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DISCOURS DU PAPE PAUL VI Jeudi 29 octobre 1970
Chères Filles, C’est pour Nous une grande joie de vous accueillir ce matin, vous qui
représentez toutes les Congrégations féminines de vie apostolique, comme
déléguées des Supérieures générales du monde entier. Par delà vos personnes,
Nous pensons, avec un immense réconfort, à ces milliers de religieuses qui, avec
discrétion mais de tout leur cœur, œuvrent au Royaume de Dieu, selon les
orientations particulières et le but spécifique de chaque Institut. En vous
exprimant nos paternels encouragements, Nous voudrions vous redire, avec notre
profonde estime, la grande espérance que l’Eglise met en vous aujourd’hui, dans
la mesure où vous répondez généreusement à l’appel de Dieu qui a suscité votre
vocation, et à son Esprit qui ne cesse de vous interpeller de multiples
manières. C’est vous dire combien vous devez vivre dans la confiance et dans la joie.
Certes les problèmes et les inquiétudes ne manquent pas en notre époque
tourmentée, Tant de périls naissent de doutes multipliés, d’une opinion publique
parfois mal informée, de changements rapides de mentalités, de traditions, de
coutumes, de façons d’agir et de penser, d’une sécularisation envahissante, de
ferments de désagrégation aussi, qui sont à l’œuvre au sein même de certaines
communautés. Tout cela est vrai. Mais, chères filles, ne devez-vous pas être
heureuses de cette occasion qui vous est donnée de témoigner, avec courage et
générosité, de la ferveur de votre foi, de l’ardeur de votre espérance, de feu
de votre charité? Heureux temps qui nous provoque tous, les uns et les autres, à
un amour plus total, et à une recherche toujours plus exigeante des moyens de le
vivre et de le proclamer généreusement autour de nous! C’est l’heure, pour vos
communautés, d’une reprise de conscience, c’est l’heure du discernement
spirituel. Toutes vos Congrégations sont appelées à une réforme et à une certaine évolution: n’est-ce pas la loi de tout organisme vivant? Déjà vos chapitres spéciaux y ont travaillé avec ardeur; souvent de nouveaux statuts ont été élaborés et sont actuellement en expérimentation. Vous le savez; pour répondre vraiment à l’authenticité voulue par le Seigneur et son Eglise, la première garantie, c’est de faire des documents du récent Concile œcuménique la base de votre aggiornamento, le décret sur la rénovation et l’adaptation de la vie religieuse, Perfectae caritatis au premier chef, mais aussi les autres, et d’abord les Constitutions qui situent votre place dans l’Eglise et dans le monde de ce temps, Lumen gentium et Gaudium et spes. Nous félicitons toutes celles qui en ont fait, à l’occasion de leur Chapitre, une étude approfondie: imprégnez-vous de ces dispositions, pénétrez-vous de leur esprit, pour retrouver, au milieu des bouleversements de ce monde, le guide le plus sûr de votre activité dans une exigeante fidélité à votre vocation. Cette vocation, chères Filles, vous le savez, c’est tout d’abord une vocation à la sainteté, cette sainteté à laquelle tous les membres de l’Eglise sont appelés (Cfr. Lumen gentium. 39), mais à laquelle vous êtes vouées «par une consécration particulière qui s’enracine intimement dans la consécration du baptême et l’exprime avec plus de plénitude» (Perfectae caritatis, 5). Qu’est-ce que cette «Perfection» à laquelle votre famille religieuse reconnue par l’Eglise est «capable de vous conduire» (Lumen gentium, 43), sinon une union intime au Christ? C’est là l’idée fondamentale de la vie religieuse, la raison même de ses vœux et de ses engagements. C’est dire la place irremplaçable pour vous de la prière, de L’oraison, de la participation à la liturgie, pour entretenir la vie de la grâce avec le Christ aimé, contemplé, prié, adoré, reçu dans l’Eucharistie, le Christ imité aussi, au prix de l’ascèse que lui-même a demandée à ses disciples (Cfr. Luc. 14, 27). Beaucoup de laïcs dans l’e monde savent s’imposer, pour Dieu ou pour les leurs, de lourds sacrifices: comment comprendaient-ils qu’en soient dispensés ceux qui se veulent, à un titre spécial, les témoins de Celui qui nous a appelé à le suivre sur le chemin des Béatitudes? Oui, ayez d’abord à cœur de suivre le Christ chaste, pauvre, obéissant, de vivre toujours davantage pour lui et pour son Corps qui est l’Eglise (Cfr. Perfectae caritatis, 1). Chères filles, tout comme l’e Christ, aimez profondément l’Eglise, aimez-la toujours davantage, aimez-la, comme Catherine de Sienne, lorsque son état même vous fait souffrir, aimez-la d’autant plus qu’elle est davantage combattue de l’extérieur et contestée de l’intérieur par ceux qui devraient lui être les plus fidèles, soutenez-la dans la bourrasque qui la saisit, aidez-la à interpréter ces signes des temps qui la provoquent et à affronter ces courants de pensée qui l’assaillent. Sachez enfin la faire découvrir par les hommes et les femmes de notre temps, les jeunes en particulier et ceux qui souffrent: révélez-leur son vrai visage, celui d’une mère très aimante. Ce faisant, vous êtes assurées de notre affection et de notre appui. Certes tout n’est pas parfait, même dans des organismes de direction, et vous avez pu souffrir de certaines incompréhensions. Mais il ne faut pas en exagérer l’importance et Nous voulons faire pour notre part tout ce qui est en notre pouvoir pour vous aider, vous soutenir et vous guider, dans un dialogue de famille confiant et loyal. Aimez l’Eglise et servez-la. Dans vos Instituts, l’action apostolique est le prolongement