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DISCOURS
DU PAPE PAUL VI AU PREMIER AMBASSADEUR DU BURUNDI PRÈS
LE SAINT-SIÈGE*
Jeudi 12 mai 1966
Monsieur l’Ambassadeur,
Les nobles paroles que vous venez de Nous adresser Nous
touchent profondément et sont tout à l’honneur de votre personne et de votre
Patrie, qui se trouve, par vous, représentée pour la première fois auprès du
Saint-Siège.
Nous avons suivi avec un vif intérêt, au cours de ces
dernières années, l’accession de nombreux pays d’Afrique à l’indépendance et
Nous n’avons pas oublié l’empressement avec lequel Sa Majesté Mwambutsa IV,
Mwami du Burundi, vint en personne rendre hommage, par une visite officielle, à
Notre prédécesseur le Pape Jean XXIII en décembre 1962.
C’était attester, dès les premiers pas de votre jeune Etat
dans les voies de l’indépendance, son souci d’entretenir avec l’Eglise de
cordiales relations et de donner aux valeurs spirituelles, dans la vie du Pays,
la place d’honneur qui leur revient.
Cela ne saurait Nous étonner. Le Burundi est, en effet, un
des Etats du vaste continent africain où la prédication du message évangélique a
trouvé l’accueil le plus favorable. Et de nombreuses institutions religieuses,
scolaires ou charitables sont là pour témoigner aujourd’hui de la vitalité du
catholicisme dans votre Pays.
C’est pour Nous, vous le devinez, un motif de joie. Et c’est
aussi, Nous semble-t-il, le gage du plus heureux avenir pour le Burundi.
L’Eglise en effet, faisant pénétrer toujours plus profondément l’esprit chrétien
dans les différentes couches de la population, ne pourra que renforcer, entre
les fils d’une même patrie, l’union fraternelle et la compréhension mutuelle,
qui sont à la base de la tranquillité publique et de tout progrès moral et
matériel.
Dieu veuille que cette diffusion toujours plus large des
valeurs spirituelles conduise bientôt à la parfaite entente, si désirable pour
le bien du Pays.
Nous le souhaitons de tout cœur, et Nous sommes heureux
d’entendre Votre Excellence Nous dire combien elle est soucieuse, elle aussi, de
voir «l’optique de l’amour» - suivant sa fort belle expression - l’emporter
finalement sur tous les facteurs de division entre les hommes.
Dans la poursuite de ce haut idéal, le Représentant du
Burundi peut être assuré de trouver auprès de Nous le plus constant appui. Et en
gage de la bienveillance avec laquelle Nous lui souhaitons aujourd’hui la
bienvenue et lui offrons Nos vœux pour l’heureux déroulement de sa mission, Nous
lui accordons de grand cœur, ainsi qu’à sa famille et à sa chère Patrie, une
affectueuse Bénédiction Apostolique.
*AAS 58 (1966), p.443-444; Insegnamenti di Paolo VI, vol. IV,
p.217-218; L'Osservatore Romano 13.5.1966, p.1;
L’Attività della Santa Sede 1966, p.318-319; L'Osservatore Romano. Edition hebdomadaire en langue française, n.20 p.2.
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