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VOYAGE APOSTOLIQUE À ISTANBUL, EPHÈSE
ET IZMIR
DISCOURS DU PAPE PAUL
VI AU PRÉSIDENT DE LA TURQUIE*
Istanbul - Mardi 25 juillet 1967
Monsieur le Président,
Nous vous remercions de l’accueil si solennel et si cordial
que vous voulez bien Nous réserver dans votre demeure et Nous désirons vous
exprimer d’abord la joie que Nous éprouvons de cette première visite qu’il Nous
est donné de faire à votre noble Pays.
Lorsque Son Excellence Monsieur le Ministre des Affaires
Etrangères, en visite au Vatican il y a quelques mois, voulut bien Nous inviter
à Nous rendre en Turquie, Nous ne pensions pas que ce projet pût se réaliser de
sitôt. La Providence en a fourni l’occasion, et Nous l’avons saisie avec
empressement.
Corne tous les voyages que Nous avons entrepris depuis le
début de Notre pontificat, celui-ci, Votre Excellence le sait, a un but avant
tout religieux. Mais il Nous permet aussi d’entrer en contact à cette occasion
avec un grand peuple, que Nous sommes heureux de pouvoir ainsi apprendre à
connaître de plus près.
Appelé, il y a quatre ans, à la lourde charge d’Evêque de
Rome et de Chef de l’Eglise Catholique, Nous trouvions, dans l’héritage de Notre
inoubliable prédécesseur Jean XXIII, bien des acquisitions dues à des
initiatives de son court, mais fécond pontificat. L’une des plus précieuses
était sans nul doute constituée par les relations diplomatiques stables et
régulières qu’il avait réussi, après tant de siècles de silence ou même
d’hostilité, à instaurer avec ce Pays, qu’il avait si bien connu et tant aimé.
Entrant, à Notre tour, dans les vues de ce pontife au grand
cœur, Nous avons eu le souci de développer et de renforcer ces relations. C’est
ce qui Nous inspira, entre autres, vous le savez, l’idée de restituer au
Gouvernement turc l’étendard conservé à Rome depuis les temps lointains de la
bataille de Lépante; geste qu’il Nous fut très agréable d’accomplir, pour
attester de façon publique que les dissensions du passé étaient bien mortes et
que Nous n’avions rien tant à cœur que d’être, pour tous les peuples, un
messager de paix, et d’entretenir notamment avec le vôtre des relations
empreintes de la plus sincère et de la plus cordiale amitié.
Il y a à cela une raison toute particulière. C’est que la
grande tradition culturelle, dont les marques sont si nombreuses dans votre
Pays, comporte des centres qui sont d’un intérêt considérable pour l’Eglise
catholique et pour tous les chrétiens. Comment oublier que les noms de plusieurs
de vos cités évoquent pour eux les destinataires des Lettres de l’Apôtre Saint
Paul? Et que d’autres sont liés à jamais aux grands souvenirs des premiers
Conciles œcuméniques?
La Turquie détient en outre des trésors d’art et de culture
qui appartiennent, on peut le dire, au patrimoine commun de l’humanité, et les
chrétiens entendent n’être pas les derniers à les connaître et à les apprécier.
C’est vous dire, Monsieur le Président, combien Nous paraissent opportuns les
efforts du Gouvernement Turc pour mettre ces souvenirs et ces sites en valeur,
et pour en faciliter l’accès aux pèlerins et aux touristes de toutes nations.
Cet effort s’inscrit, Nous le savons, dans le cadre de
l’évolution générale de la Turquie moderne: évolution dont le mérite revient à
la sage clairvoyance de ses dirigeants, à laquelle Nous sommes heureux d’avoir
cette occasion de rendre hommage.
En remerciant à nouveau Votre Excellence de son accueil et en
lui redisant tout le plaisir de cette rencontre, Nous invoquons sur elle, sur
son Gouvernement et sur tout son cher et grand Pays la protection du Dieu
tout-puissant!
*AAS 59 (1967), p.836-837. Insegnamenti di Paolo
VI, vol. V, p.388-390. L’Attività della Santa Sede 1967,
p.766-768. L’Osservatore Romano, 26.7.1967, p.2. L'Osservatore Romano. Edition
hebdomadaire en langue française, n. 30 p.1. La Documentation catholique, n.1499 col.1379-1380.
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