de l’électricité dans tous les domaines de l’activité humaine.
Le rôle de l’électricité dans le monde moderne connaît en
effet une extension qui tient du prodige. Qui pourrait énumérer les services
qu’elle rend à l’homme et à la société? Et qui ne serait dans l’admiration
devant les grandes centrales de production d’énergie électrique, dont la
construction est sans conteste une des réalisations les plus étonnantes du génie
humain à notre époque?
Nous Nous souvenons de Notre émerveillement lorsqu’au cours
d’un voyage à travers l’Afrique, en 1962, il Nous fut donné de voir en Rhodésie
le grand barrage de Kariba, sur le fleuve Zambèze, et au Ghana celui d’Akosombo
sur la Volta: ouvrages d’art vraiment titanesques, auxquels travaillaient
d’ailleurs, entre autres, des ingénieurs et des ouvriers du diocèse de Milan, ce
qui accroissait encore pour Nous l’intérêt de cette visite.
Mais en présence de ces réalisations extraordinaires, une
question Nous vient spontanément à l’esprit: où trouver, en tout cela, un point
de référence avec les valeurs morales et religieuses que Nous représentons ? Y
a-t-il un lieu de rencontre entre votre activité et la Nôtre?
Permettez-Nous de répondre à cette question par l’évocation
d’un autre souvenir personnel, un peu plus ancien: celui de la visite que Nous
fîmes jadis à la gigantesque digue du Tirso, en Sardaigne. Inaugurée en 1923,
elle était alors, avec ses multiples arches, une des premières et des plus
grandes d’Europe. Nous n’oublierons jamais l’émotion avec laquelle, Nous
approchant pour lire la grande inscription dédicatoire, Nous vîmes qu’elle
commençait par ces mots: A Dio Padre . . . A Dieu le Père . . .
Le voilà, Messieurs, le point de rencontre entre vous et
Nous, entre ces deux univers qui pouvaient, au premier abord, sembler si
étrangers l’un à l’autre: celui de la religion et celui de la technique, le
monde visible et le monde invisible, l’activité de l’homme et le mystère de
Dieu. L’homme fait rendre au maximum les possibilités de son génie; il les met
au service des hommes; mais c’est finalement pour en faire hommage au Créateur,
de qui tout procède. Car sans cette référence à Dieu, principe et fin de toutes
choses, l’activité humaine, fût-elle la plus perfectionnée, demeurerait
incomplète. Ces forces de la nature que l’intelligence de l’homme canalise,
transforme, amplifie, c’est le Créateur qui les a mises entre vos mains.
Que votre préoccupation principale soit de tourner sans cesse
vos âmes vers Lui: de telle sorte qu’en distribuant à vos frères humains les
bienfaits de l’énergie électrique, vous ne quittiez jamais le souci d’alimenter
vos âmes aux énergies spirituelles que seul le contact avec Dieu peut leur
procurer.
Tel est le souhait que Nous formons à votre intention, chers
Messieurs, en vous accordant, comme gage de la divine assistance sur vos travaux
et sur vos familles, Notre Bénédiction Apostolique.
|