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DISCOURS DU PAPE PAUL VI
AUX PARTICIPANTS AU XV CONGRÈS INTERNATIONAL
DE LA PRESSE PÉRIODIQUE

Vendredi 30 avril 1965

 

Messieurs et Mesdames,

Nous sommes très honoré de ce qu’au terme de votre quinzième congrès international de la presse périodique vous ayez voulu Nous rendre visite, et c’est pour Nous un plaisir de vous souhaiter la bienvenue dans Notre demeure. Vous savez en effet – Nous avons déjà eu maintes occasions de le dire – combien tout ce qui touche à la presse et à l’information Nous est cher. Aussi est-ce avec un grand intérêt que Nous avons pris connaissance des documents si aimablement communiqués par votre distingué président, et que Nous avons parcouru la liste imposante des participants à cette rencontre romaine: directeurs, rédacteurs et éditeurs d’organes d’information, de périodiques spécialisés dans les domaines de l’art aussi bien que de l’économie, publications recouvrant le large éventail des préoccupations juridiques, culturelles, philosophiques, scientifiques, politiques, spirituelles et religieuses, aux divers niveaux de la recherche technique comme de la vulgarisation; à quoi il faudrait ajouter encore le vaste secteur des magazines qui cherchent à procurer la distraction et l’amusement dont l’homme d’aujourd’hui, souvent accablé par les servitudes de la vie quotidienne, est sans cesse plus friand.

Aussi la première pensée qui est la Nôtre en vous recevant est-elle de vous féliciter de votre belle vitalité. C’est comme un panorama de la culture mondiale contemporaine dans sa diversité que vous Nous présentez. C’est l’expression vivante de millions de lecteurs à travers le monde, que vous représentez et dont vous êtes le miroir. Et vous êtes en même temps la manifestation éloquente de ce besoin si foncier de l’homme, qu’il revendique à bon droit contre tous les totalitarismes: celui de penser librement, celui de pouvoir s’exprimer librement. C’est là sans nul doute l’une des meilleures acquisitions des temps modernes dont l’Eglise est la première, vous ne l’ignorez pas, à se réjouir de tout cœur avec vous, en souhaitant aussi avec vous que cette liberté d’opinion et cette liberté de la presse – Nous disons liberté, et non pas licence – ne restent pas, comme c’est encore le cas aujourd’hui, vainement inscrites au fronton de certaines constitutions, mais soient vraiment des droits imprescriptibles dont chacun, quel que soit son pays, puisse faire un usage raisonnable.

Ce sain usage de la liberté, vous le savez, appelle bien des commentaires, et il Nous plaît de relever comment vous-mêmes avez à cœur de dresser comme un code de déontologie de votre profession. Quand on exerce une profession comme la vôtre, quand on utilise des moyens de diffusion aussi puissants, quand on a de pareilles possibilités d’influente sur l’opinion publique, on ne peut certes en user à la légère. Si la nature même de vos périodiques vous contraint à une sélection, il importe que vos préférences légitimes ne vous entraînent jamais, pas plus à passer sous silence qu’à présenter d’une manière qui ne corresponde pas à son importance réelle, une information qui, de par son objet, relève du domaine recouvert par votre publication. Et, plus que jamais aujourd’hui, il importe de ne pas dégrader l’information en propagande, de ne pas faire appel aux moins nobles passions de l’homme, et de ne pas dresser, par des campagnes systématiques et orientées, des groupes de lecteurs contre d’autres groupes de concitoyens ou d’étrangers. C’est de nos jours un devoir rigoureux que de travailler à la compréhension mutuelle, et à la paisible intégration de tous au sein des communautés naturelles dont ils sont membres, dans la grande famille des hommes.

C’est dire que la liberté dont vous revendiquez à bon droit l’exercice ne doit jamais aller contre les droits de la vérité et contre les exigences du bien commun. Il s’agit d’un moyen utilisé en vue d’une fin: le meilleur service des personnes et des communautés.

Nous n’ignorons pas, certes, les exigences professionnelles qui pèsent parfois lourdement sur vous. Le fruit de votre travail est aussi une marchandise que le lecteur n’achète qu’avec l’espoir d’une lecture qui réponde à son attente. Sa diffusion n’est souvent possible que grâce à l’aliment de ressources publicitaires. Et l’importance de vos publications fait de vos maisons des entreprises économiques dont le développement n’est pas indifférent à la diffusion de vos écrits, et à la contribution que, selon les termes mêmes de vos Statuts, vous entendez apporter «au développement de l’éducation, de la science, de la culture et de l’économie». C’est cette perspective qu’il Nous plaît de relever, de même qu’il Nous est agréable de vous dire tout le plaisir que Nous avons eu en écoutant tout à l’heure votre président mettre l’accent sur les valeurs morales que vous entendez tous, non seulement respecter, mais servir.

Telle est, Mesdames et Messieurs, la manière dont Nous vous voyons. C’est avec intérêt, estime et sympathie que Nous constatons la vitalité de votre organisation et ses nombreuses ramifications à travers le monde. Nous Nous réjouissons avec vous de cette importance croissante de la presse périodique, et de la fécondité de vos travaux. Et Nous souhaitons que chacune et chacun d’entre vous ait toujours à cœur de mettre sa libre activité au service du bien commun, dans le respect mutuel, avec le souci de faire toujours mieux connaître, aux millions de lecteurs sur lesquels vous exercez une prodigieuse influence, la vérité sous ses multiples aspects, cette vérité pour laquelle est faite l’intelligence humaine, cette vérité dont Nous sommes Nous-même l’humble témoin et le messager.

C’est en formant ce vœu de vous voir toujours mettre votre influence au service de la Vérité et de la Bonté que Nous vous accordons de grand cœur, en gage de l’abondance des divines grâces sur vos travaux, Notre Bénédiction Apostolique.

We always seize with satisfaction any opportunity to express how very interested We are in the Press and the means of communication. And therefore it is a source of joy for Us to greet you, one and all, here today, you who are directors, editors and representatives of specialized periodicals. From your important work, one can see the panorama of contemporary world culture. You are also the living expression of man’s right to think and express himself in freedom. It is one of the acquisitions of modern times of which the Church is the first to rejoice with you in welcoming this wise liberty of opinion and this freedom of the press, when properly understood.

However when one exercises a profession such as yours, when one utilizes the means of communications and when one has the tremendous responsibility of influencing public opinion, it is necessary above all that one use these privileges, fraught with such importance, carefully and in accordance with the necessity of always seeking and expressing nothing but the truth, the good and the beautiful for the benefit of the common good.

In this hope, We are happy to invoke from Almighty God on your noble undertakings and deliberations an abundance of heavenly favours.

                                             

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