The Holy See
back up
Search
riga

DISCOURS DU PAPE PAUL VI
AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DU LIBAN*

Mardi 11 mai 1965

 

Monsieur le Président,

Vous accueillir aujourd’hui ici, au Vatican, en votre qualité de Président de la République du Liban, est pour Nous une joie profonde.

En raison de votre personne, d’abord. Et ce sont ici bien des souvenirs, anciens et récents, qui Nous reviennent en mémoire. Nous ne saurions oublier le brillant journaliste et le fin diplomate que Nous eûmes le plaisir d’introduire jadis auprès de Notre vénéré Prédécesseur Pie XII comme premier représentant de son Pays auprès du Saint-Siège. Les rapports que Notre fonction Nous mit alors en mesure d’entretenir avec Votre Excellence Nous permirent d’apprécier la profondeur de ses sentiments religieux, l’ampleur de sa culture, son intelligence et son tact dans le maniement des affaires. Et ces traits donnèrent vite à nos relations un caractère de cordialité qui allait bien au delà de la courtoisie officielle.

Ce fut sans étonnement que Nous vîmes, au cours des années suivantes, Votre Excellence accéder à des postes de responsabilité dans le Gouvernement libanais, jusqu’à ce jour d’août 1964 où la confiance de ses compatriotes la portait à la suprême magistrature de son Pays.

Dans cette nouvelle et haute charge, vous Nous accueilliez à l’aéroport de Beyrouth lors de cette étape si suggestive, permise par la Providence, au cours de Notre récent voyage en Inde: accueil grandiose, riche pour Nous d’émouvants et inoubliables souvenirs.

Mais en votre personne, c’est tout le Liban qui vient à Nous: le Liban riche de ses traditions ancestrales, certes; mais aussi le Liban moderne, qui affronte courageusement et avec réalisme les problèmes de son développement économique; le Liban qui reboise, qui met les terres en valeur, qui installe des centrales électriques, construit des routes, amène l’eau dans les villages; le Liban qui, avec ses Universités, ses écoles, ses organes de presse, ses réseaux de radio et de télévision, bat en brèche l’analphabétisme, répand l’instruction et la culture; le Liban ami du progrès, qui voit grandir chaque jour son autorité et son prestige au sein de la communauté internationale.

Parmi tant d’autres traits qu’on pourrait encore relever à la louange de votre peuple, vous ne serez pas étonné, Monsieur le Président, que Nous fassions une mention spéciale de ses caractéristiques spirituelles et religieuses. Le Liban est un pays de croyants. Le christianisme, en particulier, y a des racines anciennes, et l’Eglise catholique s’y est montrée, au cours des âges, féconde en institutions toujours nouvelles. C’est cette vitalité chrétienne de votre belle patrie libanaise que Nous avons voulu reconnaître et honorer en élevant tout dernièrement à la dignité cardinalice un de ses fils les plus illustres, le Patriarche de la vénérable communauté maronite.

Mais par là même, Nous rendions hommage à la nation tout entière, au sein de laquelle cohabitent pacifiquement, dans un harmonieux équilibre et pour le plus grand bien de la cohésion nationale, les familles spirituelles les plus diverses. Et cela aussi mérite d’être relevé, à l’éloge de votre Pays. Car cet esprit de paix et de concorde suppose un constant et méritoire effort pour faire triompher sans cesse les principes d’union, qui sont d’ordre spirituel et moral, sur les ferments de division qu’apportent si souvent dans les affaires humaines l’intérêt ou la passion. Ainsi travaille-t-on efficacement à l’avènement de la paix: la paix au sein des nations et la paix entre les nations; cette paix authentique, dont Notre Prédécesseur immédiat, dans une célèbre Encyclique, rappelait avec autorité qu’elle ne peut être fondée que sur les quatre impératifs de la vérité, de la justice, de la charité et de la liberté.

Puisse le Liban, Monsieur le Président, être dans le monde inquiet d’aujourd’hui un bon artisan de cette véritable paix: c’est le souhait que Nous Nous plaisons à formuler tandis que Nous vous souhaitons ici la bienvenue et vous accordons, comme gage de la protection divine sur votre personne et sur toute votre patrie, Notre Bénédiction Apostolique.

         


*AAS 57 (1965), p.515-517.

Insegnamenti di Paolo VI, vol. III, p.273-275.

L'Osservatore Romano. Edition hebdomadaire en langue française, n.21 p.1.

L'Osservatore Romano 12.5.1965, p.1.

La Documentation catholique, n.1450 col.1087.      

                         

top