naturel de la vie religieuse; elle découle directement de votre union avec le Christ. N’est-ce pas lui que vous servez dans ses membres? (Cfr. Perfectae caritatis, 8) Dans cette conviction que la contemplation et l’amour apostolique ne sauraient être séparés (Cfr. Ibid., 5), donnez-vous de grand coeur à toutes ces tâches que vos fondateurs ou fondatrices ont eu le génie de promouvoir, à celles aussi que l’évolution du monde vous appelle à remplir de manière nouvelle, à toutes celles enfin que l’Eglise confie à votre zèle: l’apostolat sous toutes ses formes, l’aide aux prêtres, le soutien de l’Action catholique, la formation catéchétique, l’éducation chrétienne, le service des malades, des pauvres, des vieillards, l’évangélisation en pays de mission, en vous insérant toujours activement dans la pastorale du diocèse et de la conférence épiscopale (Cfr. Christus Dominus, 33, et Perfectae caritatis, 23). Prenez donc toutes les dispositions nécessaires pour une préparation adéquate à cet apostolat – formation initiale certes, mais aussi continue -, et sachez vous adapter aux besoins des différents pays en greffant votre action sur leur culture propre. Aimez le Christ, aimez l’Eglise, aimez aussi votre famille religieuse qui est pour vous la communauté de vie chrétienne privilégiée, où vous avez répondu à l’appel du Seigneur, où vous marchez à sa suite, vous entraînant et vous entraidant mutuellement (Cfr. Gal. 6, 2). Cherchez donc à vous pénétrer davantage de l’esprit de chacun de vos Instituts, pour mieux le comprendre, mieux le vivre, mieux le soutenir par une généreuse obéissance et une fidélité inventive. Votre témoignage apostolique en effet n’est pas individuel: la vie communautaire est un caractère essentiel de vos congrégations religieuses, suivant en cela l’exemple de la primitive Eglise où la multitude des fidèles n’avait qu’un cœur et qu’une âme (Cfr. Act. 4 , 32). Sans cette charité qui est la plénitude de la loi (Cfr. Rom. 13, 10) et le lien de la perfection (Cfr. Col. 3, 14), vos plus riches énergies risqueraient en effet de se dissoudre et le signe du Christ de s’évanouir; le monde lui-même, les jeunes en particulier, si sensibles au témoignage d’une vie authentiquement fraternelle, ne comprendraient plus votre témoignage de «Sœurs» (Cfr. Perfectae caritatis, 15). Puisse donc votre charité se révéler assez profonde et assez forte pour
surmonter les conflits que la diversité des tempéraments, des générations, des
méthodes apostoliques, des différentes communautés ne manque pas de susciter !
L’union des esprits et des cœurs n’exclut nullement, vous le savez, une saine
diversité, pourvu que celle-ci soit vécue dans la fidélité à l’essentiel, et la
disponibilité à une sincère révision de vie, pourvu surtout qu’elle soit animée
par un véritable «sens de l’Eglise». Ce sens vous fera écarter tout ce qui tend
à détruire les normes approuvées par elle et qui ont aidé tant de saints à
gravir le chemin de la perfection. Ce n’est pas dans le négatif qu’il convient
de se complaire, mais dans le positif qu’il faut édifier. De grand cœur Nous
Nous réjouissons de tant de fécondes initiatives pour perfectionner les formes
d’activité propres à chacun de vos Instituts, comme pour rendre plus authentique
votre vie de prière et le témoignage de votre pauvreté. C’est tout un renouveau
qui fait refleurir la prière liturgique, qui engendre des communautés plus
fraternelles et adapte les œuvres traditionnelles aux nécessités et aux besoins
du monde moderne. Celui-ci désire en effet et souhaite trouver chez vous cette
perfection des moyens et leur adaptation exemplaire au but poursuivi. Il Nostro saluto, espressione di affetto e di riconoscenza, si rivolge a voi, Superiore Generali, e a ciascuna delle vostre Famiglie religiose, sparse nel mondo, nelle scuole, negli asili, negli ospedali, nei lebbrosari, e in altre innumerevoli opere caritative e sociali, al servizio di Dio in Cristo, prestato con amore indiviso, per l’aiuto sollecito, gentile, operoso ai fratelli. Vi assista nel vostro impegno la grazia del Signore, che invochiamo su di voi e su ciascuna delle vostre Consorelle, affinché il vostro «sacrificio in odore di soavità» sia sempre di grande giovamento alla Chiesa e al Vangelo. Con la Nostra particolare Benedizione Apostolica. We are happy to extend to you Our beloved English-speaking daughters Our greeting of grace and peace. It is with deep affection in Christ Jesus that, in his name, we thank you and your religious communities throughout the world for all that you do in the service of the Gospel; be assured of Our prayers and Our esteem. To all of you goes Our Apostolic Blessing. Allen anwesenden Generaloberinnen entbieten Wir Unseren wäterlichen Gruss und Unsere besten Wünsche. Wir danken Ihnen für die treue Erfüllung Ihres vielseitigen Apostolates und erteilen Ihnen wie Ihren Mitschwestern als Unterpfand bleibenden göttlichen Schutzes und Beistandes von Herzen den Apostolischen Segen. Nos sentimos felices de extender a vosotras, queridas hijas de lengua española, nuestro saluto de gracia y de paz. Con profundo afecto en Cristo Jesús, en su nombre, os agradecemos a vosotras y a vuestras comunidades religiosas extendidas por el mundo, todo lo que hacéis en servicio del Evangelio; estad seguras de Nuestras oraciones y estima. Para todas vosotras, Nuestra Bendición Apostólica. As queridas Irmãs de língua portuguesa, queremos saudar, cordialmente, com votos
de todo o bem, no Senhor.
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