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DISCOURS DU PAPE PAUL VI
À LA FÉDÉRATION MONDIALE DES SOURDS

Samedi 24 septembre 1966

 

Mesdames et Messieurs,

Nous sommes heureux de vous accueillir, vous qui êtes venus de presque tous les pays du monde assister ou participer à la Conférence internationale organisée ces jours-ci à Rome par la Fédération Mondiale des Sourds, et de vous souhaiter la bienvenue dans Notre demeure.

Le thème de vos réflexions et travaux était consacré à l’éducation des sourds adultes. Grâce aux lumières et acquisitions de nombreuses sciences humaines, comme la psychologie, la pédagogie, la médecine, la sociologie et d’autres encore, vous avez pu étudier les divers aspects du problème concernant l’instruction supérieure des sourds et l’élévation de leur niveau intellectuel et culturel; vous avez également eu à cœur d’examiner de près la situation des sourds analphabètes et les moyens aptes à hâter leur intégration progressive dans le cadre d’une vie sociale normale.

Nous ne pouvons qu’applaudir à votre belle initiative, dont le but ultime est la promotion individuelle et collective d’une catégorie d’hommes et de femmes qui, en raison de leurs infirmités ou déficiences physiques, étaient souvent voués à une existence marginale au sein de la grande famille humaine. Or - vous le savez - tout ce qui concourt à rendre les hommes plus hommes, tout ce qui les aide à prendre conscience de leur dignité d’êtres créés à l’image et à la ressemblance de Dieu, tout ce qui peut les élever socialement, culturellement et spirituellement: tout cela trouve de la part de l’Eglise catholique reconnaissance et approbation. Et cela n’est pas seulement conforme à ce qui a été solennellement affirmé dans de nombreux textes et documents du récent Concile œcuménique, mais cela est en quelque sorte dans la ligne même de la bonne nouvelle prêchée par Jésus-Christ. Nombreux, trop nombreux, seraient les passages de l’Evangile qu’on pourrait citer ici. L’Eglise, parce qu’elle est le Christ répandu et continué, prolonge dans le temps et l’espace la mission même de son divin fondateur.

Or celui-ci «. . . a passé en faisant le bien» (Act. 10, 38). Faire le bien: n’est-ce pas là votre désir? N’est-ce pas à cela que tendent vos efforts? N’est-ce pas le mot d’ordre qui a inspiré votre Congrès?

Nous ne voulons pas énumérer ce que l’Eglise catholique en tant qu’institution, ni ce que ses clercs et ses fidèles laïcs à titre privé, ont fait et font encore en faveur des sourds et des sourds-muets. Notre intention est simplement d’encourager tout ce qui peut contribuer à la promotion de la personne humaine, tout ce qui est capable de combler les aspirations les plus légitimes comme les plus nobles de chaque homme. C’est aussi pourquoi Nous sommes heureux d’appeler sur vos travaux et recherches, qui s’inscrivent dans le cadre de la campagne mondiale d’alphabétisation lancée par l’UNESCO, une particulière abondance de faveurs célestes, et de vous donner à tous, spécialement aux fils et filles de l’Eglise catholique, en témoignage de Notre bienveillance et en gage des meilleures grâces, Notre Bénédiction Apostolique.

                                                    

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