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DISCOURS DU PAPE PAUL VI
À L’«UNION NATIONALE DES AMICALES DES ANCIENS ÉLÈVES
DES ISTITUTIONS DE SOURDS-MUETS DE FRANCE»
Mardi 11 août 1970
Chers fils,
C’est vraiment de tout Notre coeur que Nous vous souhaitons la bienvenue,
à vous tous qui participez à ce pèlerinage organisé par l’Union nationale des
amicales des anciens élèves des institutions de sourds-muets de France. Notre parole est malheureusement impuissante à parvenir jusqu’à vos oreilles.
Aussi voudrions-Nous que vous lisiez sur nos lèvres et dans notre coeur toute
l’affection paternelle qui est la nôtre pour chacun d’entre vous, chacune de vos
personnes et de vos familles. Si la surdité vous isole en effet quelque peu, vous tenez à resserrer entre vous
les liens fraternels noués dans le passé au cours de votre passage dans les
institutions si méritantes qui vous accueillent et qui vous aident à surmonter
ce handicap qui est le vôtre, pour vous permettre de vous insérer au mieux dans
la grande famille des hommes. Aussi sommes-Nous heureux de souligner cette
solidarité agissante dont vous êtes à la fois les agents et les bénéficiaires. A Rome, vous découvrez mieux quelle grande famille est l’Eglise du Christ, qui
ne connaît aucune barrière de race, de langue, de peuple, comme en témoignent
ces nombreux pèlerins que vous croisez au cours de votre séjour. Cette famille
des enfants de Dieu, vous la découvrez aussi avec émerveillement dans son
enracinement historique, à partir de la venue à Rome des saints apôtres Pierre
et Paul, et de leur martyre. Cette Eglise enfin, vous la voyez, des catacombes
des premiers siècles aux églises modernes d’aujourd’hui, s’affermir et croître
peu à peu, à travers tant d’oeuvres d’art si émouvantes, qui sont en même temps
des témoignages de foi en harmonie avec les générations successives des
croyants.
A travers ces pierres vivantes, c’est donc le langage de la foi qui atteignait
directement vos âmes, sans avoir besoin du relais de l’ouïe physique. Continuez
à méditer cet enseignement dans vos cœurs, demain, quand vous serez rentrés chez
vous et que vous aurez repris, au milieu des vôtres, votre activité quotidienne. Nul doute que vous saurez alors exprimer à votre manière à ceux qui vous
entourent ce que vous aurez découvert et éprouvé dans cette démarche de foi. Car
le monde a besoin de foi. Et les hommes qui vivent aujourd’hui dans un
gigantesque tintamarre d’informations et de bruits de toutes sortes ont besoin
de redécouvrir que la vraie vie est intérieure, et que la Parole de Dieu qui
s’est faite chair dans le Verbe a quelque chose à dire à chacun d’eux, qui est
indicible et inexprimable à travers les mots humains, et qui ne se laisse
découvrir qu’au sens intérieur. Emu profondément par cette attention si vive et délicate que vous Nous
manifestez, Nous pensons spontanément, en vous voyant, à l’admirable parole du
grand poète catholique Paul Claudel: L’œil écoute. Oui, l’oeil écoute, et
la communication s’établit très profonde entre le Vicaire du Christ et ses fils
très chers. De tout cœur, Nous faisons nôtres vos intentions dans notre prière, en vous
assurant de toute notre affection paternelle. En appelant sur vous et sur vos
familles l’abondance des divines grâces, Nous vous donnons de grand coeur Notre
paternelle Bénédiction Apostolique.
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