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DISCOURS DU PAPE PAUL VI
AUX MEMBRES DU COMITÉ PERMANENT
DES CONGRÈS INTERNATIONAUX
POUR L’APOSTOLAT DES LAÏCS

Mardi 8 mars 1966

 

Chers Fils,

C’est pour Nous une grande joie d’accueillir les membres du conseil directeur, de la commission ecclésiastique, et du secrétariat du comité permanent des congrès internationaux pour l’apostolat des laïcs, avec un groupe distingué d’experts ecclésiastiques et laïcs appartenant à diverses organisations internationales catholiques et venus de plusieurs continents participer à cette rencontre préparatoire au troisième congrès mondial. Et Nous sommes heureux de saluer aussi les observateurs non-catholiques qui ont bien voulu se joindre à vous.

L’audience de ce matin évoque à Notre souvenir la préparation du premier congrès mondial, lors de l’année sainte 1950, ainsi que la création par le Pape Pie XII, de vénérée mémoire, du comité permanent, à la tête duquel Mr. Vittorino Veronese - que Nous sommes heureux de reconnaître au milieu de vous - se dévoua sans compter pour organiser les deux premiers congrès. Et Nous Nous souvenons avec émotion du deuxième congrès auquel Nous avions eu le privilège d’intervenir personnellement par un exposé sur la mission de l’Eglise.

Que d’événements se sont déroulés depuis lors dans la vie de l’Eglise, en particulier le bref mais intense pontificat de Notre aimé prédécesseur Jean XXIII, à qui revient le mérite de la convocation du concile œcuménique.

Recueillant de ses mains ce lourd héritage, Nous avons pu, avec la grâce de Dieu, mener à terme cette immense entreprise. Mais si les travaux des Pères ont pris fin, leur mise en œuvre commence, et c’est à elle que vous entendez vous consacrer généreusement, en préparant le prochain congrès mondial de l’Apostolat des laïcs, qui se tiendra en 1967.

Le concile a suscité en effet dans l’Eglise une conscience renouvelée de sa nature et de sa mission, et il a donné de précieuses orientations pour la participation responsable de tous les membres du peuple de Dieu à cette mission salvifique confiée par le Christ à ses apôtre: au terme de sa vie terrestre. La préparation du congrès va offrir main tenant, à travers les réunions qui sont prévues dans les divers continents, l’occasion providentielle pour les laïcs catholiques, dans la diversité de leurs races, de leurs cultures, de leurs situations sociales et de leurs états de vie, de découvrir davantage ce qu’est la vocation de tout baptisé à l’apostolat, et ce qu’exige de chacun d’eux son engagement conscient et actif dans les tâches de l’Eglise d’après le concile.

Car il ne s’agit pas seulement de recueillir et de répandre les enseignements du concile, mais de se transformer soi-même pour se mettre à l’image de l’Eglise conciliaire renouvelée dans sa prière, dans l’expression de sa foi et de son espérance, et dans la charité de son dialogue avec tous les chrétiens, avec tous les hommes. Ainsi chaque catholique pourra aider son frère à croire au Christ et à le reconnaître dans son Eglise.

C’est dire l’état d’âme avec lequel le laïc doit se consacrer à sa tâche: ce que l’Eglise attend de lui, ce n’est pas une attitude négative, une mise en question arbitraire, une inquiétude stérile, mais bien au contraire un comportement tout positif, une collaboration constructive, un engagement responsable. L’après-concile doit certes susciter des interrogations sur certaines formes d’apostolat et stimuler en ce domaine comme en tous les autres l’aggiornamento nécessaire, les adaptations indispensables, et les initiatives nouvelles que comportent les besoins du temps présent. Mais qui ne voit que cette mise à jour n’est pas une remise en cause?

Créer des structures plus adaptées, coordonner plus efficacement l’action entreprise, c’est se soucier de rendre plus organique et plus pénétrant l’apostolat dans le monde d’aujourd’hui. Mais qui dit apostolat dit nécessairement apôtre, et donc plus que jamais des âmes ardentes, généreuses, brûlées de l’amour du Christ et vouées sans relâche à le répandre autour d’elles. Et qui pourrait mériter ce beau nom d’apôtre s’il n’était, par toutes les fibres de son être, profondément attaché à ceux qui sont les successeurs des douze, et tout particulièrement au premier d’entre eux, qui a recueilli la succession de Pierre? A vous donc, chers fils, dans une fidélité aimante à l’Eglise, dans une docilité filiale à ceux qui, en son sein, ont reçu la tâche de paître le peuple de Dieu, dans une disponibilité constante à l’inspiration de l’Esprit, d’être prompts à donner avec générosité la collaboration qui vous est demandée pour le renouveau intérieur de l’Eglise, le rapprochement entre tous les chrétiens, et le témoignage de la charité dans le monde d’aujourd’hui: «qu’ils soient un afin que le monde croie».

Telles sont les tâches exaltantes qui s’offrent à vous à cette heure si importante de l’après-concile, qui sera marquée par votre troisième congrès mondial. Ce rassemblement sera l’occasion providentielle de manifester aux yeux de tous l’admirable vitalité du laïcat catholique. Au milieu des courants idéologiques qui se disputent le monde d’aujourd’hui et dont certains ne peuvent que l’entraîner en des directions que tout catholique se doit de réprouver, le laïc saura témoigner de la puissance de la grâce du Christ et de la fécondité de l’Eglise toujours jeune, en donnant des expressions vivantes et originales à l’esprit propre du catholicisme, de nature à marquer les intelligences et à mouvoir les cœurs vers Celui qui s’est fait l’un de nous pour nous appeler à devenir ses frères bien-aimés, l’Emmanuel, Dieu avec nous.

Chers fils, Nous Nous réjouissons vivement de votre ardeur dans l’étude et la mise en œuvre des orientations conciliaires sur l’apostolat des laïcs dans le monde d’aujourd’hui. Nous bénissons de grand cœur les travaux par lesquels vous allez préparer le prochain congrès mondial, et tous ceux qui vont y œuvrer. Et Nous saluons déjà de Nos vœux les laïcs qui viendront bientôt du monde entier à Rome mettre en commun leur enthousiasme militant au service de notre mère la sainte Eglise, en joyeux et vivants témoins de l’amour du Christ sauveur. C’est dans ces sentiments que Nous vous donnons, en gage de l’abondance des divines grâces sur votre généreuse activité apostolique, Notre paternelle et affectueuse Bénédiction Apostolique.

                                         

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