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DISCOURS DU PAPE PAUL VI
AUX MEMBRES DU MOUVEMENT «PAX CHRISTI»

Mercredi 2 novembre 1966

 

Vénérables Frères et chers Fils.

C’est avec joie que Nous accueillons à nouveau aujourd’hui le Comité directeur et le Secrétariat international de Pax Christi, dont Nous suivons et apprécions depuis longtemps le fructueux travail au service de la paix.

Depuis l’audience que Nous accordions, il y a trois ans, aux Dirigeants de votre Mouvement, celui-ci a poursuivi ses efforts généreux pour répandre dans le peuple chrétien et dans l’opinion publique la juste notion de paix, celle qui nous est donnée par le Christ dans l’Evangile.

Nous savons ce que vous faites, dans cet esprit, pour favoriser des rencontres entre les fils de différentes patries, afin de les entraîner à discerner les valeurs de leurs pays d’origine et à s’en enrichir mutuellement. Nous connaissons aussi votre souci de former les militants que vous avez suscités, pour que, soutenus par une doctrine commune, ils puissent exercer une action toujours plus efficace en faveur de la paix. Vous les réunissez dans ce but, comme vous venez de le faire, par une très heureuse inspiration, à Bergame, exprimant par là combien vous vous sentez redevables envers Notre inoubliable Prédécesseur Jean XXIII, le Pape de l’Encyclique Pacem in terris. Pour mieux vous imprégner de son esprit, vous avez même voulu vous rendre en pèlerins, aux lieux qui l’ont vu naître.

Et voici que vous venez achever à Rome ce pèlerinage, pour y présenter le bilan de vos travaux et de vos espoirs à celui qui, bien qu’indigne, a reçu le mandat de succéder au Premier des Apôtres. Vous le faites d’autant plus volontiers que vous savez avec quelle religieuse fidélité Nous avons recueilli l’héritage du Pape Jean, aussi bien que celui du Pape Pie XII (qui avait comme devise la parole biblique Opus justitiae Pax); et Nous Nous sommes efforcé, depuis Notre élection, de travailler, par Nos gestes et par Nos paroles, à cette grande cause de la paix. Notre voix fut-elle toujours entendue comme elle aurait dû l’être? Sans Nous arrêter à répondre à cette question, Nous poursuivons Nos efforts, et ce Nous est un réconfort de pouvoir compter sur vous pour les appuyer et les soutenir.

Vous pouvez beaucoup pour donner aux indécis la force et le courage d’agir. Vous avez à les former, à les éduquer. La tentation est grande, pour certains, de vous demander de prendre à leur place des décisions qu’ils se contenteraient de faire connaître autour d’eux. Vous devez au contraire éveiller leur initiative et leur générosité, afin qu’ils sachent s’engager, en distinguant toujours avec soin les prises de position légitimes du citoyen dans les structures temporelles de son pays, et l’activité d’un mouvement d’Eglise, comme le vôtre, qui s’exerce surtout au plan de la formation des consciences.

Nous n’avons garde d’oublier, en outre, que l’esprit de paix est un esprit de collaboration et d’entente. De même que, pour Notre part, Nous ne pouvons exercer la tâche que Nous a confiée le Prince de la Paix, Jésus-Christ, sans être en étroit contact avec Nos frères les Evêques, de même vous ne pouvez agir indépendamment de la pastorale de chaque diocèse. C’est bien d’ailleurs la ligne que vous vous efforcez de suivre depuis votre fondation et Nous vous en félicitons.

Dans ces sentiments, Nous invoquons avec confiance la divine assistance sur vos efforts, afin que la grâce divine les fasse pleinement fructifier. Et de grand cœur Nous vous accordons à tous, à vous tout d’abord, Monsieur le Cardinal, qui présidez désormais le mouvement Pax Christi, à vous ensuite, qui à des degrés divers, en êtes responsables, et à tous ceux que vous représentez ici, une paternelle Bénédiction Apostolique.

                                                      

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