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DISCOURS DU PAPE PAUL VI
AUX ANCIENS DU SÉMINAIRE FRANÇAIS DE ROME
Mercredi 11 septembre 1968
Vénérable Frère et chers Fils,
C’est avec une grande joie que Nous accueillons ce matin les Anciens du
célèbre Séminaire français de Rome. Nous sommes très sensible au témoignage
d’attachement filial, que Votre Eminence vient d’exprimer si délicatement et que
vous avez tous voulu Nous manifester aujourd’hui, comme autrefois, au temps de
vos études, où vous aimiez vous regrouper autour du Vicaire du Christ. Nous
souhaitons que votre assemblée générale vous permette, en renouant avec un passé
qui vous est cher, de reprendre entre vous un fécond dialogue, d’approfondir
votre communion au cœur de l’Eglise et de repartir avec un courage renouvelé
vers vos tâches pastorales.
Nous Nous réjouissons avec vous de tout cet enrichissement dont vous avez pu
bénéficier au Séminaire de la via S. Chiara et dans les Instituts romains,
notamment à l’Université Grégorienne. C’est une grâce pour une vie sacerdotale
d’avoir bénéficié de cette formation spirituelle, austère mais profonde, que vos
dévoués directeurs spiritains vous ont aidés à acquérir, et de cette science
théologique à laquelle vous ont initié tant de maîtres prudents, compétents et
sûrs.
Votre séjour ici au cœur de l’Eglise vous a par ailleurs mieux fait découvrir
la richesse de son patrimoine historique, l’ampleur de sa catholicité et sa
vivante unité autour du successeur de Pierre. L’expérience pastorale,
indispensable, vous a permis à son tour d’approfondir votre enracinement dans le
Seigneur et de faire fructifier ce que vous aviez reçu, au service des âmes. De
toutes ces grâces, avec vous, Nous remercions le Seigneur.
L’évolution des temps a conduit les séminaires à des adaptations qui
contrastent avec ce que vous avez connu. Vos jeunes frères qui se préparent au
sacerdoce portent en eux des besoins et des exigences dont il serait téméraire
de ne pas tenir compte. L’Eglise elle-même n’a-t-elle pas justement éprouvé la
nécessité d’un aggiornamento conciliaire? Nous ne l’ignorons pas, la
ligne à suivre s’avère certes difficile, et exige des responsables, avec un sage
discernement, une prudente audace. Aujourd’hui comme hier, Jésus demeure le
Maître de Vie, dont l’Eglise nous transmet généreusement les mystères de salut.
A nous, avec la grâce de Dieu, de communiquer notre foi et notre zèle aux jeunes
générations. Il faut pour cela toucher leur esprit et leur cœur, ce qui suppose
compréhension et dialogue, c’est-à-dire intelligence et amour.
Chers Anciens, les séminaristes attendent de vous l’ouverture fraternelle en
même temps que la fermeté dans la foi, qui leur apporteront confiance, sérénité
et stimulant. Puissent-ils saisir, à votre contact, la nécessité d’un travail
théologique sérieux qui ne néglige rien de la tradition vivante de l’Eglise,
d’une vie intérieure profonde, puisée aux sources authentiques de la grâce, et
d’un zèle éclairé qui témoigne du Christ dans le monde et édifie avec patience
la communauté des baptisés!
C’est là l’espérance de l’Eglise. Aussi ne cessons-Nous, pour Notre part, d’entourer
tous les prêtres et futurs prêtres de Notre sollicitude et de Notre prière. Nous
prions spécialement pour leurs directeurs spirituels qui remplissent une mission
privilégiée, et pour vous tous, dont Nous savons le dévouement au service du
Peuple de Dieu.
Qu’il Nous soit permis d’ajouter une prière: soyez toujours le trait-d’union
spirituel entre Rome et la France, la fille aînée de l’Eglise que Nous aimons
d’une affection tout-à-fait spéciale. Dites toujours à vos compatriotes que Rome
catholique les considère comme ses fils de choix, de prédilection, dites que
Rome catholique a toujours besoin de leur fidélité, de leur soutien, de leur
exemple de vie et de culture chrétienne, dites que Nous prions pour la France,
pour sa prospérité, pour sa paix, pour son bonheur.
En invoquant sur vous les grâces abondantes du Seigneur, nous vous accordons
de grand cœur ainsi qu’à vos familles et aux Anciens qui n’ont pu venir, Notre
paternelle Bénédiction Apostolique.
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