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DISCOURS DU PAPE PAUL VI
AU XLVII CONGRÈS NATIONAL DE LA SOCIÉTÉ ITALIENNE
D’UROLOGIE ET DE NÉPHROLOGIE
Jeudi 10 octobre 1974
Mesdames, Messieurs,
Vous avez vous-même proposé cette rencontre avec Nous, à l’issue des
travaux de votre quarante-septième Congrès. Aux spécialistes italiens de
l’urologie et de la néphrologie, qui représentent ici largement leur branche
médicale, se sont associés des collègues de plusieurs autres pays, venus mettre
en commun des recherches et des expérimentations souvent très poussées. Soyez
tous les bienvenus. La démarche de ce matin Nous réjouit en même temps qu’elle
Nous honore: Nous voulons y voir le signe du prix que vous attachez aux valeurs
morales et spirituelles, dans l’œuvre de guérison à laquelle vous consacrez tant
de soins.
Oui, Nous exprimons notre vive estime pour la compétence et la ténacité avec
lesquelles vous faites progresser la science et l’art médical sur des organes
fort délicats, dont la complexité prodigieuse, la contribution harmonieuse à des
fonctions essentielles du corps humain, ont comme revers, semble-t-il, une
fragilité qui peut être troublée par des anomalies, des accidents, des maladies
ou simplement l’usure de la vieillesse. Ce sont ces maux que vous vous ingéniez
à diagnostiquer, dans leurs effets et dans leurs causes, de manière à les
soulager, et si possible à les guérir. La simple lecture de votre programme est
fort éloquente à ce sujet. Cet effort scientifique pour déchiffrer la nature et
lui restituer sa vigueur ou y suppléer mérite à coup sûr nos félicitations.
Et Nous ajoutons: nos encouragements. Vous êtes conscients des progrès qu’il
resterait à faire dans la thérapie qui est votre œuvre. Vous les désirez pour
l’honneur de votre profession. Les malades, eux, comptent aussi beaucoup sur les
perfectionnements de votre art médical. Certes, la santé n’est pas tout le salut
de l’homme, lequel tient en définitive à nos yeux de croyant, à l’épanouissement
de la vie surnaturelle que Dieu a voulu déposer en lui; mais tant que nous
sommes dans cette demeure terrestre, l’intégrité de la santé est un bien très
précieux, pour notre bonheur et pour la tâche que le Seigneur nous confie, Nous
le voyons surtout lorsqu’elle vient à marquer. Au nom de l’humanité souffrante,
pour laquelle le Christ a eu tant d’égards, Nous faisons nôtres les souhaits et
les espoirs que les malades mettent en vous.
Enfin Nous nous permettons d’y adjoindre une parole d’exhortation. Non pas sur
quelques problèmes particuliers, comme vous l’aviez demandé à notre prédécesseur
Pie XII: ce bref entretien ne le permettrait d’ailleurs pas. Mais Nous pensons
aux qualités morales que requiert votre profession. Le Pape Jean XXIII avait
évoqué, devant votre trente-quatrième Congrès, les vertus de tact et de
délicatesse qu’attend de vous le patient atteint de ces infirmités qui parfois
l’humilient ou provoquent sa réserve. Nous insistons aujourd’hui sur cette
dignité de nos frères malades. Ce ne sont jamais de purs objets d’expérience: ce
sont des personnes, avec leurs problèmes humains, physiologiques,
psychologiques, spirituels, avec leur liberté dont l’assentiment est requis pour
vos interventions.
Eux-mêmes d’ailleurs ne disposent pas à leur gré des organes qu’ils tiennent du
Créateur, à moins qu’il ne s’agisse de sauver la vitalité et le bon
fonctionnement de l’ensemble du corps. C’est dire les critères moraux et la
prudence selon lesquels vous êtes appelés vous-mêmes à procéder, en un domaine
qui a tant de retentissement sur les fonctions de tout l’homme.
Nous prions le Seigneur de soutenir les efforts que vous poursuivez avec
lucidité et assiduité. Nous lui demandons aussi de vous bénir - car vous avez
vous aussi vos problèmes de vie personnelle et familiale - et de bénir ceux qui
ont part à votre affection et à votre dévouement.
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