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DISCOURS DU PAPE PAUL VI
AUX PARTICIPANTS AU VI CONGRÈS DE
LA SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE BIOLOGIE CLINIQUE

Samedi 8 octobre 1966

 

Chers Messieurs,

Après Londres, Washington, Bruxelles, Madrid et Mexico, c’est à Rome que vous a conviés, pour votre sixième congrès, la société internationale de biologie clinique. Et nombre d’entre vous, Nous a-t-on dit, ont expressément manifesté le désir que cette circonstance leur procure l’occasion d’une rencontre avec le Pape. Comment n’aurions-Nous pas accueilli avec joie cette demande, malgré les obligations pressantes qui Nous harcèlent? Le représentant du Christ sur terre se réjouit toujours que la possibilité lui soit donnée de s’entretenir avec des hommes dont la vie est consacrée au service de leurs frères, pour les aider à maintenir ou à recouvrer leur harmonieux équilibre corporel et spirituel, et leur permettre ainsi de répondre mieux aux exigences de leur vie d’homme et de fils de Dieu. Nous saluons tout d’abord l’ancien et le nouveau présidents de votre société, les Professeurs Welsch et Mac Menemey, ainsi que le Professeur de Sanctis Monaldi, sous l’autorité duquel se déroule ce congrès. Nous saluons aussi toutes les personnalités qui ont contribué à la préparation et à l’organisation de ces journées.

Et Nous saluons enfin les spécialistes éminents, de renommée mondiale, dont les travaux et les découvertes ont tant fait pour l’humanité souffrante, et dont les communications au congrès attestent la valeur et la portée de cette rencontre internationale. Au reste, un regard jeté sur votre programme, sur les titres et fonctions de chacun d’entre vous, et sur les thèmes des tables-rondes et des sections spécialisées, suffit à mettre en lumière l’importance de ces journées d’étude et la haute qualification de ses participants.

C’est vous dire, Messieurs, combien Nous sommes honoré de vous recevoir. C’est vous dire aussi la pleine conscience que Nous avons de tout ce que Nous aurions à apprendre de vous. Et pourtant c’est de Nous que vous attendez ce matin quelques mots d’encouragement, comme Nous l’exprimait tout à l’heure en termes d’une haute inspiration votre éminent interprète. Aussi voudrions-Nous tout simplement vous dire combien l’Eglise s’intéresse à votre activité, et ajouter aussi qu’elle l’encourage et qu’elle la bénit.

Comme l’a rappelé en effet avec autorité le Concile œcuménique, «les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tout ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur» (Gaudium et Spes, n. 1). Et c’est précisément au service de ceux qui souffrent que toute votre vie est consacrée. L’homme est pour vous un frère, et c’est comme tel que vous entendez le servir avec toutes les qualités de votre personnalité, avec vos dons d’intelligence et de cœur, avec l’acquis de vos recherches, avec la volonté de faire toujours mieux et davantage. Votre activité de chaque jour est une aide pour la personne humaine, en sa mystérieuse alliance d’âme et de corps, en ses rapports d’instinct et de raison, en son équilibre physiologique et affectif constamment menacé.

Vous luttez sans relâche ni répit contre le mal, et pour cette grande œuvre vous convoquez toutes les sciences biologiques, la physique, la chimie, et jusqu’à l’électronique. Vous n’avez de cesse en effet que toutes les ressources inventives de l’esprit humain soient mobilisées pour exploiter les possibilités sans cesse accrues que lui offre le développement des sciences et des techniques modernes en vue d’aboutir à la plus grande précision possible dans le diagnostic et, partant, à la thérapie la plus appropriée et la plus efficace.

Ainsi donc toutes les recherches des laboratoires spécialisés sont destinées à ce seul but: mieux connaître l’homme, pour le mieux soigner et l’aider à être intégralement lui-même et à s’épanouir dans sa vie personnelle, comme dans la société où chacun a un rôle irremplaçable à remplir. N’est-ce pas là un idéal bien propre à soutenir les efforts de votre travail quotidien parfois austère? Quel que soit le secteur déterminé sur lequel s’exerce votre travail, c’est les uns avec les autres, et avec l’aide de tous, que vous œuvrez pour les malades, et votre activité ne peut être que bénie de Dieu, car elle porte le visage de l’amour.

Ru reste, les progrès mêmes de vos travaux en vous permettant de mieux cerner les contours de la santé et de la maladie, vous font découvrir combien l’organique et le psychique sont indissociablement liés, au point que la moindre altération de l’un ou de l’autre provoque inévitablement ses répercussions sur le patient dans la vie duquel elle introduit un déséquilibre. Et c’est inlassablement l’équilibre humain que vous vous efforcez de rétablir, en modifiant, par le dynamisme de votre thérapeutique, l’état du malade qui vous est confié. Seule en définitive une compréhension globale du patient permet au praticien de le secourir efficacement.

En pénétrant les secrets de la créature, comment ne seriez-pas tout naturellement conduits vers le Créateur, qui est aussi le Rédempteur des hommes? Chacun de ces frères souffrants que vous soulagez n’est-il pas l’image de Celui qui a voulu porter sur lui le fruit du péché, la souffrance et la mort, et faire de la douleur un instrument de Rédemption?

Chers Messieurs, telles sont les pensées que Nous suggérait votre visite ce matin. Nous vous les avons livrées en toute simplicité. En terminant, Nous tenons à vous redire le plaisir que Nous avons eu à vous recevoir. Et c’est de grand cœur que Nous donnons maintenant, à tous et à chacun d’entre vous, en gage de l’abondance des divines grâces sur vos personnes, vos travaux et tous ceux qui vous sont chers, et en témoignage de particulière bienveillance, Notre Bénédiction Apostolique.

                                                    

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