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DISCOURS DU PAPE PAUL VI
AUX MEMBRES DE L’UNION CATHOLIQUE DES INDUSTRIELS ET DIRIGEANTS D’ENTREPRISE
DU PORTUGAL
Vendredi 25 novembre 1966
Les belles paroles que Nous venons d’entendre prouvent que
les Membres de l’Union Catholique des Industriels et Dirigeants d’Entreprise du
Portugal ont une conscience très vive des obligations que leur impose leur
profession, et, plus encore, des devoirs qui découlent pour eux de leur foi
chrétienne.
C’est donc avec joie que Nous vous accueillons ici
aujourd’hui, chers Fils, heureux d’avoir cette occasion de vous adresser la
parole d’encouragement et de bénédiction que vous attendez de Nous pour votre
apostolat social.
Vous désirez savoir ce que l’Eglise attend du Chef
d’entreprise chrétien, quels traits particuliers elle voudrait trouver en lui.
Parmi tant d’autres qualités que Nous pourrions énumérer, Nous vous en citerons
trois dans lesquelles se retrouvent plus ou moins toutes les autres:
l’honnêteté, la compétence, le sens social.
1. L’honnêteté, entendue dans son sens le plus large. C’est
évidemment la qualité de base. Cela veut dire d’abord un sens moral très sûr,
une sensibilité aiguë pour tout ce qui touche au domaine du juste et de
l’injuste - manifestée, par exemple, dans le souci de la rétribution due au
travailleur, et qui doit lui permettre d’élever dignement sa famille.
Cela suppose encore une conscience personnelle très droite et
très exigeante, formée selon les principes de la loi naturelle et de la loi
chrétienne.
Celui qui possède une conscience ainsi formée recherche avant
tout la vérité, dans ses paroles comme dans ses actes. Il recherche le bien,
mais non pas pour telle raison de convenance ou pour tel avantage qu’il en
pourrait tirer: il recherche le bien pour lui-même, parce que conforme à la loi
morale, que sa conscience lui manifeste.
L’«économique» et l’«organisation» ne sont pas tout: on peut
bien y chercher «les règles du jeu et le secret du succès», comme le disait tout
à l’heure votre très digne interprète. Mais pour un chef d’entreprise chrétien,
jamais ce succès ne saurait être acquis au prix d’un compromis avec sa
conscience. Sa première règle est de ne pas tricher avec celle-ci, d’être avant
tout honnête envers lui-même, envers la société, envers Dieu.
2. Mais quelle influence pourrait exercer un chef
d’entreprise chrétien, fût-il d’une conscience et d’une honnêteté rigoureuses,
si sa valeur morale ne s’accompagnait d’une vraie et solide compétence? On exige
beaucoup aujourd’hui en ce domaine, et avec raison. La société moderne est
caractérisée en effet par une évolution irréversible dont l’entrepreneur
chrétien ne peut faire abstraction. Il assiste d’une part au passage de la phase
empirique à la phase scientifique-industrielle du développement de son pays. Et
d’autre part, la propriété de l’entreprise, qui ne comportait pas nécessairement
jadis de fonctions de direction, s’accompagne presque toujours aujourd’hui de
l’exercice direct et responsable de la fonction de dirigeant. Le chef
d’entreprise est donc forcé par les circonstances, pour ainsi dire, à acquérir
la compétence que suppose sa fonction. Il faut qu’il agisse par lui-même, qu’il
organise rationnellement personnel et ressources disponibles pour servir le bien
commun avec le maximum d’efficacité. Il faut pour cela qu’il soit au courant des
nouvelles découvertes, des nouvelles techniques, et donc qu’il étudie, qu’il
voyage, qu’il réfléchisse, qu’il travaille . . . C’est une ascèse sévère que
celle à laquelle il doit se soumettre! Mais à ce prix il acquiert le droit de
parler, d’être écouté, de faire valoir ses vues, dans la profession et auprès
des pouvoirs publics. Et chacun comprend l’importance que peuvent revêtir ces
interventions quand il s’agit, comme dans votre cas, de chefs d’entreprise
chrétiens.
3. Nous ajouterons un troisième trait qui complète le
portrait du dirigeant chrétien idéal, tel que l’Eglise le désire: c’est le sens
social. L’entreprise n’est pas simplement une activité économique à conduire
avec honnêteté et compétence. Il faut toujours se souvenir qu’elle est avant
tout une œuvre dirigée par des hommes, avec des hommes, au service des hommes.
Pas plus qu’aucune autre activité économique, elle ne saurait être une fin en
soi? Elle est un moyen pour le progrès total de l’homme. Et cela suppose chez
ses dirigeants un souci constant du caractère humain de leur tâche.
Cette «attention à l’homme» commence dans l’entreprise même,
par le souci de laisser s’exprimer librement les talents humains, qui sont si
divers. Elle se continue par l’effort pour créer une véritable collaboration, au
sein de l’entreprise, entre tous ceux qui y travaillent, à quelque rang que ce
soit. C’est là que peut utilement se faire l’apprentissage de la coopération
entre les «classes» sociales, que des intérêts divergents tendraient à opposer.
Enfin le sens social rend l’esprit du dirigeant attentif à dépasser le cadre de
son entreprise pour s’ouvrir largement à la vision du bien commun de sa région,
de sa nation, du continent auquel il appartient et même, dans le contexte
d’aujourd’hui, au bien commun de la société humaine tout entière.
Nous ne doutons pas, chers Fils, que ces préoccupations ne
soient les vôtres. Vous désirez - votre présence ici le prouve - ressembler à ce
portrait idéal que Nous venons de tracer brièvement devant vous. Soyez-en
félicités. Nous achèverons en vous faisant une dernière recommandation, qui
conditionne peut-être l’heureux succès de toutes les autres: soyez unis!
Unis entre chefs d’entreprise chrétiens, vous apprendrez à
vous connaître, à vous estimer mutuellement, et vous serez ainsi mieux en mesure
de promouvoir ensemble avec efficacité l’avènement de la société juste et
fraternelle à laquelle le monde aspire plus que jamais.
Unis surtout à l’Eglise, vous saurez accueillir, avec
l’empressement qui convient à des fils dévoués, toutes ses directives en matière
sociale, et vous voudrez être les premiers à les mettre en pratique. Ce sera
votre honneur et, pour vos personnes et vos activités, la bénédiction de Dieu
assurée, en gage de laquelle, de tout cœur, Nous donnons la Nôtre.
Amados filhos de Portugal,
Queria concluir este salutar encontre - o primeiro com a
UCIDT portuguesa na querida lingua lusitana: que a vossa acção de industriais e
dirigentes de trabalho, impregnada do espírito missionário que sempre distinguiu
a Nação Fidelíssima, singre desenvolvendo-se sempre e cada vez mais.
Sede unidos a vossos chefes espirituais, os Bispos, à Igreja,
vossa Mãe, ao humilde Sucessor de Pedro que vos fala e que, agradecendo a vossa
visita, de todo o coração invoca sobre a UCIDT portuguesa a abundância de
divinas graças, concedendo a todos vós, a vossas famílias e a vossa querida
Pátria uma especialissima Bênçao Apostolica.
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