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DISCOURS DU PAPE PAUL VI
AUX PÈLERINS RÉUNIS À ROME
Samedi 4 avril 1970
Chers fils,
En ce samedi de Pâques, Nous sommes heureux de vous accueillir,
professeurs et étudiants belges venus en pèlerinage à Rome pour les fêtes
pascales. De grand coeur, Nous vous souhaitons la bienvenue. Vous avez marché en
cette ville sur les pas des apôtres Pierre et Paul, vous avez vénéré leur
sépulture. Pénétrez-vous en profondeur de leur foi au Christ ressuscité, cette
foi qui a transformé leur vie, qui en a fait des vivants au sens plénier du
terme, avant de les conduire, par-delà le suprême témoignage du martyre, à la
vie éternelle où ils nous ont précédés. Depuis son arrivée à Rome par la via
Appia, Paul, le captif, vous le savez, ne perdait aucune occasion de parler du
Christ, prenant contact avec tous pour annoncer son message, par lettre comme de
vive voix. Saint Luc l’a noté au livre des Actes: «Paul demeura deux années
entières dans un logement qu’il avait loué. Il recevait tous ceux qui venaient
le trouver, prêchant le Royaume de Dieu et enseignant ce qui concerne le
Seigneur Jésus-Christ, en toute assurance et sans entrave» (Act. 28,
30-31). Quel exemple pour nous tous, n’est-il pas vrai, chers fils!
Puissiez-vous emporter cette leçon de Rome: quelles que soient les circonstances
de notre vie, si nous voulons être dignes du beau nom de chrétiens que nous
portons, il nous faut témoigner de notre foi, comme le grand apôtre Paul, «en
toute assurance et sans entrave».
Que ce soit votre résolution pascale: vivre du Christ ressuscité, et témoigner
joyeusement de son amour autour de vous. Qui ne le voit? Comme les communautés
étudiantes se transformeraient, si tous les chrétiens, maîtres et élèves,
avaient à cœur de vivre en plénitude la vie évangélique, comme la première
communauté des disciples de Jésus nous en a donné l’exemple: «assidus aux
instructions des apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la communion du
pain et aux prières» (Act. 2, 42). Tous ces jours-ci, l’Eglise nous
fait lire à la sainte messe des passages de ce livre des Actes des
Apôtres, qui est comme le Journal de la première Eglise. Aimez lire ce
livre, pour vous pénétrer de ces pages lumineuses, qui demeurent, aujourd’hui
comme hier, un programme valable de vie authentique, et nous mettent au contact
tonique et vivifiant de nos pères dans la foi, ceux qui nous ont transmis la
vérité la plus profonde qui soit: Dieu s’est fait homme pour nous sauver,
par amour il est mort et ressuscité pour nous.
Or, comme l’a très bien noté le regretté Romano Guardini: «La vérité est le
fondement de l’existence et le pain de l’esprit. Mais, dans l’histoire humaine,
elle est séparée du pouvoir. La vérité vaut; la force impose. La puissance fait
défaut à la vérité, d’autant plus qu’elle est plus noble. Les vérités
inférieures ont quelque force, parce qu’elles confirment les tendances et les
besoins; ceux par exemple qui concernent notre existence immédiate. Plus une
vérité est d’un rang élevé, moins elle a de force contraignante; plus l’esprit
doit s’ouvrir noblement à elle» (R. GUARDINI, Le Seigneur,
trad. R. P. Lorson, t. II, Paris, Alsatia 1945, p. 253). Retenez cette leçon,
chers fils, et, lorsque les voix et les appels du monde se feront plus forts et
insistants, revenez à l’Evangile, au livre des Actes, ouvrez
largement vos esprits et vos cœurs à la vérité du Christ, «le premier-né d’entre
les morts» (Col. 1, 18), qui nous a «régénérés pour une vivante
espérance» (1 Petr. 1, 3). En son nom, de tout cœur, Nous vous
bénissons.
A special greeting goes to the group of Catholic and Jewish pilgrims from the
United States, now in Rome after visiting the Holy Land. We pray that the
memories of your pilgrimage may linger long in your heart and lead you to admire
ever more the goodness of God as manifest in the history of salvation. We hope
that you will return home with renewed dedication and fraternal love. We know
also that there are other groups of English-speaking visitors present here this
morning. We extend our cordial welcome and impart with affection to you all Our
Apostolic Blessing.
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