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DISCOURS DU PAPE PAUL VI
À LA CONFÉDÉRATION INTERNATIONALE DES CADRES
Samedi 12 juin 1971
Chers Messieurs,
En ce vingtième anniversaire de la «Confédération internationale des Cadres»,
dont Nous avons l’honneur de saluer le Président et les principaux dirigeants,
votre «Commission pour la prévoyance sociale» s’est réunie à Rome pour étudier
les problèmes de sécurité et de retraite propres aux cadres, et vous avez
manifesté le désir de Nous rencontrer: c’est bien volontiers que Nous vous
consacrons ces quelques instants.
Sans entrer dans un domaine où Nous n’avons point de compétence propre, Nous
comprenons et approuvons votre désir de mettre en œuvre, dans tous les pays du
Marché commun, un régime particulier de pension pour les cadres, qui assure, à
leur avenir et à celui de leur famille, des conditions de vie en rapport avec
celles de leur vie active, d’une façon analogue à ce qui existe pour les autres
catégories sociales.
Par delà ce problème concret, Nous sommes heureux de souligner le rôle de
votre Confédération. Cela n’échappe en effet à personne: aux côtés du monde
ouvrier proprement, dit, la haute qualification des cadres et les
responsabilités qui leur sont confiées leur permettent d’exercer un rôle de
choix dans la modernisation et l’humanisation de l’entreprise, dans la
préparation des techniciens dont l’économie aura besoin, dans l’élaboration et
l’exécution des plans nationaux, dans l’adoption des mesures de coopération
économique entre les pays de l’Europe et même avec les pays du Tiers-Monde. Par
votre situation charnière dans l’entreprise, vous pouvez, Nous semble-t-il,
établir ce pont si nécessaire entre des forces sociales trop souvent dressées
les unes contre les autres (Cfr. Discours à l’O.I.T. à Genève, le 10 juin 1969,
n. 15). Par votre compétence, vous pouvez faire prendre conscience, à tous les
collaborateurs de la production industrielle, des conditions de viabilité et d’efficience
dans la productivité dont on ne saurait faire fi sans grave dommage pour le bien
commun. Enfin, en votre double qualité de responsables et d’employés, vous
pouvez contribuer grandement à l’aménagement de l’économie, pour qu’elle
devienne toujours plus au service de tous les travailleurs, et suscite leur
participation active quelle que soit leur place dans l’entreprise et dans la
société. C’est dire le haut service, qualifié et désintéressé, que l’on est
aujourd’hui en droit d’attendre des cadres dans l’évolution actuelle des
sociétés industrielles.
En priant le Seigneur de vous guider dans cette voie que vous désirez faire
vôtre, Nous vous assurons de Notre estime respectueuse comme de nos cordiaux
encouragements. Et Nous implorons sur vous, sur vos familles et tous ceux qui
vous sont chers, les Bénédictions abondantes du Dieu Tout-Puissant.
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