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DISCOURS DU PAPE PAUL VI À L’OCCASION DU QUATRIÈME CONGRÈS DES DIRECTEURS NATIONAUX POUR LES
VOCATIONS ECCLÉSIASTIQUES
Jeudi 13 mai 1971
Cher Monsieur le Cardinal, Frères et Fils bien aimés,
C’est de tout cœur que Nous accueillons ce matin votre délégation, à l’occasion
du quatrième Congrès des Directeurs nationaux pour les vocations ecclésiastiques.
Nous n’avons certes pas besoin de souligner devant vous l’importance capitale
de l’œuvre qui vous est confiée, comme Nous l’avons fait récemment dans Notre
message pour la huitième Journée mondiale des vocations. Vous en avez une
conscience aiguë qui polarise toute votre action sacerdotale: comment contribuer,
avec tous les moyens dont nous disposons, à ce que demain le sacerdoce du Christ
soit exercé par des pasteurs assez nombreux, assez compétents, assez saints pour
répondre aux besoins spirituels de tout le Peuple de Dieu? N’est-ce pas
rejoindre le souci du Christ lui-même, ému de compassion à la vue des «gens las
et prostrés comme des brebis qui n’ont point de berger»? (Matth. 9, 36)
Nous savons tout ce que vous mettez en œuvre pour que les vocations sacerdotales
soient largement estimées chez les fidèles, éveillées et soutenues chez ceux,
jeunes ou plus âgés, que le Seigneur appelle à ce plus haut service.
Toute l’Eglise se penche sur ce problème qui revêt, en certaines régions
surtout, une gravité exceptionnelle. A vous il revient d’abord d’étudier cette
situation en profondeur et objectivement pour susciter les remèdes spirituels et
pédagogiques adéquats. Il ne suffit pas de dire ou d’écrire que les temps sont
changés, qu’ils appellent une autre forme de ministère, un autre mode d’insertion
du clergé dans la société, un autre style de formation des candidats au
sacerdoce. Le prochain Synode d’évêques, vous les savez, examinera ces graves
questions. Les conditions de la vie sacerdotale ont certes une grande importance;
mais l’appel à vouer toute sa vie au service du Christ, avec la disponibilité
des apôtres, transcende toutes ces conditions: ne trouve-t-il pas son meilleur
enracinement et sa plus grande possibilité de déploiement dans un climat de foi
profonde au Seigneur, un sens authentique de l’Eglise, et le désir passionné de
servir les âmes, jusqu’à la générosité de la croix, vécue dans l’espérance
pascale?
Dès lors, la première urgence est sans nul doute de sensibiliser le peuple
chrétien, les familles, à la grandeur et à la nécessité de ces vocations, à
l’estime du sacerdoce spécifique, exigé par l’épanouissement du «sacerdoce
baptismal» des laïcs eux-mêmes. On suscitera en même temps une ardente prière
pour ces vocations, «pour que le Maître de la moisson envoie des ouvriers à sa
moisson» (Cfr. Matth. 9, 38). N’est-ce pas la première recommandation, -
la seule semble-t-il -, que le Seigneur ait laissée à ses disciples en pareille
circonstance? Jamais l’Esprit Saint ne refusera à un peuple chrétien, généreux
et assidu dans une telle prière, les pasteurs dont il a un réel besoin: ce doit
être pour nous une conviction profonde.
Le même Esprit Saint nous fait par ailleurs le devoir de mettre en oeuvre
toutes les ressources pastorales capables d’éveiller les jeunes à la vocation
sacerdotale, de les aider à reconnaître l’appel du Seigneur et les besoins de l’Eglise,
de les guider et de les soutenir au milieu des difficultés: apprenons-leur à
surmonter ces dernières avec esprit de foi, dans l’espérance et un plus grand
amour. Beaucoup d’offices nationaux et diocésains des vocations ont déjà
organisé avec succès des rencontres, des récollections, des sessions, bref de
multiples occasions de dialogue, de réflexion, de prière, où les jeunes, sous
une direction pédagogique appropriée, approfondissent leur lien avec le Christ
et avec son Eglise, et s’ouvrent ainsi à l’engagement auquel l’Esprit Saint peut
les appeler. Cet effort ne peut porter tous ses fruits que si, parallèlement,
parents, éducateurs et mouvements d’action catholique mettent cet objectif au
cœur de leurs préoccupations.
Enfin, est-il besoin de le souligner, n’est-ce pas aux prêtres eux-mêmes qu’il
appartient de faire briller le sacerdoce d’une lumière qui le rende désirable?
Là où le prêtre mène une vie vraiment évangélique, puisant amour, courage et
joie dans un ministère exercé en union profonde avec le Christ, ce témoignage ne
saurait rester longtemps infécond pour les vocations. Qui ne le voit, par contre?
Tout affaiblissement de l’idéal sacerdotal, toute hésitation à son sujet, comme
toute médiocrité de vie et toute dissension à l’intérieur du clergé, en tarit
inévitablement la source. Ne serait-ce pas là l’un des drames de la crise
actuelle, à laquelle tant de laïcs chrétiens assistent avec douleur? Mais Nous
en avons la ferme conviction: avec l’aide de Dieu, avec le soutien de tant de
prêtres généreux et avec la prière de tant de fidèles et d’âmes consacrées,
cette crise sera surmontée. Aidez-Nous à faire prendre tout particulièrement
conscience aux prêtres de leur responsabilité capitale en ce domaine.
De tout cœur, avec toute la ferveur de votre zèle, poursuivez votre action au
service du sacerdoce, à tous les niveaux de l’Eglise, sans jamais vous laisser
décourager, toujours confiants dans la force et la lumière de l’Esprit Saint. Et
Nous, en appelant sur votre apostolat l’abondance des divines grâces, Nous vous
donnons Notre paternelle Bénédiction Apostolique.
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