The Holy See
back up
Search
riga

DISCOURS DU PAPE PAUL VI AUX MEMBRES
DE LA FONDATION SAINT THOMAS D’AQUIN DU CANADA

Vendredi 8 octobre 1965

 

Vénérables Frères et chers Fils,

Nous sommes heureux de recevoir les membres de la fondation Saint Thomas d’Aquin du Canada, conduits par Leurs Eminences les Cardinaux Maurice Roy et Michel Browne, accompagnés du Très Révérend Père Aniceto Fernandez, Maître Général des Frères Prêcheurs.

Cette agréable circonstance Nous permet de vous féliciter pour l’infatigable activité que vous déployez pour continuer l’édition léonine des œuvres de saint Thomas. Voulue par le grand Pape Léon XIII, cette initiative n’a cessé d’être encouragée par Nos Prédécesseurs. Qu’il Nous suffise de rappeler ici combien Pie XII avait recommandé au Révérendissime Père Gillet, au lendemain de la dernière guerre mondiale, de reprendre ce travail monumental pour le mener à son terme. Et voici que le Canada est devenu le principal héritier de cette glorieuse entreprise. Nous tenons, Messieurs, à vous féliciter de n’avoir pas craint d’affronter – dans une fraternelle collaboration – de lourdes dépenses et un labeur fort austère pour permettre à tous les savants de bénéficier d’une édition critique complète des textes du Docteur angélique. Vous êtes venus Nous présenter aujourd’hui le premier fruit remarquable de cet effort: l’édition critique de l’Exposito super Job, réalisation qui démontre l’activité de votre fondation, en même temps qu’elle met en valeur sa méthode rigoureuse de travail scientifique.

Nous vous en remercions de grand cœur. Car, en travaillant à poursuivre l’édition léonine, vous œuvrez pour la communication de la vérité et de la sagesse, dont saint Thomas fut et demeure un maître exemplaire, comme Nous avions, tout récemment encore, l’occasion de le rappeler au Congrès thomiste international. Par sa grandeur, l’œuvre de l’Aquinate mérite le respect de tous et appelle l’étude attentive, aussi bien d’elle-même que de la tradition de pensée qui s’y enracine. Et cette tradition de pensée, loin d’être périmée, a encore une mission à exercer de nos jours, dans les études philosophiques et théologiques au sein de l’Eglise. Le système thomiste se recommande déjà à l’attention de l’homme moderne par ses mérites pédagogiques, spéculatifs et spirituels. Mais le magistère de l’Eglise catholique le présente, de plus, comme une norme sûre pour l’enseignement des sciences sacrées.

Il ne faut pas craindre pour autant que cette fidélité à saint Thomas ferme les yeux sur le progrès de la pensée, spécialement dans le domaine scientifique. Vous le savez, Messieurs, par expérience, la fréquentation de saint Thomas, loin de porter à l’exclusivisme, au formalisme, et à l’abstraction, donne une formation solide et appropriée à l’art de bien penser, d’apprécier aussi, et de comprendre toutes les autres manifestations de l’esprit humain. C’est la fidélité intelligente qu’appelle un tel Maître.

Telles sont les propos que Nous suggère l’hommage que vous Nous présentez. Merci encore pour ce magnifique ouvrage que vous Nous avez apporté. Merci aussi pour vos efforts en vue de faire mieux connaître l’œuvre originale de saint Thomas, dont la pensée doit être encore aujourd’hui un levain fécond. De grand cœur Nous appelons sur vous tous, à commencer par Nos vénérables Frères les Cardinaux ici présents, l’abondance des divines grâces en gage desquelles Nous vous donnons Notre Bénédiction Apostolique.

                                       

top