VOYAGE APOSTOLIQUE À ISTANBUL, EPHÈSE
ET IZMIR
DISCOURS DU PAPE PAUL VI DANS LA
CATHÉDRALE DE SAINT JEAN
Izmir - Mardi 25
juillet 1967
C’est une joie pour Nous de vous trouver réunis, pour Nous
accueillir, dans votre belle cathédrale, et de pouvoir évoquer avec vous les
grands souvenirs chrétiens qui se sont inscrits dans cette région d’Asie
Mineure, et que la Providence Nous permet de venir vénérer aujourd’hui.
Comment ne pas se sentir ému en pensant que le grand Apôtre
saint Paul a parcouru toutes ces régions, prêchant l’Evangile et fondant les
premières communautés chrétiennes, au milieu des péripéties, parfois si
dramatiques, racontées dans les Actes des Apôtres? Il suffit de lire les
merveilleuses Epîtres qu’il adressa ensuite aux Galates, aux Ephésiens et aux
Colossiens, pour comprendre combien il aima ces fils de son cœur et de son
apostolat, et quelle part ils avaient dans cette «sollicitude de toutes les
Eglises» (2 Cor. 11, 28), qui ne lui laissait pas de repos. Vous êtes,
chers Fils, les continuateurs de ces chrétiens de la primitive Eglise
évangélisés par Saint Paul. C’est pour vous un premier titre d’honneur.
Il y a un autre. C’est dans cette contrée, à Nicée, à
Constantinople, à Ephèse, à Chalcédoine, que l’Eglise a tenu ses premiers grands
Conciles et défini avec autorité les formulations de la foi qui sont parvenues
inchangées jusqu’à nous.
L’Orient et l’Occident étaient unis alors dans la profession
de cette foi bénie. Et l’un des motifs de Notre voyage, vous le savez, a été le
désir de hâter l’heure où se retrouvera, pour le bonheur de tous, cette union
parfaite dans la profession du même Credo.
L’honneur que vous avez d’habiter ce Pays vous impose, plus
qu’à d’autres, le devoir de professer avec joie et fierté cette foi, définie sur
votre terre. Il vous impose aussi le devoir de prier et de travailler, selon vos
moyens, à la recomposition de l’unité des chrétiens. Nous vous y exhortons de
tout Notre cœur.
Bien d’autres chers souvenirs Nous remontent à l’esprit en
vous voyant : le courage serein du grand martyr Saint Polycarpe, qui fut évêque
de cette Cité; la joie des Ephésiens, vos voisins, acclamant la maternité divine
de Marie au Concile tenu dans leur ville en 431. Comment ne pas évoquer aussi
les sept Eglises auxquelles s’adressait Saint Jean dans l’Apocalypse, et qui
toutes sont situées dans cet te région?
Vous êtes, chers Fils, détenteurs de richesses spirituelles
auxquelles il Nous est doux de venir participer. Sachez y puiser la force d’être
toujours des chrétiens exemplaires, dignes d’un si glorieux passé, dignes de
l’Eglise et de son Chef, le Christ, dont l’humble Vicaire vous salue avec
affection, vous encourage et vous bénit.
Beloved sons and daughters of Smyrna!
We bring you paternal greetings, and We felicitate you on
the generosity and enthusiasm with which you have collaborated in the
restoration and maintenance of this beautiful Cathedral Church. May it be for
you and your families a source of rich divine graces, in pledge of which We
lovingly bestow upon you all Our Apostolic Blessing.
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